3.
Une aventure
humaine

 4.2.
XVème et XVIème siècles
Colonies de pêche
européennes

 4.3.
1608-1763: domination
2. 1663-1763: colonie royale
F) Création de la
«Cie de la Baie du Nord»

 4.3.
1608-1763: domination
2. 1663-1763: colonie royale
H) Le Moyne d’Iberville
l’homme de la Baie d’Hudson

 4.4.
1763-1867: domination
Domination de l'Empire
britannique

 

 

G) 1686: le voyage de Pierre de Troye

La stratégie française se durcit à partir de 1686. Allaient alors prendre de l'ampleur dans la baie d'Hudson les guerres coûteuses entre les Français et les Anglais. Le seul objectif de part et d'autre était d'éliminer la concurrence commerciale dans un secteur en plein essor, celui de la traite des fourrures sur les terres revendiquées par les deux pays. Toutefois, jusqu'au traité d'Utrecht de 1713, ni la France ni l'Angleterre ne posséderont la Baie d'Hudson en entier, sauf durant quelques semaines ou de façon provisoire, alternativement.

La française Compagnie de la Baie du Nord, avec l'appui du gouverneur de la Nouvelle-France, organisa une expédition afin de régler une fois pour toutes les problèmes causés par les Anglais à la Baie d'Hudson. On fit appel à Pierre de Troyes, capitaine d'une compagnie de la Marine débarqué à Québec, le 1er août 1685. Le gouverneur de la Nouvelle-France ordonna à Pierre de Troyes de quitter Québec pour aller occuper des postes sur les côtes de la baie du Nord.

La troupe, composée d’une centaine d’hommes, partit de Montréal, navigua sur la rivière des Outaouais, puis fit du portage pour atteindre le lac Témiscamingue et le lac Abitibi avant d'arriver vers le 19 juin 1686 à la rivière Moose, qui se jette dans la baie de James.

En quelques semaines, la troupe française expulsa les Anglais du fort Rupert, du Fort Monsoni et du Fort Albany, ainsi que de l'entrepôt de l'île Charlton. Le fort Rupert devint le fort Saint-Jacques; le fort Albany, le fort Sainte-Anne; le fort Monsoni, le fort Saint-Louis. Cette bataille allait être la première d'une série d'éclatantes victoires pour d'Iberville et ses compagnons. Cette année-là, les Français retrouvaient pratiquement le contrôle du commerce des fourrures de toute la baie d'Hudson, car les Anglais ne conservaient que le petit poste de traite de Port-Nelson. Le conflit se termina cette année-là par une entente entre la France et l'Angleterre afin que la rivière Nelson demeure une propriété commune entre les deux pays. Quelques semaines après le retour de Pierre de Troyes dorénavant surnommé «la main de fer», le gouverneur de la Nouvelle-France exprimait ainsi sa satisfaction à Jean-Baptiste Colbert, ministre des Colonies :

« Le sieur de Troyes est le plus intelligent et le plus capable de nos capitaines ; il a l’esprit tel qu’il faut pour avoir tous les ménagements nécessaires pour commander aux autres. On ne saurait avoir une meilleure conduite que celle qu’il a eue dans l’entreprise du Nord car il lui a fallu du savoir-faire pour tirer des Canadiens les services qu’il en a eus et pour les mettre dans l’obéissance. »

>br>Pierre de Troyes confia à Pierre Le Moyne d'Iberville le commandement des postes anglais qui venaient de tomber. D'Iberville s'empara ensuite de deux navires anglais et, à la fin d'octobre 1687, rentra à Québec par mer à bord du Craven chargé de fourrures et de marchandises anglaises. L'expédition militaire menée dans la baie d'Hudson par le chevalier de Troyes et par d'Iberville marqua l'histoire de la Nouvelle-France et inaugura une nouvelle ère de confrontations dans les relations anglo-françaises.