Tel:   0800 944 44
 graphic logo  


L'événement culturel de l'été à Bruxelles!    

Une brève tentative d'histoire des Musicals

Chapitre 5 - 1866 1927 - Recherches

5.18. Des "One-shot"

Les années ’20 ont connu de nombreux succès de comédies musicales. Ce sont souvent des « one-shot ».

Stepping Stones (1923)

image

Pour Stepping Stones () (1923, 241 représentations), le producteur Charles Dillingham a engagé le compositeur Jerome Kern. Mais l'objectif principal de ce spectacle était de créer un spectacle pour des artistes, la «famille Stone» (d’où le titre): Fred Stone, sa femme Allene, et leur fille de dix-sept ans Dorothy. Fred jouait Peter Plug, un plombier essayant de sauver Rougette Hood (Dorothy) d'un mariage forcé avec Otto de Wolfe. Allene jouait la mère veuve de Rougette.

Fred faisait son entrée par un saut en parachute et terminait le premier acte avec quelques tours de gymnastique acrobatique sur une barre horizontale. Jerome Kern a écrit une chanson, Raggedy Ann and Andy, que le père et la fille ont habilement transformés en succès. Le public et la critique ont fait l'éloge du spectacle, mais ce musical était tellement lié à la famille Stone qu'il n'a pas eu de vie au-delà de leur participation.

No, No, Nanette (1925)

image
Programme de Londres (Palace Theatre) en 1925

L'un des musicals les plus populaires des années ‘20, a connu des try-out relativement agités. Dans No, No, Nanette () (1925, 321 représentations), Jimmy Smith est un très riche éditeur de bibles qui finance secrètement la carrière de trois jeunes filles … très séduisantes. Lorsque la fille adoptive de Smith, Nanette, en pleine adolescence, se rebelle et s'enfuit à Atlantic City, l'agitation qui en résulte révèle par inadvertance les indiscrétions de papa.

Les premiers try-out à Detroit et Cincinatti en avril 1924 furent décevants. Dans la semaine qui a précédé l’arrivée à Chicago, le producteur Harry Frazee décida que ce spectacle avait besoin d'une profonde modification. Il a pris la relève en tant que metteur en scène et a fait appel au compositeur Vincent Youmans (1898-1946) et aux paroliers Irving Caesar et Otto Harbach pour remplacer cinq chansons. Les nouveaux numéros incluaient Tea for Two et I Want to Be Happy, qui furent les deux succès du show. Les autres chansons de Youmans allaient de la doucereuse Peach on the Beach, la mélancolique The Where Has My Hubby Gone Blues et la très charleston You Can Dance with Any Girl at All. Il a aussi remplacé une partie importante de la distribution.

Le spectacle a été un tel succès qu’il s’est joué un an à l’Harris Theatre de Chicago (avril ’24 à mai ’25, 321 représentations). Il a décidé de capitaliser son succès avant de partir à Broadway. Par contre, il a autorisé que le spectacle ouvre à Londres – avant Broadway donc – au Palace Theatre, le 11 mars 1925 où il fut un véritable triomphe, se jouant 665 représentations! Cette production a rajouté deux chansons non comprises dans la version américaine: I've Confessed to the Breeze et Take a Little One-Step. Enfin, le 16 septembre 1925, le show débarqua à Broadway au Globe Theatre, où il s’installa pour une belle série de 321 représentations jusqu’en juin 1926.

Hit the Deck (1927)

Le même compositeur Youmans a coproduit Hit the Deck () (1927, 352 représentations au Belasco Theatre de Broadway). Clifford Grey et le nouveau venu Leo Robin (1900-1984) ont écrit les paroles du show et Herbert Fields a fourni le livret qui parle d’une riche héritière de Newport qui tombe amoureuse d'un marin, mais ce dernier hésite à épouser une femme riche. Elle gagne sa main en s’engageant à léguer sa fortune à leur futur premier-né. La partition comprenanit la très entraînante Hallelujah.

Good News (1927)

image

Pour leur première œuvre complète, Good News () (1927, 557 représentations au Chanin's 46th Street Theatre de Broadway, l’actuel Richard Rodgers Theatre) DeSylva, Henderson, et Brown ont travaillé sur un livret décrivant les étudiants du Tait College désespérés de gagner un grand match de football. Ce livret est évidemment assez «faible», surtout l’année de sortie de Show Boat (). Mais ce fut un succès qui «immortalisait» la vie universitaire en quête de plaisir des années ‘20. Les musiciens de l'orchestre rejoignaient la fosse par les allées du théâtre, vêtus de pullover estudiantins avec en grand les lettres du collège, et faisant le cri de guerre d’un club de football. Les étudiants du Tait College expliquent qu'ils apprennent «how to sin, not how to think» («comment commettre un péché, pas comment penser») et «how to mix our gin right in the sink» («comment mélanger notre gin directement dans l'évier»).

Le capitaine de l'équipe de football Tom Marlowe (joué par John Price Jones) ne sera pas en mesure de jouer à moins que la pauvre mais érudite Constance Lane (Mary Lawlor) ne l’aide à réussir ses examens d’astronomie (sans blague, on avait parlé d'un livret faible). Tom réussit, le Tait College gagne le match, et plusieurs malentendus romantiques sont éclaircis à temps pour garantir une fin heureuse !!!

Jones et Lawlor chantaient The Best Things in Life Are Free, avec des fleurs printanières sur scène et des merles qui les accompagnaient. The Varsity Drag était une célébration de la jeunesse, et est devenue l'une des meilleures chansons de danse des années ‘20.

Kid Boots (1923)

image

Kid Boots () (1923, 479 représentations au Earl Carroll Theatre de Broadway), une production de Ziegfeld, avait la star Eddie Cantor qui jouait un caddie de golf utilisant des balles tordues afin que ses clients reviennent pour plus de leçons, tout en vendant de l'alcool de contrebande sur le côté.

Après quelques représentations, il apparut qu’il manquait un hit à la partition. Irving Berlin, consulté, conseilla un jeune musicien de 19 ans, Harry Akst, qu’il avait côtoyé lors de son passage par l’armée durant la Première Guerre mondiale. Ce dernier a composé Dinah avec des paroles de Sam Lewis et Joe Young. La chanson est devenue un triomphe, une norme qui sera reprise plus tard par Bing Crosby, The Boswell Sisters, Ethel Waters, Fats Waller, Louis Armstrong, The Mills Brothers, Sam Donahue et Ted Lewis. Après la série à Broadway, Eddie Cantor a passé quinze mois épuisants dans la tournée de Kid Boots ().

Whoopee! (1928)

image

On retrouve Eddie Cantor dans Whoopee! () (1928, 407 représentations au New Amsterdam Theatre), une autre production de Ziegfeld, où il incarne un hypocondriaque qui aide une jeune fille à échapper à un mariage forcé dans le Far West. Le compositeur Walter Donaldson et le parolier Gus Kahn ont composé deux tubes pour cette comédie musicale. Love Me or Leave Me chantée par Ruth Etting (1907-1978), était un peu une chanson sortie de nulle-part, hors du scénario… Mais ce fut un triomphe, les applaudissements ressemblaient à ceux d’une fin de spectacle.

Le second tube, Makin' Whoopee, était destiné à Cantor. Le titre est un euphémisme pour l’acte sexuel, et la chanson se veut une mise en garde pressante, en grande partie pour les hommes, sur le «piège» du mariage. Makin' Whoopee commence par la célébration d'un mariage, d'une lune de miel et d'un bonheur conjugal, mais en passe vite aux bébés et aux responsabilités, et finalement aux infidélités et au divorce possible, se terminant par les conseils d'un juge. La chanson est devenue le succès de Cantor, qu’il chantera pendant des années.

Après plus d'un an à Broadway, Cantor a filmé une version sonore pour Ziegfeld et Goldwyn Pictures.

«Makin' Whoopee» par Eddie Cantor

Le thème abordé par ce musical, et son succès montre toute la joie de vivre de ces années ’20, où l’on croyait en un monde meilleur après cette terrible épreuve que fut la Première Guerre mondiale. Il se joua du 4 décembre 1928 jusqu’au 23 novembre 1929. Rappelons que fin octobre 1929 a eu lieu le krach boursier qui a projeté les Etats-Unis puis le monde entier dans une crise économique sans précédent...



 Chapitre suivant: "L'Opéra de quat'sous"  

 Tome suivant: "Show Boat"  

Histoire des musicals

Top