1.
946-1848
Avant le règne
de François-Joseph Ier

 

 

 2.2.
Acte II
Musical
Elisabeth

 3.
1898-1918
Fin du règne
de François-Joseph Ier

Lieu

Personnages

Château de Possenhofen Elisabeth (12 ans) et son père, le Duc Maximilien de Bavière

Après l'ouverture, cette première scène se déroule au Château de Possenhofen en Bavière. Nous y découvrons la jeune Elisabeth, âgée de 12 ans à peine, en discussion avec ce père qu'elle adore. Attardons-nous un peu sur les parents d'Elisabeth et sur sa jeunesse.

A) Les parents d'Elisabeth

Le papa d'Elisabeth, le duc Maximilien né en 1808, était le chef de la branche ducale, c'est-à-dire celle dont ne sont pas issus ceux qui règnent. Par contre, la maman d'Elisabeth, la duchesse Ludovica née aussi en 1808, appartenait à la branche royale, étant la fille de Max-Joseph, promu à la royauté par Napoléon () en 1805, sous le nom de Maximilien  Ier (1756-1825).

B.1) La mère d'Elisabeth: Ludovica (1808-1892)

Ludovica est issue du second mariage du roi Maximilien  Ier de Bavière avec Caroline de Bade.

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Descendance de Maximilien Ier de Bavière

Mariée contre son gré

Lors du mariage de sa sœur Sophie en 1824, Ludovica tombe amoureuse à Vienne de Dom Miguel (1802-1866 - roi du Portugal de 1824 à 1834), un prince portugais de la famille Bragance. Dom Miguel a été tellement impressionné par la princesse bavaroise Ludovica qu'il a demandé sa main à Vienne. Cependant, le père de Ludovica, le Roi de Bavière Maximilien  Ier a décliné sa demande. Ce rejet est sans doute dû au fait que Dom Miguel avait organisé un coup d'État contre son propre père au Portugal et était donc en exil à Vienne.
La mère de Ludovica, la reine Caroline de Bavière, a déploré ce refus, car il était rare de trouver "une envie aussi spontanée que dans ce cas".
Lorsque Miguel devint roi du Portugal en 1828, il demanda immédiatement à nouveau la main de la princesse Ludovica. Le messager avec la lettre, qui était adressée à la veuve de la mère de Ludovica,est parvenue à Tegernsee en septembre 1828. Cinq jours plus tôt, la princesse Ludovica avait épousé le duc Maximilien de Bavière.
Le contenu de la lettre a été gardé secret de Ludovica, car ils "craignaient le réveil d'un vieil amour", comme l'écrivait à son père le beau-frère de Ludovica, le prince héritier Frédéric-Guillaume de Prusse.

Comme nous le voyons, Ludovica est l'avant-dernière des 13 enfants du Roi Maximilien  Ier. Son père ayant décidé de réconcilier les différentes branches de la famille de Bavière, elle épouse le 9 septembre 1828 son cousin le duc Maximilien en Bavière, chef d'une branche cadette des Wittelsbach.

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Portrait de fiançailles
du duc Maximilien en Bavière et
de la princesse Ludovica de Bavière

© Joseph Larl Stieler - 1928

Ludovica aurait préféré épouser le roi Miguel Ier de Portugal qui vivait en exil en Bavière. Comme on peut le voir le tableau généalogique ci-dessus, elle est la seule de ses sœurs à ne pas épouser un souverain ou un proche de souverain. Elle en conçoit un certain dépit et passe sa nuit de noces enfermée dans sa chambre, refusant d'aller rejoindre son époux.

B.2) Le père d'Elisabeth: Maximilien (1808-1888)

Le père d'Elisabeth, le duc Maximilien avait une personnalité des plus originales. Il faut dire qu'il est lui-meme le fils de Pie-Auguste en Bavière que les compromissions des princes allemands avec le régime impérial français de Napoléon Ier, avait totalement désabusé et rendu misanthrope.

Malgré la nature de son père et malgré un éducateur trop strict et redouté, Max a développé un amour profond pour la nature qui entoure le Chateau de Banz (l'ancienne Abbaye de Banz de 1070 transformée en Chateau familial en 1814).

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Abbaye de Banz
© Reinhold Möller () - Creative-Commons

À l'âge de neuf ans, Max a été emmené à Munich par son parrain, le roi Maximilien  Ier de Bavière, pour intégrer le «Königliches Erziehungsinstitut für Studierende in München» («Institut royal d'éducation des étudiants de Munich»). Fondé en 1574 par les Jésuites - ils ont géré le lieu jusqu'en 1773 - Benedict von Holland a repris la direction de l'institution en 1811, la transformant en l'une des meilleurs écoles germaniques. Max a passé sept années dans ce pensionnat. Il y a appris les langues anciennes, le français et l'italien, mais aussi la musique et le dessin. Il passait de longues heures dans la très grande bibliothèque du pensionnat. Grâce à la très belle collection de pièce de monnaies, reprenant l'image de nombreux hommes célèbres de tous les coins du globe, il ouvrit sa curiosité pour les autres pays. Mais bien sur, il faisait tous les jours de très longues promenades dans les jardins de l'ancienne abbaye et parfois, moins officiellement, un peu plus loin. Il participait aussi aux représentations théatrales données à l'occasion des jours fériés ou de l'anniversaire des souverains. Le mardi gras de 1823, Max a si bien joué une scène que le coupe royal a demandé qu'elle soit rejouée.

Il fréquenta ensuite l'université. Le jeune garçon de 17 ans y a assisté à des conférences sur l'histoire, sur la nation, sur l'histoire religieuse, la géographie et l'ethnologie. Il a également assisté à des conférences sur le droit fédéral allemand et la physique. Ses intérêts n'étaient pas seulement polyvalents, il a appris à aprrendre par lui-même. Des soirs fixes de la semaine, il réunissait d'éminents intellectuels bavarois et discutait avec eux de questions scientifiques ou générales de l'époque, mais aussi de poésie et de musique. Il s'est constitué une bibliothèque de 27.000 livres!

Globalement, on peut dire que Max avait une intelligence très vive qui s'appliquait aux objets les plus divers, à la poésie, à l'histoire, à la philosophie, à l'architecture, à la musique, à la médecine, à la géologie, à la botanique, à l'astronomie.

Il était définitivement un homme très différent. Ce qu'il y avait de plus frappant chez Max c'était:

  • son indépendance d'esprit
  • sa désinvolture des manières: il s'était complètement libéré du formalisme étroit qui sévissait alors dans les cours germaniques, était indifférent aux grandeurs liées à un rang, aux préjugés de naissance et de race, aux dogmes sacro-saints du cérémonial et de l'étiquette, à tout le mécanisme archaïque des hiérarchies et des subordinations; il ne les blâmait pas néanmoins: il se contentait d'en sourire et de les ignorer. Ce n’était simplement pas son monde.

 Acte I – Scène 1  
DUC MAX
La vie est trop courte, pour s’ennuyer ne serait-ce qu’une heure. Et je hais les réunions de famille comme la peste.


Certains de ses traits de caractère se retrouveront dans le caractère et le comportement de la future impératrice. Élisabeth et son père savaient qu’ils se ressemblaient; une sorte de magnétisme les attirait l'un vers l'autre.

Mais n'allons pas trop vite. Le grand-père de Max et le roi avaient décidé qu'il épouserait Ludovica. Ce mariage deviendra une réalité trois ans après le décès du Roi.

B.3) Les premières années du mariage de Ludovica et Max

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Abbaye et lac de Tegernsee
© Rufus 46 - novembre 2006 - Creative Commons

Et donc, les parents de la future Élisabeth, Ludovica et Max se sont mariés le 9 septembre 1828 à la Stiftskirche St. Quirinus à Tegernsee où Max avait si souvent rendu visite à son parrain royal.

Ce fut un événement très important...

Bien au-delà des articles de journaux, ce fut avant tout un événement populaire, car c'est la fille du Roi de Bavière qui se marie! Un orchestre venu de Miesbach a joué pour des garçons et des filles qui avaient revêtu les costumes de fête nationales. Après une «excursion» avec 60 bateaux sur le lac Tegernsee, le voyage de noces à travers tout le royaume de Bavière a pu commencer.

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Herzog-Max-Burg (vers 1830)
© Musée de la ville de Munich

Le roi avant sa mort avait non seulement choisi un mari pour sa fille Ludovica mais aussi un lieu de résidence: dès 1824, il avait décidé que ce serait le Herzog-Max-Burg à Munich. Mais le jeune Max, dès son mariage n'aimait pas ce chateau un peu vieillot et a décidé de faire construire un autre lieu pour leur résidence, le Herzog-Max-Palais, toujours à Munich.

Construit de 1828 à 1831, en style néo-Renaissance sur des plans de l’architecte von Klenze, et décorées dans un style classique par Schwantaler, Kaulbach et Langer.

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Herzog-Max-Palais

Suivant les souhaits de Max, le palais a été aménagé avec un «cirque» pour y pratiquer l'équitation. Une salle a été consacrée aux chevaliers de la Table Ronde, où Max pouvait amuser ses amis. Le palais contenait même une chambre dans le style parisien d’un «café chantant». Des démonstrations de patinages ont été faites dans la cour intérieure, où un cirque a plusieurs fois aussi été installé.  

Après la Première Guerre mondiale et la fin de la monarchie en Bavière, il fut laissé à l'abandon et fut finalement démoli en 1938 par les autorités nazies à la demande d'Hitler.

Ce palais devint très vite une résidence d'hiver. Pour l'été, Max - avec l'argent de sa femmme - acheta le Chateau de Possenhofen, au bord d'un lac, et qu'il fit bien évidemment profondément rénover. Max y demeure de longs mois, car il trouve indéfiniment à y satisfaire son goût passionné de la nature, des arbres, des plantes, des fleurs, de toute la vie rurale et forestière, de la chasse et de l'équitation. Il partagera cette passion pour la nature avec sa fille Élisabeth. C'est sans doute pour cette raison que Michael Kunze a fait débuter son musical à Possenhofen.

La musique le passionait. Max a réussi à ce que la cithare, auparavant considérée comme un vulgaire instrument du peuple, se fraie un chemin jusque dans les cercles de la cour. Il a voulu donner ses lettres de noblesse à cet instrument typiquement bavarois. En raison de sa passion pour cet instrument, cela lui a valu le surnom de Zither-Maxl. Il était lui-même un joueur de cithare virtuose et composait également pour la cithare. Le virtuose de la cithare Johann Petzmayer était son professeur et son mécène. Ces deux-là ont fait de la cithare l'instrument national bavarois par excellence. Une des autres passions est la littérature et l'écriture. Max a commencé à écrire des nouvelles dès 1828. Plusieurs ont été publiées sous le pseudonyme Phantasus en 1831. En 1833 sera meme jouée Lucrezia Borgia, une pièce de théatre qu'il a écrite en s'inspirant de celle de Victor Hugo. Max partage aussi cette passion pour l'écriture avec sa fille Élisabeth

Élisabeth a l’âme poétique, exagérément romanesque. Elle s’échappe de son premier bal – elle a 14 ans et cela devrait être l’événement de sa vie – pour s’enfermer dans sa chambre et écrire. Elle y médite sur la vie et sur la mort. Les poèmes d'Élisabeth sont toujours tristes. Elle est éperdument amoureuse d’un jeune adolescent, un Comte du prénom de Richard. Ils ont échangé quelques paroles sans plus. Elle écrit des tas de déclarations enflammées qu’elle garde pour elle seule, dissimulées dans un carnet qu’elle dissimulait au fond de son tiroir… Il sera découvert et elle sera « réprimandée » sur cette liberté amoureuse. Elle ne reverra jamais plus son grand amour:

Jeune et frais amour,
Resplendissant comme le mois de mai,
Voici venu l'automne
Et tout est déjà fini!

Et te voici loin de moi!
Je ne te vois plus jamais!
Ah! que je voudrais te rejoindre!
Si je savais où et comment!

Vain désir, vaine attente,
car le beau Richard meurt brusquement:

Le sort en est jeté,
Richard, hélas, n’est plus!
Le glas sonne, Seigneur,
Ayez pitié de moi!

 


 Acte I – Scène 1  
ELISABETH
RÊVER ET ÉCRIRE DES POÈMES
OU CHEVAUCHER AVEC LE VENT.
J’AIMERAIS TELLEMENT ÊTRE COMME TOI!

 


Un véritable appel au secours. Élisabeth, noyée dans un spleen précoce, vit secrètement dans le culte de la mort, encombrante compagne de ses pensées. Lorsqu’un an plus tard, à la veille de rencontrer ses cousins, son amoureux secret Richard meurt, elle laisse paraître un accablement très évident:

Oh ! Que ne suis-je morte aussi
Et au Ciel, comme toi.

 

Élisabeth est à l’opposé de ce qu’on va lui demander de devenir. Et c’est à son père qu’elle le doit. A l’instar de la réputation de sa famille, elle sait souffrir. Mais surtout, elle est pleine de charme.

Quand sa tante agacée dit d’elle: «Cette petite ne sait pas présenter son verre pour porter un toast!» sa duègne dira toujours que lorsque sa nièce se déplace, elle semble être aérienne car son père lui ayant recommandé: «On ne doit pas se traîner. On doit avancer comme si on avait des ailes.»

Elle ne sait pas encore que «plaire» va être son métier et … la seule chose ou presque que l’on va attendre d’elle. Élisabeth est et sera un curieux mélange de gaucherie mondaine et de grâce naturelle. C’est pour cela qu’elle va toujours être où on ne l’attend pas. Mais revenons-en à ses parents...

Max avait une dernière passion: les voyages. Avant son mariage, en 1827, à 19 ans à peine, il a voyagé en Angleterre et en France. En 1831, le pape Grégoire XVI reçoit le jeune couple à Rome. Ils en ont profité pour visiter la ville et admirer ses splendeurs architecturales. Ils y ont meme participé au Carnaval.

Mais si les deux conjoints se respectent, le mariage, bien que prolifique, n'est guère heureux et la duchesse Ludovica se plaindra de l'indifférence de son mari. Max se contentera de lui faire des enfants et la laissera gérer la famille à sa guise, afin qu'elle le laisse vivre plus librement. Une fois veuve, la duchesse révélera que son mari n'eut aucune attention pour elle avant leurs noces d'or! Ils auront 10 enfants, dont certains vont perpétuer l'indépendance de leur père. Voici de quoi vous en persuader:

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    Louis-Guillaume
    Louis-Guillaume (1831-1920): même s'il est le premier fils, il va tout sacrifier à sa passion pour le théâtre et s'éprend d'une jeune comédienne, Henriette Mendel (1833-1891) à qui il fait deux enfants, une fille (Marie-Louise) et un garçon (mort-né), Il l'épouse en 1859. En plus d'avoir conçu ses enfants avant le mariage, il s'agit d'un mariage morganatique - c'est-à-dire qu'il n'épouse pas quelqu'un de son rang. Il doit donc renoncer à ses titres et il se retrouve exclu de la Maison royale de Bavière. Ses parents et ses frères et sœurs lui conservent leur affection et respectent son épouse et leur fille. Cette dernière en grandissant se comportera avec un tact exemplaire. Malgré toutes les difficulté opérationnelles, la soeur de Louis-Guillaume, l'Impératrice d'Autriche Élisabeth, l'introduira à la cour de Vienne et lui arrangera un mariage dfans la noblesse tchèque.
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    Barbara Barth
    Un an après le décès de sa femme en 1891, Louis-Guillaume épousera une artiste de cirque de 20 ans, Barbara Barth (1871-1956). Il est son aîné de 40 ans. Ils divorceront en 1913 car elle avait un amant ... plus jeune. L'empereur d'Autriche François-Joseph, le mari d'Élisabeth, si sévère sur les convenances et si exigeant sur le respect de l'étiquette, considérant une photo montrant avantageusement sa nouvelle belle-sœur, se montre compréhensif envers son beau-frère. Il fait preuve de solidarité masculine mais n'oublions pas qu'il est lui même très proche de la comédienne Katharina Schratt (), avec l'accord - voire les encouragements - d'Élisabeth.
  2. Charles-Guillaume (1832-1833): le jeune enfant est né le 24 décembre et meurt le 13 février suivant, à moins de deux mois.
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    Hélène dans sa robe de mariée, 1858
    Hélène (1834-1890) (dite «Néné»): comme le montrera la scène 4 du musical, l'archiduchesse Sophie avait choisi Hélène pour épouser François-Joseph et devenir impératrice d'Autriche mais ce dernier lui préféra sa soeur Élisabeth. Elle épousera en 1858 Maximilien (1831-1867), prince héritier de la maison de Tour et Taxis. Ce dernier va décéder en 1867 - une année qui sera qulifiée de «maudite» () tant il va survenir de malheurs - d'une infection fulgurante à 35 ans laissant la princesse désespérée avec ses 4 enfants: Louise, Élisabeth, Maximilien et Albert. Veuve à 33 ans, elle tentera de gérer les biens de la famille Tour et Taxis. Mais sa fille Élisabeth, mère de trois enfants, meurt à 21 ans. Cela affecte profondément Hélène qui décide de se retirer de la vie publique et transmet la gestion de la famille à son fils aîné, Maximilien, âgé de 21 ans mais il succombe de la scarlatine deux ans plus tard, en 1885. Son second fils, Albert, n'étant alors âgé que de 18 ans, Hélène doit reprendre pour trois ans la gestion des biens de ses enfants. Elle mourra en 1890 dans les bras de sa sœur Élisabeth en lui chuchotant en anglais, langue dont elles se servent pour communiquer entre elles sans craindre les oreilles indiscrètes: «Nous avons beaucoup souffert parce que nous avions un cœur».
  4. Élisabeth (1837-1898) (dite «Sissi»): nous allons suffisemment parler de cette jeune fille qui épousera le 24 avril 1854 l'Empereur d'Autriche pour ne rien mentionner ici.
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    Charles-Théodore
    Charles Théodore (1839-1909) (dit «Gackel» («Petit coq»)): il est l'enfant favori de sa mère Ludovica et le frère préféré de ses sœurs. Il est l'un des rares amis d'enfance de Louis II de Bavière qui sera plus tard l'un des amis proches d'Élisabeth. Il devient l'héritier des ducs en Bavière quand son frère aîné Louis-Guillaume contracte une union morganatique en 1859. Il intègre dès l'âge de 14 ans l'armée bavaroise afin de devenir officier de cavalerie puis étudie à l'université le droit, la philosophie et l'économie. Il sert contre la Prusse en 1866 et la France en 1870.
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    Sophie de Saxe
    Sur le plan personnel, il épouse le 11 février 1865 sa cousine, la princesse Sophie de Saxe (1845-1867). C'est suffisemment rare que pour être mentionné: il s'agit d'un mariage d'amour. De cette union naît une fille, Amélie (1865-1912). La mort de sa jeune épouse en 1867, à peine deux ans après leur mariage, affecte profondément le jeune duc qui n'a que 27 ans. Il se remariera 7 ans plus tard, en 1874, avec Maria Josepha du Portugal. Ils auront 4 enfants, dont Élisabeth qui deviendra Reine des Belges en épousant Albert Ier en 1900. Malgré son ascendance germanique, cette Reine saura admirablement se montrer Belge durant la Première Guerre Mondiale et jusqu'à sa mort.
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    Charles-Théodore et Maria Josepha
    Profondément marqué par la mort prématurée de sa première épouse en 1867 et les guerres qu'il avait dû mener, il quitte l'armée au grand dam de sa famille et entreprend des études de médecine en 1872. Membre de l'académie des sciences en 1875, il obtient son diplôme en 1880 puis, fort du soutien de ses professeurs d'université, devient un ophtalmologiste de renom. Avec sa seconde épouse comme assistante, il fonde en 1895 un hôpital («Augenklinik des Herzogs») où il soigne gratuitement les personnes démunies. Avec ses 56 lits, il était le plus grand du genre à Munich, dépassant même la clinique universitaire de Munich. Charles-Théodore a financé la conversion et l'entretien coûteux de la clinique à partir de son patrimoine privé.
    Par ailleurs, il restera toutes sa vie très proche de ses soeurs... Il sera aussi toujours présent quand elles auront des problèmes psychologiques suite aux affres de la vie qu'elles devront traverser: sa soeur Hélène (voir ci-dessus) va être internée dans une institution spécialisée pour folie pendant quelques années et elle y mourra; après avoir été empêchée de quitter son mari pour vivre avec son amant, sa soeur Sophie-Charlotte (voir ci-dessoius), plongera aussi dans une folie qui l’oblige à être internée pendant plusieurs années; mais Élisabeth eut aussi de terribles «passages à vide», par exemple après le suicide de son fils Rudolf. C'est ce que l'on appelle «la malédiction des Wittelsbach». Mais Charles-Théodore a toujours été présent et attentif...
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    Marie-Sophie
    Marie-Sophie (1841-1925) (dite «l'héroïne de Gaeta»): après le brillant mariage de leur grande soeur Élisabeth avec l'Empereur d'Autriche, les autres jeunes soeurs deviennent des partis intéressants car un mariage permet de devenir le beau-frère de l'Empereur.
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    Royaume des Deux-Siciles
    En 1858, le roi Ferdinand II des Deux-Siciles propose que Marie-Sophie épouse son fils, le futur roi François II des Deux-Siciles. Ce qui fut accepté, elle allait devenir Reine! Le mariage se déroule par procuration - c'est-à-dire que le marié n'est pas présent mais s'est fait représenter par son frère - à Munich le 9 janvier 1859. La semaine suivante elle part en train rejoindre son mari. Elle s'arrête quelques jours à Vienne chez sa soeur Élisabeth puis finit son voyge en bateau. Son mari est un être insignifiant, enfermé dans piété. Il ne parle pas allemand et elle ne parle pas italien. Il souffre en plus d'un Phimosis, ce qui empêche que le mariage soit consommé. A la mort de Ferdinand II en mai 1859, ils deviennent Roi et Reine des Deux-Siciles.
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    Reine Marie-Sophie à Gaeta
    © «Siège de Gaeta» de Karl von Piloty (1863)
    Mais un an plus tard, en mai 1860, les nationalistes italiens, avec à leur tête Garibaldi, décident d'envahir le Royaume des Deux-Siciles dans ce que l'on appelle l'«expédition des Mille». Après avoir perdu la Sicile et de nombreuses défaites sur le continent, le couple royal quitte la capitale Naples le 6 décembre 1860 et se réfugie dans la forteresse de la ville de Gaeta.
    Après 3 mois de siège et le comportement héroïque de la jeune reine Marie-Sophie - d'où son surnom de «l'héroïne de Gaeta» - François II se voit obligé de capituler et de partir en exil à Rome, auprès du pape. Marie-Sophie n'aura été Reine que 1 an 8 mois et 22 jours.
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    Mathilde & Marie-Sophie
    A Rome, Marie-Sophie s'ennuie avec son terne mari. Soutenue par sa soeur Élisabeth, elle fait venir à ses côtés sa petite soeur Mathilde en organisant son mariage avec le frère de son propre mari, le Comte de Trani! Ce nouveau mariage sera aussi insatisfait que celui de Marie-Sophie. Mais les deux soeurs deviennent inséparables et s'echappent souvent à Possenhofen où elle retrouvent aussi parfois l'Impératrice Élisabeth, recréant au mieux l'ambiance et la complicité de l'enfance perdue. A Possenhofen, le duc Max se lasse bientôt de ces plaintes et renvoie ses princesses vers leurs maris. La duchesse Ludovica confiera que si ses gendres n'étaient pas parfaits, ses filles n'avaient pas été des épouses faciles. Trop romantiques, trop libres, ces jeunes femmes de l'époque ont du mal à se conformer à un univers où l'étiquette et l'éducation priment.
    Les deux soeurs vont alors s'adonner ... l"adultère. Il est vrai que sur ce point, une fois encore, leur père leur a servie d'exemple. Marie-Sophie s'éprend d'un jeune zouave pontifical qu'on croira longtemps être un jeune aristocrate belge (alors qu'il était français), Emmanuel de Lavaysse, dont elle est bientôt enceinte. Sa famille la fait accoucher discrètement dans un couvent d'Augsbourg d'une petite fille.
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    Mathilde
    Mathilde (1843-1925) (dite «Spatz» («Moineau»)): comme nous l'avons vu ci-dessus, Mathilde n'a pas été heureuse en amour. En juin 1886, le corps du Comte de Trani, son mari, aurait été découvert sans vie dans un hôtel parisien; des rumeurs prétendent que cette version a été inventée pour préserver la bienséance, éviter le scandale et permettre des obsèques religieuses (le défunt est le beau-frère du très catholique François-Joseph, Empereur d'Autriche), mais qu'en réalité le comte se serait jeté dans le lac de Zug en Suisse (à l'instar de leur cousin Louis II le roi de Bavière, déclaré fou qui se noya le même mois dans le lac de Starnberg) et l'on a parlé, sans vraiment savoir, de suicide. Mathilde se retirera avec sa fille unique dans la ville thermale de Baden-Baden.
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    Mathilde & Marie-Sophie
    Elle doit affronter de nombreuses épreuves: la mort précoce de deux enfants de sa soeur Hélène (Élisabeth à 21 ans en 1881 et Maximilien à 23 ans en 1885), la mort (suicide?) de son mari en 1886, le suicide du fils de sa soeur impératrice Élisabeth à Mayerling en 1889, la mort de sa soeur Sophie-Charlotte brulée vive dans l'incendie du Bazar de la Charité à Paris en 1897, l'assassinat de sa soeur Impératrice Élisabeth à Genève en 1898. Plus grave, sa fille unique développe une sclérose multiple, maladie dégénérative face à laquelle la médecine de l'époque se déclare impuissante. Mathilde, trois fois grand-mère, se consacre entièrement à son unique enfant qui meurt en 1909, âgée de 42 ans. La petite «Spatz» avait depuis longtemps perdu sa gaieté et sa vivacité. Comme ses sœurs, elle était une femme brisée. Elle survécut encore à la Grande Guerre et vit s'effondrer les monarchies séculaires européennes. Sa sœur Marie-Sophie et elle-même (les deux survivantes des dix enfants de Ludovica et Maximilien) durent se résoudre à économiser. Les deux soeurs s'éteignirent toutes deux en 1925.
  8. Maximilien (1845): né et mort le 8 décembre 1845.
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    Sophie-Charlotte
    Sophie-Charlotte (1847-1897) (dite «Sopherl»): elle est la plus jeune des filles de la fratrie. Elle assiste aux nombreuses désillusions que nous avons décrites ci-dessus. Elle reste la dernière fille célibataire de la famille ducale et sa mère, la duchesse Ludovica, se met donc en recherche d'un prince pouvant rehausser encore l'éclat de sa maison. En effet, nonobstant les drames personnels, les mariages brillants de ses filles flattent l'amour-propre de leur mère, la duchesse Ludovica qui se console ainsi de ses propres déboires conjugaux avec Maximilien. Mais Sophie-Charlotte, musicienne dotée d'une jolie voix et admirant la musique de Richard Wagner, refuse d'abord tous les partis qui se présentent à elle, au grand dam de sa mère. Ainsi, «Sopherl» refuse-t-elle successivement les propositions du roi Louis Ier de Portugal, du prince Philippe de Wurtemberg et en 1866 celle de l'archiduc Louis-Victor d'Autriche, le propre frère de l'Empereur d'Autriche. Pour la duchesse Ludovica, ces refus sont autant de catastrophes et le mariage de sa benjamine, toujours célibataire à 19 ans, devient un véritable casse-tête.
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    Sophie-Charlotte & Louis II
    Photographie officielle
    des fiançailles royales
    C'est alors que se présente Louis II de Bavière. Il est Roi de Bavière depuis 1864. Il est âgé de 19 ans. Sophie-Charlotte le connait car il est l'ami d'enfance de son frère aîné Charles-Théodore. Fasciné par son impériale cousine «Sissi», il apprécie le charme et le talent de Sophie-Charlotte et partage avec elle son goût (qui chez lui tournera à l'idolâtrie) pour la musique de Richard Wagner, le compositeur qu'il a appelé à sa cour dès son avènement.
    Le 22 janvier 1867, sont proclamées les fiançailles officielles du roi Louis II de Bavière avec Sophie-Charlotte, sa cousine. Ludovica rayonne: elle est déjà la mère de l'Impératrice d'Autriche et elle va devenir la mère de la Reine de Bavière, son propre pays. Le peuple est enthousiaste: le roi a 21 ans et Sophie-Charlotte, 19 nas. Les préparatifs vont bon train, le carrosse des noces est prêt, la couronne de la mariée également et nouveauté, le couple, ensemble ou séparément, pose pour des photographies officielles dont vous pouvez en découvrir une ci-contre.
    Cependant, Louis II — ayant découvert son homosexualité — conçoit difficilement une vie conjugale avec une femme. N'osant s'engager, il repousse plusieurs fois la date du mariage tout en faisant une cour extravagante à sa fiancée, la laissant sans nouvelles ou la faisant réveiller en pleine nuit pour lui faire offrir des fleurs. Le roi repousse plusieurs fois la date des noces ce qui exaspère le duc Maximilien et désespère Sophie-Charlotte qui s'écrie au sein du cercle familial: «Ne voyez-vous pas qu'il ne m'aime pas». En octobre 1867, vexé par les atermoiements du roi, le duc Max, abandonnant pour une fois son ton badin et sa vie bohème, exige la fixation définitive de la date des noces. Offusqué par l'attitude du duc en Bavière qui, s'il est son oncle et futur beau-père pressenti, n'en est pas moins son sujet, Louis II rompt ses fiançailles avec Sophie-Charlotte.
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    Ferdinand d’Orléans, duc d’Alençon
    Humiliée par la situation, comme autrefois sa sœur Hélène, Sophie-Charlotte, qui est la sœur de l'impératrice d'Autriche et de l'ex-reine des Deux-Siciles, reste un bon parti mais souhaite laver l'affront qu'elle a subi en se mariant au plus tôt. Moins d'un an plus tard, elle épouse à Possenhofen Ferdinand d'Orléans, le duc d'Alençon, descendant du dernier roi des Français, Louis-Philippe Ier. Ne pouvant vivre en France (vu ses ascendances), ils partent en Angleterre, puis en Italie avant de revenir en France après la chute du Second Empire.
    Après la mort tragique en 1886 de son premier fiancé, Louis II de Bavière, Sophie-Charlotte, toujours mariée à Ferdinand, noue une relation adultérine avec un médecin marié et père de famille! La princesse, au mépris des convenances, songe alors ouvertement à quitter son mari et ses enfants (âgés de 17 et 14 ans). Le couple songe à s'enfuir en Suisse mais l'épouse du médecin crée un scandale et le couple adultérin doit rompre. Sur les conseils de son frère Charles-Théodore, Sophie-Charlotte est placée par son mari dans le sanatorium du Docteur Kraft-Ebing, situé à Mariagrün près de Graz en Autriche.
    © Le Petit journal - Supplément du dimanche
    Bibliothèque nationale de France
    Après son séjour à l'hôpital, Sophie-Charlotte renoue avec son mari et ses enfants. Elle s'occupe activement d'œuvres charitables.
    Le 4 mai 1897, Sophie-Charlotte périt dans l'incendie du Bazar de la Charité, une vente de bienfaisance organisée chaque année à Paris depuis 1885. Son mari en est l'un des organisateurs. La manifestation, qui doit durer quatre jours, occupe un hangar en planches et poutrelles à l’intérieur duquel les organisateurs ont récréé le décor d’une rue de Paris au Moyen-Age. Outre les articles proposés aux visiteurs, sur des stands tenus par des femmes de la haute société ou de la bourgeoisie, pour recueillir de l’argent pour les plus démunis, sont projetés les premiers films des Frères Lumière. Une nouveauté pour l’époque et qui est la cause du terrible incendie qui se déclare à 16h20, par l’inflammation des vapeurs de l'éther qui alimente la lampe de l’appareil de projection du cinématographe. Rapidement propagé par le bois, les toiles peintes et le plafond goudronné du décor, le feu dévaste les lieux, faisant de nombreux morts, essentiellement des femmes. Parmi ces victimes se trouve Sophie-Charlotte. Durant l'incendie, elle va avoir un comportement exemplaire. Son alliance fut retrouvée dans les décombres et son corps calciné fut identifié, grâce à son dentiste. 

    On l’entend dire: «Les jeunes d’abord, puis les visiteuses». Puis elle ajoute: «Partez! Ne vous occupez pas de moi, je partirai la dernière.» Lorsque la duchesse songe enfin à partir, elle se dirige vers la porte principale, car c’est là qu’elle a aperçu son mari pour la dernière fois. Mais le chemin est impraticable, ainsi que la petite porte derrière le comptoir. Une religieuse vient s'effondrer à ses pieds: «Ô Madame, quelle mort!»; elle lui répond: «Oui, mais dans quelques minutes, pensez que nous verrons Dieu!», qui seront ses dernières paroles.

    Mathilde de Robien - «La mort héroïque de la duchesse d’Alençon, sœur de Sissi»


  10. Maximilien-Emmanuel (1849-1893) (dit «Mapperl»): il s'agit du plus jeune enfant du couple. Le petit dernier... Il avait une passion pour l'armée. A 16 ans, il est sous-lieutenant. A 17 ans, il prend part à la guerre contre la Prusse. Il participe à la guerre franco-prussienne, dont au siège de Paris. Il finira Général de Division.
    Il épouse le 20 septembre 1875 Amélie de Saxe-Cobourg-Gotha. Les choses ont été un peu compliquées car Amélie est fiancée un premier temps au prince Léopold de Bavière. Mais la jeune fille et Maximilien-Emmanuel sont amoureux. La soeur de Maximilien-Emmanuel, l'Impératrice Élisabeth va intervenir: elle propose à Léopold de Bavière d'épouser une de ses filles, Gisèle. Ce qu'il va accepter, autorisant le mariage de Maximilien-Emmanuel et d'Amélie. Ce fut une des plus belles histoires d'amour du gotha; «Mapperl» meurt prématurément dans sa 44ème année, le 12 juin 1893, d'hémorragies à l'estomac. Amélie ne lui survivra que quelques mois.

Avouez que même Netflix n'aurait jamais imaginé une telle famille.

 

Ne pouvant tenir en place, il avait couru l'Europe dans tous les sens. Le mariage avec Ludovica avait interrompu quelque temps son nomadisme.

INSERT Élisabeth avait passé toute sa jeunesse en Bavière, soit à Munich, soit au château de Possenhofen, dans le décor pittoresque et charmant du lac de Starnberg. Ses parents, ses quatre sœurs et ses trois frères formaient une famille très animée, très heureuse et très unie.

INSERT Sa mère, la duchesse Ludovica, était la «meilleure des femmes» (version XIXème): éducation de ses enfants, la tenue de sa maison et les œuvres de charité.

Il considère son épouse avec une indifférence absolue, tout en restant toujours aimable et courtois. En dehors du lit conjugal, la duchesse Ludovica ne tient aucune place dans l'existence de son mari. Saine et rouste, elle avait mis au monde dix enfants dont huit survécurent: trois fils et cinq filles. Élisabeth, née le 24 décembre 1837, était sa deuxième fille.

Cette fois, le duc attendait impatiemment la délivrance de sa femme: il méditait et préparait, pour quelques mois après la naissance d’Élisabeth, un grand voyage en Orient. Il part le 20 janvier 1838 (moins d’un mois après la naissance d’Élisabeth – une norme pour Élisabeth par rapport à ses futurs enfants?) pour la Syrie, l’Égypte et la Palestine; la terre des Pharaons surtout l'avait enchanté. Un jour, au Caire, dans un marché d'esclaves, il avait remarqué quatre petits «nègres» (ce sont ses mots mais ils n’ont pas le même poids qu’aujourd’hui), dont la gentillesse l'avait amusé : il n'avait pu se retenir de les acheter ; depuis lors, ses négrillons ne l'avaient pas quitté. Dès son retour en Bavière en septembre 1838, il les avait fait baptiser. Mais, cette fois encore, les nobles salons de Munich avaient jugé que, dans ses fantaisies, le duc Maximilien avait dépassé la mesure permise.

Les continuelles absences de Maximilien – et ses provocations – prolongent de plus en plus les séjours de la famille à Possenhofen où tout est plus « tranquille». La jeune Élisabeth ne voudrait d'ailleurs jamais quitter ce lieu et déteste aller à Munich. Elle adore cette vie rustique. A l’égard de la vie citadine, Maximilien manifeste une méfiance que sa fille préférée transformera en haine. Cavalière intrépide, Élisabeth entend le langage des sources, connaît la signification des nuages et considère les arbres comme les plus fidèles alliés de son imagination. Comme dans l’œuvre de Shakespeare, qu’elle appréciera, elle est l’héroïne d’un songe dans lequel elle défend sa liberté. Il s’agit d’une vraie solitaire, d’une rêveuse. Très vite, prise dans ses pensées, elle entendra des voix… C’est beaucoup plus présent dans le second acte. Mais bien sûr La Mort est une manifestation de cette «réalité».

Elle adore voir sa mère Ludovica horrifiée lorsqu’elle apprend que son mari au cours de son voyage en Égypte s’est cru autorisé à jouer de la cithare au sommet de la grande pyramide, à ramener les 4 jeunes Nubiens dont nous avons parlé et qu’il a l’intention de faire baptiser devant la bonne société munichoise stupéfaite.

Original, Maximilien l’est, refusant de porter habits de gala et uniformes qu’exige la vie de cour. Sa fille Élisabeth est son portrait, mais son statut d’impératrice puis de reine fera passer sa frénésie d’indépendance pour une malsaine et choquante désinvolture.

Élisabeth est tout sauf une écervelée, une agitée.