Elisabeth
de Michael Kunze et Sylvester Levay
Livret et paroles: Michael kunze
Musique et orchestrations: Sylvester Levay
Production originale: Vereinigte Bühnen Wien
La vraie vie de Sissi
La comédie musicale raconte l'histoire d'Elisabeth ("Sissi"), l'impératrice d'Autriche, de ses fiançailles et de son mariage en 1854 à son assassinat en 1898 aux mains de l'anarchiste italien Luigi Lucheni, à travers l'objectif de son obsession croissante pour la mort, alors que son mariage et son empire s'effondrent autour d'elle au tournant du siècle.
Résumé complet
Photos Gaël Maleux
Photos Gaël Maleux

Critique - La preview à laquelle j’ai assisté est une représentation forte, avec des chorégraphies serrées, une mise en scène qui parvient à amadouer toutes les difficultés d’une scène en plein tout en en magnifiant les avantages, un orchestre (dirigé par Laure Campion) qui approche de la perfection et une distribution en or. Et à la fin de cette avant-première, nous ressentons qu’il y a encore quelques opportunités de croissance qui suggèrent que c’est un des incontournables joyaux de cet été. (…) Marie-Pierre de Brienne (Sissi) vient du Québec pour jouer ici à Bruxelles. Elle incarne Elisabeth d’une manière convaincante; jeune poulain au début, femme mûre et amère à la fin. (…) Anne Mie Gils a trouvé le parfait mélange d’arrogance impériale et de rigueur pour sa Sophie. La Mort est magistralement interprétée par Nicolas Kaplyn. Séduisant, charmeur, il peut faire succomber quiconque. Seule sa relation avec Sissi est compliquée, et cela est très bien rendu. L’assassin Luigi Lucheni est joué par l’extravagant par Antonio Macipe. En tant que conteur de l’histoire, il apporte avec lui une dimension supplémentaire au musical. Arnaud Masclet pose un Français-Joseph digne, vieillissant scène après scène, tout en restant totalement juste. (…) La plus grande surprise est Lander van Nuffelen. Il incarne un incroyable prince Rodolphe à la fois en termes de jeu, de présence et de voix. Nous pouvons être brefs sur cette performance vocale: Waow. Cela s’applique à toute la distribution et à l’ensemble. (…) Encore un remerciement aux Anges de la Mort. Les metteurs en scène les ont rendus très présents et cela fonctionne très bien. Ils renforcent la présence de la Mort à maintes reprises, grâce aux mouvements serrés et aux habiles chorégraphies de Kylian Campbell.
Elisabeth est un chef-d’œuvre. De l’école viennoise, c’est certain, mais l’équipe de Bruxellons! lui confère une touche apaisante. Il faut avoir vu cette version car elle sera un jalon dans l’histoire du musical Elisabeth!
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Cette version est un chef d'œuvre qui marquera
C’est le sixième musical créé par le Festival Bruxellons!. Après La Mélodie du Bonheur, Evita, Sunset Boulevard, My Fair Lady et Blood Brothers, voici un premier chef-d’œuvre viennois au Karreveld. Le château n’accueille rien de moins que l’Impératrice Elisabeth. Elle se sent clairement chez elle! Musical Vibes était content d’assister à la dernière Preview.
Qualité viennoise en territoire bruxellois
Il ne faut sans doute plus vous raconter qui est Sissi. Et pourtant... Les films? À vérifier… et revérifier! En effet, là où les scénaristes avaient enterré à l’écran la partie tragique de la vie de cette impératrice autrichienne, la transformant en une sucrerie, le musical aborde la vraie histoire de sa vie. Plus précis historiquement, si vous disposez de deux heures pour vous emplir d’émotions, ce musical est certainement le bon choix. La mort était omniprésente dans la vie de Sissi, rendant logique l’option d’en faire un personnage à part entière à la scène.
"Bruxellons! mise sur la qualité des acteurs et choisit la bonne personne au bon endroit; une bouffée d’air frais."
Le Prince des Ténèbres a également impacté les répétitions d’Elisabeth, ce qui a amené l’équipe autour des metteurs en scène Jack Cooper et Simon Paco à supporter beaucoup de stress pour finaliser le spectacle dans ses moindres détails, comme nous y a habitué Bruxellons!. Et tout cela a parfaitement réussi! La preview à laquelle j’ai assisté est une représentation forte, avec des chorégraphies serrées, une mise en scène qui parvient à amadouer toutes les difficultés d’une scène en plein tout en en magnifiant les avantages, un orchestre (dirigé par Laure Campion) qui approche de la perfection et une distribution en or. Et à la fin de cette avant-première, nous ressentons qu’il y a encore quelques opportunités de croissance qui suggèrent que c’est un des incontournables joyaux de cet été.
Sixième musical et encore une distribution d’acteurs principaux différents. Bruxellons! mise sur la qualité des acteurs et choisit toujours la bonne personne au bon endroit. Une bouffée d’air frais. Cela les aide d’avoir la réputation de produire des musicals de qualité. Ainsi, Marie-Pierre de Brienne (Sissi) vient du Québec pour jouer ici à Bruxelles. Elle incarne Elisabeth d’une manière convaincante; jeune poulain au début, femme mûre et amère à la fin. En ce qui nous concerne, elle pourrait devenir encore un peu plus «déprimée et sale» après sa victoire sur Sophie. Anne Mie Gils a trouvé le parfait mélange d’arrogance impériale et de rigueur pour sa Sophie. La Mort est magistralement interprétée par Nicolas Kaplyn. Séduisant, charmeur, il peut faire succomber quiconque. Seule sa relation avec Sissi est compliquée, et cela est très bien rendu. L’assassin Luigi Lucheni est joué par l’extravagant par Antonio Macipe. En tant que conteur de l’histoire, il apporte avec lui une dimension supplémentaire au musical, apportant les seules notes comiques. Elles sont toujours les bienvenues. Arnaud Masclet pose un Français-Joseph digne, vieillissant scène après scène, tout en restant totalement juste.
"Pour résumer les prestations vocales, nous pouvons être bref : waow !"
A côté de ces magnifiques premiers rôles, il y a un ensemble tout aussi fantastique, dont la plupart est issu de Flandres. Certains d’entre eux sont des stagiaires du Conservatoire de Bruxelles, mais il est impossible de le remarquer. Leur niveau est tout simplement aussi élevé que tout le reste de la distribution. Quelques noms notables : Ilse La Monaca, Steven Colombeen, Janis van Dorsselaer, Floris Devoght, Inge Teeuwen et Niels Baetens. La plus grande surprise est Lander van Nuffelen. Il incarne un incroyable prince Rodolphe à la fois en termes de jeu, de présence et de voix. Nous pouvons être brefs sur cette performance vocale: Waow. Cela s’applique à toute la distribution et à l’ensemble. Ce sont des lignes de chant techniquement difficiles mais on peut entendre ici le résultat de l’énorme travail mené avec le coach vocal Fabrice Pillet. Le français n’est pas un obstacle non plus, la prononciation est bonne sur toute la ligne et la musicalité du texte sur la musique a été travaillée en profondeur.
Le décor est élégant et simple, mais respire la classe en même temps. L’infinie quantité de costumes est une merveille et vaut sans doute l’énorme quantité de changements de costumes. Encore un remerciement aux Anges de la Mort. Les metteurs en scène les ont rendus très présents et cela fonctionne très bien. Ils renforcent la présence de la Mort à maintes reprises, grâce aux mouvements serrés et aux habiles chorégraphies de Kylian Campbell. Ils sont également d’intelligentes aides aux changements de décors et font cela avec verve.
"Un bel exemple montrant comment la qualité viennoise peut obtenir un petit plus à Bruxelles."
Elisabeth est un chef-d’œuvre. De l’école viennoise, c’est certain, mais l’équipe de Bruxellons! lui confère une touche apaisante. Il faut avoir vu cette version car elle sera un jalon dans l’histoire du musical Elisabeth!
Patrick Defort - Musical Vibes - 18 juillet 2022
Patrick Defort - Musical Vibes - 18 juillet 2022

Critique - Un divertissement musical enlevé, parfaitement maîtrisé, depuis sa mise en scène (Jack Cooper et Simon Paco) jusqu’à la direction musicale (Laure Campion), lorsque nous l’avons découvert en avant-première. (…) Spectacle déjà culte en Allemagne ou au Japon, Elisabeth nous parvient donc à Bruxelles en création mondiale en français avec une jeune comédienne canadienne, Marie-Pierre de Brienne, qui livre une performance exceptionnelle dans le rôle de Sissi. Avec 17 musiciens, 220 costumes et une trentaine d’artistes (comédiens-chanteurs et danseurs), c’est l’une des productions les plus ambitieuses jamais portées par l’équipe de Bruxellons!.
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Marie-Pierre de Brienne livre une performance exceptionnelle
«Elisabeth» ou la véritable histoire de Sissi impératrice
Loin de la version édulcorée servie par Romy Schneider au cinéma, la comédie musicale programmée par Bruxellons creuse les aspects plus sombres du destin de l’impératrice d’Autriche et reine de Hongrie. Reportage dans les coulisses d’un « musical » contrôlé depuis Vienne.
On a fait de moi une pâtisserie viennoise qu’on voudrait dévorer », a écrit Romy Schneider dans son journal intime. Dégoûtée de la guimauve dans laquelle on a voulu enrober son personnage de Sissi au cinéma (dans les films d’Ernst Marischka, tournés entre 1955 et 1957), l’actrice refusera même de tourner un quatrième volet, malgré le contrat mirobolant qui l’attendait. Plus de trente ans plus tard, c’est une version bien moins sucrée qui naîtra sous les doigts de Michael Kunze et Sylvester Levay. « La pièce leur a été commandée en 1990 par l’Opéra de Vienne (le Vereinigte Bühnen Wien, NDLR), » nous précise Olivier Moerens, co-producteur de ce « musical » à l’affiche du festival Bruxellons. « Alors que l’Autriche était dirigée par Kurt Waldheim (soupçonné de crimes de guerre nazis, NDLR), il s’agissait de créer un spectacle qui regarderait en face le passé de l’Autriche. »
Pas question donc de réitérer la crème bavaroise qui a déferlé sur les écrans. Cette fois, le gâteau – car il s’agit toujours d’une gourmandise que nous avons testée lors d’une « preview » au Château du Karreveld à Molenbeek – assume des notes plus corsées dans son portrait de l’impératrice Elisabeth d’Autriche, reine de Hongrie. Depuis ses fiançailles et son mariage avec François-Joseph en 1854 jusqu’à son assassinat à Genève en 1898 par l’anarchiste italien Luigi Lucheni, on traverse la vie tumultueuse d’une femme passionnée, farouchement libre, d’une beauté exceptionnelle mais aussi d’un égoïsme têtu vis-à-vis de ses enfants et de son peuple.
Une performance exceptionnelle
On y devine les prémices des mouvements nationalistes – « c’est en Autriche qu’a été inventé le salut nazi », souligne Olivier Moerens – on y croise la mort à de multiples reprises (dont le suicide de Rodolphe, le fils héritier de Sissi) et on y côtoie quelques conflits, de la Crimée à la Prusse en passant par la Hongrie, qui menèrent à la Première Guerre mondiale et se répercutent encore aujourd’hui dans les discours impériaux de Poutine. Mais tout cela se fond dans ce qui reste un divertissement musical enlevé, déjà parfaitement maîtrisé, depuis sa mise en scène (Jack Cooper et Simon Paco) jusqu’à la direction musicale (Laure Campion), lorsque nous l’avons découvert en avant-première.
Spectacle déjà culte en Allemagne ou au Japon, Elisabeth nous parvient donc à Bruxelles en création mondiale en français avec une jeune comédienne canadienne, Marie-Pierre de Brienne, qui livre une performance exceptionnelle dans le rôle de Sissi. Avec 17 musiciens, 220 costumes et une trentaine d’artistes (comédiens-chanteurs et danseurs), c’est l’une des productions les plus ambitieuses jamais portées par l’équipe de Bruxellons, à qui l’on doit déjà La Mélodie du Bonheur, Evita, Sunset Boulevard, My Fair Lady et Blood Brothers . « Rien que pour le rôle d’Elisabeth, c’est cinq personnes en coulisses pour assurer le remaquillage et les changements de robes, de coiffure, de bijoux, etc. » Une méga-production qui retrace une vie faite de passions tumultueuses (dont l’amour fou que lui voue l’empereur François-Joseph), de tragédies (Sophie, son premier enfant, meurt à 2 ans), de compromis avec les usages de la monarchie, de voyages et de révoltes politiques. Une vie parmi les plus romanesques du XIXe siècle.
Catherine Makereel - Le Soir - 13 juillet 2022
Catherine Makereel - Le Soir - 13 juillet 2022
Critique - Avec 17 musiciens, plus de 220 costumes et une trentaine d’artistes (comédiens-chanteurs et danseurs), la nouvelle comédie musicale de Bruxellons envoie du costaud. Commandée en 1990 par l’Opéra de Vienne, afin que l’Autriche regarde en face les ressorts (même les plus sombres) de son passé, la pièce traverse la véritable histoire de l’impératrice Élisabeth d’Autriche, reine de Hongrie, loin de la mièvrerie des films avec Romy Schneider. Parfaitement maîtrisé, le spectacle vous emporte dans un tourbillon de passions humaines et de révoltes politiques.
Le Soir - MAD - 20 juillet 2022

Pré-papier - L'Impératrice d’Autriche est une héroïne tragique et romantique propre à enflammer l’imagination des artistes. Son destin, tel que le retrace Élisabeth, la comédie musicale de Michael Kunze et Sylvester Levay, est plus proche de la réalité historique que les films où Romy Schneider prêtait sa beauté à la princesse rebelle. « Elle est une femme qui s’est retrouvée à un endroit où elle n’aurait pas dû être », constate Simon Paco, l’un des deux metteurs en scène. Le spectacle commence en
effet au moment où l’empereur François-Joseph, qui devait épouser sa soeur, la remarque cachée derrière sa promise et en tombe follement amoureux. Et lorsqu’elle est assassinée à soixante-et-un ans, c’est encore par hasard qu’elle se trouve sur la route d’un anarchiste qui voulait tuer une personnalité.
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Sissi, l'adorée
L'Impératrice d’Autriche est une héroïne tragique et romantique propre à enflammer l’imagination des artistes. Son destin, tel que le retrace Élisabeth, la comédie musicale de Michael Kunze et Sylvester Levay, est plus proche de la réalité historique que les films où Romy Schneider prêtait sa beauté à la princesse rebelle. « Elle est une femme qui s’est retrouvée à un endroit où elle n’aurait pas dû être », constate Simon Paco, l’un des deux metteurs en scène. Le spectacle commence en
effet au moment où l’empereur François-Joseph, qui devait épouser sa soeur, la remarque cachée derrière sa promise et en tombe follement amoureux. Et lorsqu’elle est assassinée à soixante-et-un ans, c’est encore par hasard qu’elle se trouve sur la route d’un anarchiste qui voulait tuer une personnalité.
VALSE MÉLANCOLIQUE
Par son mariage, la jeune princesse, qui rêvait d’être libre, se retrouve enfermée dans une prison dorée, soumise à une étiquette aussi corsetée qu’une camisole de force. Dominée par une belle-mère tyrannique, elle est peu soutenue par son mari, trop occupé à gérer l’instabilité politique de son pays. Toutefois, ajoute Jack Cooper, le second metteur en scène, le personnage est complexe et ambigu. Derrière ses beaux côtés, comme son engagement pour la Hongrie, elle a aussi une face sombre. Elle qui rêvait d’amour n’a pas vraiment réussi son mariage et elle est passée totalement à côté de son fils Rodolphe, qui tentera toute sa vie de quémander un peu d’affection maternelle.
C’est l’histoire de toute une vie qui est racontée dans ce spectacle, avec ses joies et ses drames, sa complexité et ses contradictions. Luigi Lucheni, l’assassin, en est le narrateur, un maître de cérémonie un brin fanfaron. Il raconte combien Élisabeth a vécu en permanence dans la confrontation, que ce soit avec sa belle-mère, son mari ou son fils. Avec le personnage de la mort, il forme un duo qui rôde autour d’elle, dans une sorte de danse macabre. Sissi, personnage profondément mélancolique, est en effet obsédée depuis toujours par la camarde, mais, à chaque fois, elle s’arrache de ses bras parce que son désir de vivre est le plus fort. Une des forces de l’oeuvre est de ne jamais basculer dans l’ésotérisme ou l’abstraction. Même s’il y a des moments magiques qui ne manqueront pas de surprendre, elle retombe dans le concret de la vie, celle d’une femme à la beauté fascinante qui accepte mal son vieil- lissement. Il faut se souvenir qu’en en prenant de l’âge, Sissi cachait son visage sous un voile, truquait ses photographies ou envoyait des doublures lors d’événements où elle n’était pas visible de trop près.
EXPLOITATION POLITIQUE
Par ailleurs, l’histoire de l’Autriche a été importante dans la création de l’Europe d’aujourd’hui. À la scène 3 de l’acte 1, par exemple, un prince déroule une carte et demande ce que l’on va faire de la Crimée. Cependant, les metteurs en scène rappellent que la jeune souveraine n’a aucune importance dans l’histoire de Vienne à ce moment-là. Il est pourtant intéressant de voir comment son image a été utilisée après sa mort. En 1956, peu après la Seconde Guerre mondiale, lorsque sort le premier film avec Romy Schneider, il s’agit de redorer l’image d’un pays collaborationniste. Et la mère de la jeune actrice, qui joue d’ailleurs le rôle de celle du personnage, veut faire oublier les rumeurs selon lesquelles elle aurait été la maîtresse d’Hitler. En 1992, lorsque Michael Kunze crée le musical Élisabeth, c’est pour expliquer comment on en est arrivé à la chute du mur de Berlin. On le constate, si l’impératrice s’est peu souciée de politique, la politique, elle, s’en est bien occupée.
Le festival Bruxellons! en est à sa 24ème édition. Pour sa sixième production de comédie musicale, il met les bouchées doubles. Le spectacle est grandiose. Le décor évoque de manière très impressionnante la chute de la maison Habsbourg. De ses doigts de fée, Béatrice Guilleaume fait à nouveau des miracles. Elle a créé plus de deux cent cinquante costumes historiques qui ressuscitent la splendeur de la cour d’Autriche entre 1854 et 1898. Ses robes suivent l’évolution de la mode, de la crinoline au cul de Paris. Les changements de costumes sont à eux seuls une performance époustouflante pour les chanteurs, comédiens et danseurs, et on imagine aisément le travail de précision en coulisses autour de la trentaine d’artistes. Une occasion rare en Belgique de voir une production de cette ampleur et de cette qualité.
MUSIQUE EN DIRECT
Musicalement, Élisabeth surpasse les autres comédies musicales montées jusqu’ici au château du Karreveld. Dix-huit musiciens jouent la partition tous les soirs en direct, même s’ils ne sont pas visibles. La musique, aux accents parfois grandiloquents, transporte les spectateurs au cœur de l’intrigue. Elle raconte l’histoire aussi bien que les textes. Quant à Marie-Pierre de Brienne, qui incarne le rôle principal, elle vient du Canada et a découvert le festival en 2015, lors d’une visite dans la capitale belge.
L’ambiance de Bruxellons! est due en grande partie à la qualité des spectacles proposés et au rôle essentiel des bénévoles. Sans ceux qui assurent la production, l’accueil ou le bar, il serait déjà mort depuis longtemps puisqu’il ne bénéficie d’aucun subside des pouvoirs publics. Jack Cooper est infiniment reconnaissant à tous ces gens qui viennent faire vivre le théâtre entre 18h et minuit. Leur enthousiasme est perceptible et communicatif, mais cela suffira-t-il ? Les producteurs ne sont pas prêts à augmenter les tarifs des billets, ce qui exclurait de facto une partie du public qui n’en aurait plus les moyens. On peut espérer que la ministre de la Culture vienne un soir à la sortie et entende les commentaires, qu’elle voie la magie du spectacle briller encore dans les yeux des enfants et de leurs parents ou grands-parents. Parce qu’Élisabeth réconcilie tous les publics avec la culture, il est urgent que les responsables politiques soutiennent cet événement estival pour le maintenir en vie.
Jean Bauwin - L'appel - Juin 2022
Jean Bauwin - L'appel - Juin 2022

Pré-papier - Pour sa 24e édition, le festival Bruxellons ! présente, dès le 11 juillet, la comédie musicale “Élisabeth”. Un spectacle historique et grandiose qui retrace la vie de l’impératrice Sissi. Avec une trentaine d’artistes sur scène, 220 costumes et 17 musiciens.
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Qui était vraiment Sissi l'Impératrice?
En robe à crinoline noir et blanc aux manches courtes enserrées de rubans, collier de perles à double rang autour du cou, Marie-Pierre de Brienne descend prudemment, en retroussant l'épais tissu, les quelques marches qui la sépare de la scène installée dans la vaste cour du château du Karreveld, à Molenbeek-Saint-Jean. Cet été, du 11 juillet au 25 août, cette jeune comédienne-chanteuse originaire de Montréal sera l'impératrice Élisabeth, la légendaire Sissi, dans la comédie musicale Élisabeth présentée dans le cadre du 24e festival Bruxellons ! Créé à Vienne en 1992 par Michael Kunze et Silvester Levay, ce musical applaudi par 12 millions de spectateurs à travers le monde est, aujourd'hui, pour la première fois, adapté et traduit en français.
Dix-sept changements de costume pour Élisabeth
Sous un soleil qui joue à cache-cache avec les nuages, cette après-midi-là est consacrée aux vérifications du son – l'orchestre live est constitué de 17 musiciens sous la direction de Laure Campion – et à l'essayage de certaines robes d'Élisabeth. C'est que Marie-Pierre de Brienne doit changer pas moins de… 17 fois de costume ! "Ça ne me stresse pas, sourit-elle. J'ai commencé la comédie musicale à l'âge de 7 ans. Ce n'est pas la première fois que je fais des changements rapides. On pense que c'est impossible jusqu'au dernier moment, et puis la magie opère. Mais c'est vrai que cela demande beaucoup de minutie, de patience, d'amour et d'humanité."
Avec 17 musiciens, plus de 220 costumes et une trentaine d'artistes (comédiens-chanteurs et danseurs) sur scène, Élisabeth, sixième comédie musicale créée à Bruxellons ! après Blood Brothers, My Fair Lady, Sunset Boulevard…, est "la plus grosse production qu'on ait eue", précise Jack Cooper, co-producteur du festival et co-metteur en scène. "Tout va être réglé au millimètre près", assure-t-il, car la logistique est énorme. "En coulisses, il y aura neuf habilleuses, maquilleuses… pour aider les artistes à se changer." "Les changements sont très rapides", confirme Béatrice Guilleaume, qui a passé un nombre "incalculable" d'heures à confectionner et arranger les costumes (robes, jupons, chemises de nuit, vestes…). "Donc j'ai dû mettre beaucoup de tirettes, en essayant qu'elle soient le plus discrètes possible pour préserver l'authenticité des costumes", qui traversent deux périodes "tout à fait typiques" de l'époque : 1860-1870 avec les crinolines et 1880-1890 avec les "culs de Paris".
“Un grand spectacle familial”
Ce spectacle historique retrace, en effet, la vie de l'impératrice d'Autriche depuis ses fiançailles et son mariage avec François-Joseph en 1854 à son assassinat à Genève en 1898 par l'anarchiste italien Luigi Lucheni. Ne vous attendez toutefois pas à retrouver sur la scène du Karreveld l'ambiance édulcorée et romantique de la série de films (1955-1957) d'Ernst Marischka avec Romy Schneider. L'œuvre ici proposée se veut davantage en phase avec la réalité historique. "Les films Sissi ne respectent pas l'Histoire, explique Simon Paco, à la mise en scène. À leur sortie, ils avaient pour but de redorer l'image des pays germanophones à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Il s'agissait donc d'insuffler du romantisme, de la beauté pour oublier la trace noire qui s'était étalée sur l'Allemagne; mais aussi sur l'Autriche." A contrario, "les deux auteurs d'Élisabeth ont cherché à démontrer la montée des extrêmes en Autriche, en Hongrie, en Allemagne, etc., à travers ce personnage parce que, au-delà de suivre la vie de Sissi, on suit aussi tout ce qui précède la Première Guerre mondiale et, donc, la chute de l'empire des Habsbourg."
"À côté de cela, enchaîne Jack Cooper, cela reste un grand spectacle familial, car les gens vont retrouver les costumes d'époque, de la grande musique – c'est, musicalement, l'une de nos comédies musicales les plus ambitieuses –, mais sous un angle d'attaque historiquement plus juste."
Des biographies souvent stigmatisantes
S'imprégner de ce pan historique et géopolitique dense aura nécessité un gros travail de préparation en amont du spectacle. "Olivier Moerens (coproducteur de Bruxellons !, NdlR) a réalisé un énorme travail dramaturgique littéraire et historique qu'il a livré à l'équipe créative pendant six jours, reprend le metteur en scène. C'était passionnant et important de pouvoir nourrir les comédiens." Parallèlement,"j'ai lu une pile de biographies sur Sissi, raconte Marie-Pierre de Brienne, et je me suis rendu compte qu'elles étaient majoritairement écrites par des hommes blancs, cisgenres". "Je trouvais, poursuit-elle, qu'il y avait beaucoup d'a priori négatifs, de stigmatisation autour de ce personnage : elle était 'hystérique' de vouloir éduquer ses enfants, 'complètement folle' de vouloir voyager et d'être libre… Jusqu'à ce que je lise la bio écrite par sa dernière dame d'honneur, Irma Sztaray. J'ai trouvé ce portrait beaucoup plus humain et réaliste. Ça a réellement été mon pivot parce que j'ai reconnu un être humain et pas un cliché."
Pour interpréter Élisabeth, "j'avais donc envie de lui donner un peu de la femme qu'on pourrait rencontrer en 2022, de la ramener à quelque chose de moins grandiose, de moins 'Broadway style' et de plus humain", détaille la chanteuse et comédienne. "Grâce à la proposition de Marie-Pierre, si on zoome sur une scène du spectacle, que ce soit une scène d'amour, une dispute, etc., les spectateurs pourront, à plein de moments, s'y reconnaître, se réjouit Jack Cooper. Ce qui ne serait certainement pas le cas si on en faisait un spectacle tonitruant où il n'y aurait que le chant sans toute l'interprétation derrière. Ce que l'on veut surtout, c'est raconter une histoire, sinon on ferait un concert."
Impératrice et rebelle
À 23 ans, François-Joseph régnait déjà depuis cinq ans sur l’empire des Habsbourg. Il était temps qu’il se marie. Sa mère, Sophie de Bavière, décida de s’en occuper. Elle jeta son dévolu sur l’une de ses nièces, Hélène de Wittelsbach : elle a 18 ans, elle est jolie, intelligente, bien élevée. Le jeune Empereur se conforme comme d’habitude aux désirs de sa mère. Les fiançailles seraient officiellement annoncées dans la jolie station thermale de Bad Ischl, près de Vienne, où la famille impériale passe chaque année ses vacances.
À la veille de s’y rendre, la mère d’Hélène décide d’amener aussi sa seconde fille, Élisabeth, âgée de 15 ans, surnommée Sissi. À leur arrivée à Bad Ischl, le 16 août 1853, dans l’après-midi, un goûter leur est servi. Hélène est placée à côté de l’Empereur pour leur permettre de faire mieux connaissance. Sissi, elle, est reléguée en bout de table, avec sa gouvernante. Bientôt, elle se sent observée par François- Joseph, qui n’a bientôt d’yeux que pour elle. Et en qui elle vient de susciter une passion foudroyante, comme l’écrit Jean des Cars dans son histoire du couple impérial (Perrin, 2017). Deux jours plus tard, le 18 août, l’Empereur annonce à sa mère que c’est Sissi et non Hélène qu’il veut épouser. Le mariage sera célébré à Vienne, le 24 avril 1854. La nouvelle impératrice a 16 ans.
Un oiseau en cage
Être impératrice à 16 ans, c’est être un oiseau en cage. Dorée, sans doute, mais dont un cérémonial séculaire, un protocole impérieux sont les barreaux. François-Joseph, élevé à la Cour, s’en accommode. Sissi, élevée dans un château champêtre sur le lac de Starnberg, est une petite sauvageonne, qui, outre le carcan des traditions, devra subir pendant des années la présence d’une belle-mère qui ne comprend rien à une belle-fille qui n’aime rien tant que galoper à cheval ou s’entourer de ses chiens.
En 1855, Sissi a son premier enfant, Sophie (le prénom de sa belle-mère !), qui mourra deux ans plus tard. Suivront Gisèle en 1856 et Rodolphe en 1858. Mais son mal-être ne s’arrange pas. Bientôt, elle va se livrer à d’épuisantes sorties équestres, à des exercices de gymnastique torturants pour garder la forme, à des régimes diététiques aberrants pour ne pas dépasser les 50 kg (pour 1,72 m). Bref, elle s’accommode mal d’un statut officiel qui brime son désir d’indépendance.
Une vie de vagabonde
En 1860, coup de tonnerre : en quête d'un lieu où échapper aux critiques et médisances, Sissi embarque à Anvers pour l'île de Madère et y reste six mois ! Sans mari, sans enfants, qui fêteront la Noël sans elle. C'est le début de quarante ans de voyages, de croisières (Palerme, Tanger), de semaines de chasse en Angleterre, de séjours au château baroque de Gödöllö – un cadeau des Hongrois pour la remercier de la part qu'elle a prise dans le statut d'indépendance qui leur a été accordé dans le cadre de la double monarchie instaurée en 1867 : impératrice d'Autriche, elle devient alors reine de Hongrie – ou dans l'île de Corfou, où elle a fait construire un palais de marbre blanc baptisé Achilléon en l'honneur du célèbre guerrier de l'Iliade.
François-Joseph en souffre. Il la supplie de lui réserver un temps de présence. Il paie ses dépenses. Il attend ses retours. Elle revient, mais repart. Finissant par prendre conscience de la solitude qu'elle impose à son mari, elle lui trouve une "amie", Katharina Schratt, 28 ans, comédienne au Burgtheater. Installée dans une villa à Schoenbrunn, elle accompagne l'Empereur l'après-midi dans ses promenades rituelles dans le parc. À l'absente, François-Joseph écrit : "Puisque je ne sais pas suffisamment te le montrer et que cela te semblerait ennuyeux, j'aimerais te dire que je t'aime infiniment." Étrange ménage à trois, mais rien ne permet à ce jour d'établir qu'il y eût une véritable "liaison" entre l'Empereur et la comédienne.
Coup de poignard fatal
Quoi qu'il en soit, c'est en homme dévasté que François-Joseph apprendra à Schoenbrunn, le 10 septembre 1899, que l'Impératrice a été poignardée à Genève par un anarchiste italien, Luigi Lucheni, et qu'elle est décédée. Au comte Paar, premier aide de camp qui s'était chargé de lui apporter la nouvelle, l'Empereur, effondré, murmura : "Nul ne saura combien nous nous sommes aimés."
Stéphanie Bocart et Jacques Franck - La Libre Belgique - 6 juillet 2022
Stéphanie Bocart et Jacques Franck - La Libre Belgique - 6 juillet 2022
Analyse - « On conserve une liberté artistique mais on doit respecter l’œuvre », analyse Oliver Moerens. « ll n’est pas question qu’Elisabeth soit seins nus et se mette à faire des claquettes mais on peut discuter de beaucoup de choses. Là où le personnage de la Mort, par exemple, est normalement en costume d’époque, nous voulions quelque chose de plus contemporain. » Ce qui donne, à Bruxellons, une sorte de rockeur intemporel grâce à l’électrique Kaplyn. Même chose avec le personnage du narrateur (qui joue aussi l’anarchiste assassin de Sissi) qui trouve en la personne d’Antonio Macipe une présence savoureusement indisciplinée. Alors que l’équipe de Bruxellons se penche déjà sur le « musical » de l’été prochain – un West Side Story qu’ils souhaitent plus moderne que les versions archi connues – une incertitude plane toujours sur le futur : « Si nous n’obtenons pas de contrat-programme en 2023, ce n’est pas sûr qu’on continuera », soupire Oliver Moerens, fatigué du manque de reconnaissance local, tandis que leur renommée a dépassé les frontières : ils ont reçu cette année un Trophée d’honneur aux Prix de la Comédie musicale à Paris.
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Un «musical» sous haute surveillance
Créer une comédie musicale nécessite non seulement un travail de longue haleine (au minimum deux ans de préparation) mais aussi un certain nombre de compromissions car obtenir les droits d’une pièce, c’est se plier à des règles drastiques. Y compris accepter que les ayants droit débarquent à la première et décident de tout annuler. « Pour Sunset Boulevard, la clause numéro 2 du contrat stipulait que si l’équipe d’Andrew Lloyd Webber n’aimait pas notre version, ils pouvaient tout arrêter sans dédommagement », se souvient Oliver Moerens, co-producteur du festival Bruxellons.
Pour Elisabeth , cette forme de « contrôle-qualité » s’est faite bien plus en amont encore. « Le Vereinigte Bühnen Wien (VBW) a eu une mésaventure à Broadway avec Le Bal des Vampires (de Jim Steinman et Michael Kunze, tiré du film de Roman Polanski, NDLR) qui s’est retrouvé complètement dénaturé, explique le producteur. Depuis lors, ils verrouillent les choses. » Tout a commencé il y a trois ans, quand Bruxellons a demandé les droits de la pièce au VBW, tout en envoyant un DVD de My Fair Lady , leur production précédente, pour les convaincre. « On a deux options, soit on demande de faire un réplica, c’est-à-dire qu’on part de la mise en scène d’origine pour la refaire chez nous, soit on demande de faire notre propre mise en scène, ce qui a été notre démarche. » Une fois les droits acquis, l’équipe lance la traduction de la pièce, un travail monumental car il faut tout adapter en s’assurant que la pièce reste chantable dans une langue très différente.
Oser la cacophonie
Le VBW s’est ensuite invité, par visioconférence, au sitzprobe – ce moment où l’orchestre et les chanteurs, qui ont jusque-là travaillé séparément, se rassemblent pour répéter – dans la grange du Château du Karreveld. « Ça a duré dix heures car Michael Römer (directeur musical du VBW, NDLR) discutait de chaque chanson, de chaque intention. Il trouvait par exemple que c’était parfois trop « joli », que nous, francophones, avions une passion pour la beauté du chant mais que, lorsqu’on a une manif, ou une réunion discordante, où les gens crient, il faut assumer que ce soit plus dissonant, oser la cacophonie. C’était fascinant car il a dirigé Elisabeth des milliers de fois et il connaît l’œuvre parfaitement. » Le directeur musical est ensuite venu assister aux dernières répétitions, pendant trois jours, ajoutant de nouveaux commentaires, sur la balance-son notamment, et saluant la qualité exceptionnelle des voix. Deux autres représentants du VBW viendront encore cette semaine pour une validation finale.
« On conserve une liberté artistique mais on doit respecter l’œuvre », analyse Oliver Moerens. « ll n’est pas question qu’Elisabeth soit seins nus et se mette à faire des claquettes mais on peut discuter de beaucoup de choses. Là où le personnage de la Mort, par exemple, est normalement en costume d’époque, nous voulions quelque chose de plus contemporain. » Ce qui donne, à Bruxellons, une sorte de rockeur intemporel grâce à l’électrique Kaplyn. Même chose avec le personnage du narrateur (qui joue aussi l’anarchiste assassin de Sissi) qui trouve en la personne d’Antonio Macipe une présence savoureusement indisciplinée. Alors que l’équipe de Bruxellons se penche déjà sur le « musical » de l’été prochain – un West Side Story qu’ils souhaitent plus moderne que les versions archi connues – une incertitude plane toujours sur le futur : « Si nous n’obtenons pas de contrat-programme en 2023, ce n’est pas sûr qu’on continuera », soupire Oliver Moerens, fatigué du manque de reconnaissance local, tandis que leur renommée a dépassé les frontières : ils ont reçu cette année un Trophée d’honneur aux Prix de la Comédie musicale à Paris.
Catherine Makereel - Le Soir - 13 juillet 2022
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Emission 42ème Rue - France Culture
(Interview et 3 extraits live - 5 juin 2022)
Interview - RCF - Marie-Anne Clairembourg
Interview (RCF - 28/6/2022)
Photos Gaël Maleux
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3
Du grand et beau spectacle ! Courrez le voir ! C’est un festival d’émotions fortes, sur une partition musicale « Rock » des comédiennes et comédiens investis dans leurs rôles, une mise en scène efficace alliant la chorégraphie à la sobriété qui met en valeur le jeu des acteurs, enfin bref un spectacle À VOIR ABSOLUMENT !!-- |
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6
Merci pour ce pur moment de bonheur ! Inoubliable, spectaculaire et grandiose. Merci aux comédiens et à tous ceux qui ont rendu ce spectacle possible. Axelle Bayet - Saturday 23 July 2022 - |
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