Evita
D'Andrew Lloyd Webber et Time Rice
EVENEMENT! Création mondiale en français
Don't cry for me Argentina!
Eva Perón, la seconde épouse du dictateur argentin Juan Perón, est une légende comme il en existe peu. D'origine modeste, elle est devenue la femme la plus puissante de son pays et d’Amérique latine, mais surtout un puissant symbole d'espoir et de réussite pour des milliers d'Argentins. Haïe par l’aristocratie et suspecte pour l'armée, elle a été une étoile filante, morte d'un cancer à 33 ans. Il y a de nombreuses choses à admirer chez Eva Perón, la personne. Sa détermination à réussir malgré des obstacles presque insurmontables. Sa défense de la femme dans une société dominée par les hommes. Son soutien des classes populaires, dont elle est issue, dans une société très hiérarchisée. Son courage face à la maladie et à la mort. Et non des moindres, son apparence physique. Mais il est impossible de ne pas être dégoûté par de nombreux comportements du régime péroniste dont elle était le symbole assumé: la torture, la corruption, la tromperie et la mauvaise gestion d'un pays riche.
Une idée fabuleuse, étonnante, nouvelle dans sa conception: monter cette « œuvre » en langue française. Du jamais vu à ce point! Avec l’accord d’Andrew Lloyd Webber. Une création mondiale en français pour la Belgique, c’est génial! Exaltant ! Et sublimement réussi.
Tout s’enchaîne avec compétence, virtuosité, passion, sans la moindre bavure. La mise en scène est fascinante, sans complication. Les comédiens évoluent sur le grand plateau avec finesse et subtilité. Remarquables harmonie et affinité! Sans oublier la chorégraphie très légère! 21 séquences qui s’enchaînent à un rythme fou!
La découverte d'une immense actrice, à la fois comédienne, chanteuse et danseuse: Deborah De Rider (Evita). Elle est entrée magnifiquement dans son personnage.Son interprétation est d'une grande finesse, d'une sensualité raffinée, et d'une belle sensibilité.Elle ne "joue" pas Evita. Elle est EVITA !
Roger Simons - Les Feux de la Rampe - 17 juillet 2016
Bruxelles peut être fière de cette première mondiale phénoménale. Ce qui a été créé ici en plein air frise l’inimaginable. Le chant, la danse et le jeu théâtral sont du plus haut niveau. Les très belles chorégraphies sont d’un niveau exceptionnel et pourtant tous les acteurs s’y collent. Andrew Lloyd Webber n’est pas connu pour ses partitions simples et à ce niveau aussi l’équipe fait preuve de pureté. La mise en scène est très réussie : il se déroule tellement de choses en scène qu’on n’en croit pas ses yeux.
La réalisation technique est un réel exploit : la qualité du son est encore meilleure que dans de nombreuses belles salles de théâtre multi-équipées. Le mélange des voix et de la magnifique musique de l’orchestre de onze pièces est sublime. Les 140 costumes sont tout à fait appropriés et dans l’esprit de l’époque.
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Une création mondiale de classe mondiale
Ce jeudi 14 juillet s’est jouée la première de la création mondiale en français de EVITA au Château du Karreveld à Molenbeek-Saint-Jean. Jamais auparavant, The Really Useful Group d’Andrew Lloyd Webber n’avait autorisé que le musical soit adapté en français. Grâce à leur passion et leur engagement pour les comédies musicales - et la très réussie version de La Mélodie du Bonheur présentée en 2015 -, les organisateurs du Festival Bruxellons! se sont vu accorder cette permission. Et on retrouve en tête de distribution rien de moins que Deborah de Ridder (Evita) et Steven Colombeen (Che).
Evita retrace la vie de l’épouse du politicien argentin Juan Perón. Fille illégitime d’un riche argentin, elle perd tout quand son père décède. Elle séduit Agustin Magaldi, un chanteur de charme en tournée, pour qu’il l’emmène à Buenos Aires, où elle espère se construire une vie meilleure. C’est là qu’elle rencontre le futur président Juan Perón.
Le lieu où se déroule la représentation est idyllique. La cour privée du château donne une impression intime à la large scène de 25 m et au gradin de 600 places. On remarque immédiatement la Casa Rosada (la résidence officielle du président argentin). De l’autre côté, on retrouve une placette typique espagnole. Une grande partie des artistes est déjà sur scène lorsque le public s’installe. Ils sont assis dans un cinéma où le film est interrompu lors de l’annonce de la mort d’Eva Perón. Le peuple commence à pleurer de manière frénétique, le Che seul échappant à cette hystérie collective. Après cette scène d’ouverture, la représentation prend la route de la vie d’Evita comme un train et le public se trouve en première classe!
Bruxelles peut être fière de cette première mondiale phénoménale. Ce qui a été créé ici en plein air frise l’inimaginable. Le chant, la danse et le jeu théâtral sont du plus haut niveau. Les très belles chorégraphies sont d’un niveau exceptionnel et pourtant tous les acteurs s’y collent. Andrew Lloyd Webber n’est pas connu pour ses partitions simples et à ce niveau aussi l’équipe fait preuve de pureté. La mise en scène est très réussie : il se déroule tellement de choses en scène qu’on n’en croit pas ses yeux.
La réalisation technique est un réel exploit : la qualité du son est encore meilleure que dans de nombreuses belles salles de théâtre multi-équipées. Le mélange des voix et de la magnifique musique de l’orchestre de onze pièces est sublime. Les 140 costumes sont tout à fait appropriés et dans l’esprit de l’époque. Les éclairages sont relativement simple et parfaitement adaptés aux ambiances, surtout quand la nuit tombe. Le seul petit bémol est ici l’utilisation de bleus intenses dans certaines scènes. Dans ces moments, les acteurs semblent se changer en images fluorescentes.
Les acteurs principaux sont la cerise sur le gâteau. Deborah de Ridder est une très impressionnante Evita. Elle nous offre, en plus de sa magnifique voix, une Eva Duarte très crédible. Elle est jeune et ludique avec Magaldi et incarne une femme d’État d’origine modeste quand elle est devenue l’épouse du Président Perón. Steven Colombeen est un Che magistral qui avec ses mille et une expressions du visage en dit encore plus qu’avec ses qualités vocales très étendues. Philippe d'Avilla est un Juan Perón très avenant. Sans aucune fioriture, il campe un colonel de fer avec un cœur énorme pour Evita. Antonio Interlandi est un Magaldi tout droit sorti d’un bar à tango enfumé. Un chanteur de charme pur sang. Maud Hanssens est enfin une maîtresse très fragile. L’ensemble de l’auditoire communie avec elle, avant que le Che ne l’emporte.
Espérons qu’une équipe de The Really Useful Group vienne voir cette production. Ce spectacle est tellement cohérent qu’ils accorderont immédiatement à cette équipe les droits pour d’autres comédies musicales suivantes. Il s’agit d’un must pour une torride soirée d’été. Pour les néerlandophones, quelques représentations seront sur-titrée en Néerlandais (28 et 29 juillet – 21 (en soirée), 22, 25 et 26 août). Ils pourront alors également profiter de cette version, si la langue française ne leur est pas suffisamment accessible.
Patrick Defort / Wesley Van der Veken - MusicalVibes - 15 juillet 2016
Patrick Defort / Wesley Van der Veken - MusicalVibes - 15 juillet 2016
L’habileté de la mise en scène (…il y a un magicien aux commandes!), les fabuleuses chorégraphies de danses argentines, les costumes et les coiffures d’époque, les chœurs, la musique - les douze musiciens sont orchestrés par Pascal Charpentier - ont tout pour séduire et enchanter. Aucune distorsion dans la sonorisation, ce qui permet de suivre le moindre détail du texte, c’est une qualité rare pour un musical!
Foule assoiffée d’idéal, ce spectacle est pour vous. Les comédiens sont tous animés d’un enthousiasme délirant, et cela fait chaud au cœur! Ils ont, chacun à sa place, trouvé le parfait équilibre d’une production vivante et tonifiante.
Notre interprète préféré est ce Che (Steven Colombeen), le narrateur frémissant des désillusions en série qui met à nu toutes les tactiques manipulatrices. Un travail d’orfèvre que l’on suit avec jubilation.
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Un travail d’orfèvre que l’on suit avec jubilation.
EVITA, La deuxième comédie musicale créée au Festival Bruxellons dans la commune de Molenbeek, au château du Karreveld, été 2016
Ascension: la jeune actrice provinciale (une sulfureuse Deborah De Ridder) qui est montée à Buenos Aires rencontre le colonel Juan Perón (l’excellent Philippe d’Avilla) lors d'une vente de charité organisée afin de récolter des fonds pour les victimes du tremblement de terre dans la région de San Juan. Chassant sa dernière maîtresse (nommons l’exquise Maud Hanssens, la fille du metteur en scène), elle l'épouse le 21 octobre 1945. Elle contribue grandement à son élection comme président en 1946. Elle met en avant ses racines modestes afin de montrer sa solidarité avec les classes les plus défavorisées et crée la Fondation Eva Perón dont le rôle est d'assister les pauvres.
Win-Win situation: nombre d'hôpitaux et d'orphelinats créés par la Fondation ont survécu à la mort prématurée d'Evita. Elle devient le centre d'un culte de la personnalité. Elle brigue la vice-présidence en 1951, ce qui irrite vivement les militaires haut placés qui ne souhaitaient pas voir une femme gagner de l'influence. En même temps on lui connait un côté moins reluisant. Elle est celle qui, après son « Rainbow tour » en Europe en 1947 - de l’Espagne à Zurich, hormis l’Angleterre mais en passant longuement par le Vatican - a facilité l’émigration et la fuite des Nazis et de leur or vers l’Argentine.
La Chute: l’ambassadrice auprès des nazis transformée en Madone mourra d’un cancer à 33 ans le 26 juillet 1952. Son corps embaumé disparaîtra après le coup d’état de 1955 pendant 17 ans nous dit l’histoire, quelque part non loin du Vatican en Italie...
Et cette vertigineuse histoire d’ambition et d’adoration démesurée est contée malicieusement par le personnage rebelle du nom de Che (Steven Colombeen) mais en vrai, Evita n’a jamais rencontré le révolutionnaire cubain.
Très sensibles à l’interprétation magico-romantique des versions anglo-saxonnes de ce musical, et notamment le “monumental show” selon le Sunday Express avec Madalena Alberto (2013–2014 UK Tour), nous attendions avec impatience la version française en première mondiale. Elle est signée Daniel Hanssens & Jack Cooper. Elle est tout, sauf romantique, il y a peu ou pas de chimie amoureuse. Elle donne la preuve tangible que les mots sont menteurs. Elle est un élixir de réveil de citoyens. Acide et caustique, elle combat la drogue du pouvoir absolu, antidote des mal-aimés, elle combat la dictature et sa haine des classes moyennes ou aisées. Elle combat à la racine la manipulation qui siège déjà au sein même des couples humains. Elle expose sans concessions la mélodie du malheur quand les décisions politiques sont motivées d’abord par des intérêts personnels. Le texte, une adaptation dramaturgique très soigneuse d’Olivier Moerens, est chanté d’un bout à l’autre du spectacle avec beaucoup de naturel - oui, on en oublie l’anglais. La superposition est parfaite, sur le mode James Ensor, avec tout son sarcasme. Notre interprète préféré est ce Che (Steven Colombeen), le narrateur frémissant des désillusions en série qui met à nu toutes les tactiques manipulatrices. Un travail d’orfèvre que l’on suit avec jubilation. Est-ce à dire que l’émotion artistique n’y est pas ? Que du contraire ! L’habileté de la mise en scène (…il y a un magicien aux commandes!), les fabuleuses chorégraphies de danses argentines, les costumes et les coiffures d’époque, les chœurs, la musique - les douze musiciens sont orchestrés par Pascal Charpentier - ont tout pour séduire et enchanter. Aucune distorsion dans la sonorisation, ce qui permet de suivre le moindre détail du texte, c’est une qualité rare pour un musical ! Et le vol des perruches par-dessus les toits !
Foule assoiffée d’idéal, ce spectacle est pour vous. Les comédiens sont tous animés d’un enthousiasme délirant, et cela fait chaud au cœur! Ils ont, chacun à sa place, trouvé le parfait équilibre d’une production vivante et tonifiante. Daniel Hanssens explique : « Il y a de nombreuses choses à admirer chez Eva Peron : la personne. Sa détermination à réussir malgré des obstacles presque insurmontables. Sa défense de la femme dans une société dominée par les hommes. Son soutien des classes populaires dont elle est issue, dans une société très hiérarchisée. Son courage face à la maladie et à la mort. Et non des moindres, son apparence physique. Mais il est aussi impossible de ne pas être dégoûté par de nombreux comportements péronistes dont elle était le symbole assumé : la torture, la corruption, la tromperie et la mauvaise gestion d’un pays riche. »
On espère pour la formidable équipe que ce spectacle tournera beaucoup et partout! Like a Rainbow tour?
Deashelle - Arts et Lettres - 25 juillet 2016
Deashelle - Arts et Lettres - 25 juillet 2016
Deborah De Ridder est impressionnante dans le rôle d’Eva, grâce à un vrai charisme et à un jeu incarné. Enfin, citons le talentueux Steven Colombeen qui nous offre un personnage du Che très convaincant: à la fois ironique vis à vis d’Evita et triste pour le destin de l’Argentine. On sent un grand travail de direction d’acteurs dans cette mise en scène réussie de Daniel Hanssens et Jack Cooper, assistés de Simon Paco.
La sonorisation est parfaite… Certaines salles parisiennes ont manifestement encore beaucoup de progrès à faire dans le domaine.
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Cette production d’Evita est d’une très grande qualité
Chaque année, c’est près d’une trentaine de pièces qui sont jouées au cours de ce festival. Au programme: théâtre, magie, humour et depuis deux ans: comédie musicale. Après La Mélodie du Bonheur en 2015, c’est Evita que le festival nous propose pour sa 18ème édition. Il s’agit de la première création mondiale du spectacle en français.
Après avoir rencontré le succès avec leur comédie musicale Jésus Christ Superstar, le duo composé du parolier Tim Rice (La Belle et la Bête, Le Roi Lion, Aladdin) et du compositeur Andrew Lloyd Webber (Cats, Le Fantôme de l’Opéra, Sunset Boulevard) se reforme une dernière fois pour travailler sur Evita, un musical biographique sur Eva Perón.
Eva Perón fut première dame d’Argentine et une femme politique reconnue notamment pour son combat pour les droits sociaux et en faveur de l’égalité hommes-femmes. Le projet artistique Evita a commencé par la sortie d’un album en 1976. En 1978, le spectacle lève le rideau dans le West-end de Londres pour 10 ans de représentations. Le musical a ensuite été transféré à Broadway en 1979 et adapté en film en 1996 avec Madonna et Antonio Banderas dans les rôles titres.
Jouée en extérieur jusqu’au 27 août 2016, la production d’Evita proposée par le Festival Bruxellons! est d’une très grande qualité. Un détail qui n’en est pas un: la sonorisation est parfaite, malgré l’environnement a priori hostile. Certaines salles parisiennes ont manifestement encore beaucoup de progrès à faire dans le domaine. Soulignons également la présence d’un orchestre live, un élément toujours appréciable et qui montre le grand soin apporté à cette production.
Sur scène, une vingtaine d’artiste nous tient en haleine tout au long de cette tragédie musicale. On retrouve avec plaisir Philippe d’Avilla (Roméo et Juliette, Miss Carpenter, Gutenberg! le musical) dans le rôle de Juan Peròn. Deborah De Ridder est impressionnante dans le rôle d’Eva, grâce à un vrai charisme et à un jeu incarné.
Enfin, citons le talentueux Steven Colombeen qui nous offre un personnage du Che très convaincant: à la fois ironique vis à vis d’Evita et triste pour le destin de l’Argentine. On sent un grand travail de direction d’acteurs dans cette mise en scène réussie de Daniel Hanssens et Jack Cooper, assistés de Simon Paco. Le décor est fonctionnel et parfaitement exploité par la mise en scène.
L’ambiance dans la cour du Château du Karreveld est très chaleureuse, parfaite pour boire un verre ou grignoter un morceau avant la représentation. J’ai appris par la suite qu’une grande partie de l’équipe organisatrice et administrative était bénévole et donc passionnée par le projet. Cela se ressent dès l’entrée du château et jusqu’à la fin de la soirée.
CET EVITA EST UN SPECTACLE DE HAUT NIVEAU ET UNE EXCELLENTE EXCUSE POUR DECOUVRIR BRUXELLES !
Tony Comédie - Paris
Tony Comédie - Paris
Ne boudons pas notre plaisir, cette création mondiale en français est tout à fait à la hauteur des attentes…
Debora De Ridder, star des plateaux musicaux en Flandre incarne une Evita très convaincante. Tour à tour, envoûtante et rongée d'ambition, charmeuse et avide de pouvoir, elle donne vie à Eva Duarte, la putain devenue la Madone du peuple argentin après son mariage avec Juan Peron. Sa voix est à la hauteur du personnage (…). A ses côtés Steven Colombeen joue les trublions. Son personnage du Che est le contre-pied du peuple argentin, celui qui refuse la pensée unique et qui montre les travers de la "Madone" Evita. Philippe d'Avilla (Juan Peron) et Antonio Interlandi (Magaldi, le premier amant de Eva Duarte), tiennent la rampe. On retiendra encore la très belle voix de la jeune Maud Hanssens (la jeune maîtresse de Peron évincée par Evita), dont la seule chanson est un ravissement aérien.
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"Evita", une ambitieuse création mondiale en français
Confortés par le succès de "La Mélodie du Bonheur" l'an dernier, les trois compères du festival Bruxellons remettent le couvert avec davantage d'ambition. Daniel Hanssens, Jack Cooper et Olivier Moerens, tous les trois amoureux du "musical" à l'anglo-saxonne, placent la barre un peu plus haut avec une création mondiale en français, pour le succès planétaire "Evita", créé par Andrew Lloyd Weber et Tim Rice. Excusez du peu.
"Notre pari de l'an dernier était réussi. On essaye de le transformer cette année pour faire connaître davantage les comédies musicales à l'anglaise à un public francophone, comme elles le sont en Flandres", signale Daniel Hanssens.
Après la "Mélodie du Bonheur", "Evita" marque un grand écart pour les producteurs. Une trentaine de chanteurs-danseurs, onze musiciens, des décors imposants et surtout des tableaux qui se succèdent sans transitions jouées mais uniquement chantées. "Cela peut sembler plus difficile pour le public francophone, mais c'est une autre façon de raconter une histoire", précise Hanssens. Et de fait, passé un temps d'adaptation, les chansons et les passages de transition se succèdent avec fluidité.
L'expérience acquise dans "La Mélodie..." a permis au trio d'obtenir les droits pour cette première adaptation. Et ce n'était pas une mince affaire. Question de musicalité des langues. Olivier Moerens a travaillé sur la traduction-adaptation du texte de Tim Rice pour que Julie Delbart remette ce texte sur la musique d'Andrew Lloyd Weber, en trouvant les bons accents et le bon rythme.
Pas moins de 29 chanteurs et danseurs animent le gigantesque plateau sur une mise en scène conjointe de Daniel Hanssens et Jack Cooper et des chorégraphies de Joëlle Morane.
Les cinq chanteurs principaux sont sortis d'un casting pointu. Debora De Ridder, star des plateaux musicaux en Flandre mais à peu près inconnue en Francophonie, incarne une Evita très convaincante. Tour à tour, envoûtante et rongée d'ambition, charmeuse et avide de pouvoir, elle donne vie à Eva Duarte, la putain devenue la Madone du peuple argentin après son mariage avec Juan Peron. Sa voix est à la hauteur du personnage, juste un peu grave peut-être pour donner les frissons que l'on attend dans LE tube de la comédie: "Ne pleure pas pour moi Argentine (Don't cry for me, Argentina)". A ses côtés Steven Colombeen joue les trublions. Son personnage du Che (même si Evita et Guevara ne se sont jamais rencontrés) est le contre-pied du peuple argentin, celui qui refuse la pensée unique et qui montre les travers de la "Madone" Evita.
De très bonne tenue, ces deux chanteurs ne peuvent masquer une nette pointe d'accent néerlandophone. Sans doute regrettable pour une création mondiale en français et malgré une sélection parmi plus de 500 candidats. Mais c'est le résultat d'un manque de formation francophone spécifique à ce type d'exercice constate la production...
Philippe d'Avilla (Juan Peron) et Antonio Interlandi (Magaldi, le premier amant de Eva Duarte), tiennent la rampe. On retiendra encore la très belle voix de la jeune Maud Hanssens (la jeune maîtresse de Peron évincée par Evita), dont la seule chanson est un ravissement aérien.
Ne boudons pas notre plaisir, cette création mondiale en français est tout à fait à la hauteur des attentes surtout lorsqu'on sait que les budgets de la production du festival Bruxellons se passent de tout subside public.
Laurent Fabri - L'Echo - 23 juillet 2016
Laurent Fabri - L'Echo - 23 juillet 2016
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