Rebecca
de Michael Kunze et Sylvester Levay
Un musical romantique, captivant et plein de suspense
En vacances à Monte-Carlo, Maxim de Winter, un riche veuf, rencontre une jeune femme, «Je», qui travaille comme dame de compagnie d'une exhubérante américaine. Elle et Max tombent amoureux, se marient et après leur lune de miel romantique à Venise, retournent à Manderley, la grande propriété de campagne de Max en Cornouailles. Max est toujours troublé par la mort de sa première femme, Rebecca, dans un accident de bateau l’année précédente. «Je», la seconde Mme de Winter, se heurte à la gouvernante, Mme Danvers, et découvre que Rebecca a toujours une étrange emprise sur tout le monde à Manderley. L’histoire d’amour à Manderley se transforme progressivement en un thriller captivant.
© Photo: Grégory Navarra - Toutes les photos du spectacles en bas de page
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Critique - Le Festival Bruxellons ! présente sa nouvelle comédie musicale en français, "Rebecca" de Michael Kunze et Sylvester Levay. Un spectacle époustouflant en plein air, avec 21 artistes sur scène et 18 musiciens en live. (…)
Pendant près de 2h30, ils jouent, chantent et dansent au fil d'une trentaine de tableaux époustouflants. Solos, duos, trios, ensembles… tout est réglé au cordeau : chaque changement de décor, de costumes (magnifiques!, notamment dans la scène du bal masqué), d'accessoires, d'éclairages… se fait en totale fluidité, emmenant le public au cœur de l'intrigue, d'un salon à une chambre, d'une plage à un prétoire… (...) On est ainsi subjugué par le timbre cristallin de Laura Tardino, la voix puissante de Liesbeth Roose, l'élégance vocale de Jeremy Petit, la fantaisie de Marie-Aline Thomassin ou encore l'espièglerie de Nathan Desnyder, qui joue Jack Favell, le cousin de Rebecca, pour ne citer qu'eux. Du grand art !"
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Un thriller musical exceptionnel
Le Festival Bruxellons ! présente sa nouvelle comédie musicale en français, "Rebecca" de Michael Kunze et Sylvester Levay. Un spectacle époustouflant en plein air, avec 21 artistes sur scène et 18 musiciens en live. Au Château du Karreveld jusqu'au 4 septembre.
D'année en année, aucun spectacle ne se ressemble, mais tous sont extraordinaires. Depuis 2015, le Festival Bruxellons ! présente, chaque été, dans le cadre enchanteur du Château du Karreveld (Molenbeek), une comédie musicale créée entièrement en français. Evita, Sunset Boulevard, My Fair Lady, Blood Brothers, Elisabeth, West Side Story, Come from Away… Que ces musicals soient des tubes ou des titres plus confidentiels, tous se sont révélés exceptionnels en termes de jeu, chant, danse, mise en scène, musique, lumières, décors et costumes. Un travail de qualité qui a d'ailleurs été salué par la profession puisque le Festival Bruxellons ! a reçu en 2022 le Trophée d'honneur de la comédie musicale à Paris.
La cuvée 2025 s'avère tout aussi remarquable. Après le succès d'Elisabeth en 2022, les deux auteurs, Michael Kunze et Sylvester Levay, ont accepté de céder les droits à Bruxellons ! pour que puisse être monté un autre de leurs titres phares : Rebecca, d'après le roman de Daphné du Maurier, lequel fut immortalisé au cinéma par Alfred Hitchcock en 1940.
Un décor somptueux
1926. Une jeune femme sans nom et sans famille, dénommée "Je" (Laura Tardino), est la demoiselle de compagnie d'une riche Américaine, Mrs Van Hopper (Marie-Aline Thomassin). En villégiature à Monte-Carlo, elles logent dans un hôtel de luxe. Elles y croisent Maxim de Winter (Jeremy Petit, qu'on a déjà pu voir dans Blood Brothers), un charmant Britannique nanti, dont l'épouse, Rebecca, est morte en mer un an plus tôt. Entre la douce "Je" et le ténébreux Maxim, le coup de foudre est immédiat. Il la demande en mariage et l'emmène dans sa propriété de Manderley. Le personnel de maison est accueillant, mais tous méprisent la jeune mariée, qui "n'est pas une 'lady', une femme du monde". En particulier, la gouvernante et amie de feu Rebecca, la diabolique Mrs Danvers (Liesbeth Roose), qui, pour garder intacte la mémoire de la première Mrs de Winter, est prête à tout.
Dans un décor somptueux (que l'on doit à Sylvianne Besson), aux parois en relief rouge sang et noires, bordées de deux escaliers à cour et jardin, se déploie ainsi un thriller psychologique palpitant. Deux portes, aux embrasures de biais, symbolisent, discrètement mais habilement, que tout ne se passe pas dans le meilleur des mondes à Manderley : l'ombre de Rebecca, dont le portrait trône en haut de l'escalier principal, plane toujours sur le manoir. D'abord réservée et intimidée,"Je" va, peu à peu, tenter de comprendre pourquoi son époux est si mal dans sa peau, torturé. Elle va s'affirmer, se faire respecter et percer le mystère de la disparition de Rebecca : est-elle morte noyée ou a-t-elle été assassinée ?
La voix puissante de Liesbeth Roose
Mis en scène par Jack Cooper, co-producteur de Bruxellons !, et Marina Pangos, comédienne et chanteuse (qui tenait, entre autres, le rôle-titre dans My Fair Lady), les 21 interprètes de Rebecca sont accompagnés par un orchestre live de 18 musiciens, sous la direction de Laure Campion. Pendant près de 2h30, ils jouent, chantent et dansent au fil d'une trentaine de tableaux époustouflants. Solos, duos, trios, ensembles… tout est réglé au cordeau : chaque changement de décor, de costumes (magnifiques !, notamment dans la scène du bal masqué), d'accessoires, d'éclairages… se fait en totale fluidité, emmenant le public au cœur de l'intrigue, d'un salon à une chambre, d'une plage à un prétoire…
Si le jeu est, bien évidemment, essentiel, il se double d'une exigence supplémentaire, propre au style de la comédie musicale : chaque interprète doit aussi faire montre de talent en chant, car les parties chantées font progresser l'histoire tout autant que les dialogues. On est ainsi subjugué par le timbre cristallin de Laura Tardino, la voix puissante de Liesbeth Roose, l'élégance vocale de Jeremy Petit, la fantaisie de Marie-Aline Thomassin ou encore l'espièglerie de Nathan Desnyder, qui joue Jack Favell, le cousin de Rebecca, pour ne citer qu'eux. Du grand art !
La Libre - Stéphanie Bocart - 2025 07 15
La Libre - Stéphanie Bocart - 2025 07 15

Critique - La mise en scène du spectacle signée Jack Cooper et Marina Pangos est somptueuse et immersive, avec des décors et des costumes qui évoquent l’atmosphère mystérieuse et romantique du roman.
La scène finale impressionnante de maîtrise vous laissera réellement bouche bée. Quand aux comédiens, ils apportent une profondeur et une complexité aux personnages, rendant l’histoire encore plus captivante.
Mention spéciale à Laura Tardino qui au final campe une héroïne convaincante, pas simple de faire oublier la performance magistrale de Joan Fontaine à l’écran, à Jeremy Petit, excellent en Maxim De Winter, à Liesbeth Roose impressionnante Mrs Danvers à la voix exceptionnelle et à Nathan Desnyder , en Jack Favell détestable et cynique.
Mais ne vous y trompez pas, ils sont une vingtaine sur scène et tout le casting est brillant !
Rebecca est un spectacle qui vous tiendra en haleine jusqu’à la fin. Avec son histoire complexe, ses thèmes profonds, sa mise en scène remarquable et sa scénographie somptueuse, c’est un must pour tous les amateurs de musique, de théâtre et de littérature.
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Un spectacle musical magistral - Un joyau !
Rebecca : Un spectacle musical magistral de romance et de mystère dans le cadre superbe du Château du Karreveld !
Cette année le Festival Bruxellons ! a mis les petits plats dans les grands et nous propose un nouveau musical Rebecca, le célèbre roman de Daphné du Maurier, qui a été adapté en un spectacle captivant qui a conquis le cœur des spectateurs du monde entier. Cette histoire de mystère, de romance et de suspense continue de fasciner les audiences avec sa complexité et sa profondeur émotionnelle.
Le spectacle raconte l’histoire d’une jeune femme qui épouse Maxim de Winter, un veuf mystérieux et charismatique. Lorsqu’elle découvre l’existence de Rebecca, la première épouse de Maxim, elle se retrouve plongée dans un monde de secrets et de mensonges. La jeune femme commence alors à se demander si elle pourra jamais remplacer Rebecca dans le cœur de Maxim et si elle parviendra à surmonter les obstacles qui se dressent devant elle.
Cette légendaire comédie musicale a été un gros succès international et a déjà captivé plus de 2,9 millions de spectateurs à travers le monde depuis sa création mondiale au Raimund Théater de Vienne, et a déjà été jouée dans 14 pays et traduite dans 11 langues.
Véritable pépite cette adaptation de Stéphane Laporte créée pour la toute première fois en français ce soir au Festival Bruxellons ! est une totale réussite qui emporte le public dans un univers gothique et mystérieux durant plus de deux heures.
Ses atouts ? Une histoire bien écrite, une héroïne sans prénom à laquelle chacun peut s’identifier, une antagoniste invisible du nom de Rebecca et le personnage gothique et terrifiant de Mrs Danvers. Le tout entouré d’un mystère et se déroulant dans un manoir hanté par la mémoire. On passe petit à petit de la romance au thriller.
Sous la direction musicale de Laure Campion, la partition de Sylvester Levay sur des paroles de Michael Kunze est interprétée par l’orchestre en direct mais en intérieur et non visible par le public, afin de se prémunir d’une averse éventuelle. Ce qui complique un peu les choses pour les dix huit musiciens de l’orchestre, mais au final l’osmose avec la vingtaine de chanteurs et chanteuses qui occupent la scène est parfaite.
Lorsqu’on assiste à un tel spectacle on ne peut s’empêcher de repenser au roman bien sûr pour ceux qui l’ont lu, mais bien évidemment aussi au film d’Alfred Hitchcock avec Joan Fontaine et Laurence Olivier, chef d’oeuvre absolu à voir et à revoir. Le film déjà par son déroulement dramatique et ses émotions contenues ressemblait déjà presque à un opéra, il ne restait plus qu’à y ajouter de la musique.
L’histoire de Rebecca montre comment l’amour peut devenir une obsession, et comment la possession peut détruire les relations. Je, la jeune femme doit naviguer dans un monde inconnu et trouver son propre chemin pour découvrir qui elle est vraiment. Le spectacle met en lumière les conséquences des secrets et des mensonges, et comment ils peuvent détruire les relations et les vies.
La mise en scène du spectacle signée Jack Cooper et Marina Pangos est somptueuse et immersive, avec des décors et des costumes qui évoquent l’atmosphère mystérieuse et romantique du roman.
La scène finale impressionnante de maîtrise vous laissera réellement bouche bée. Quand aux comédiens, ils apportent une profondeur et une complexité aux personnages, rendant l’histoire encore plus captivante.
Mention spéciale à Laura Tardino qui au final campe une héroïne convaincante, pas simple de faire oublier la performance magistrale de Joan Fontaine à l’écran, à Jeremy Petit, excellent en Maxim De Winter, à Liesbeth Roose impressionnante Mrs Danvers à la voix exceptionnelle et à Nathan Desnyder , en Jack Favell détestable et cynique.
Marie-Aline Thomassin nous fait aussi un très beau numéro avec son personnage haut en couleur de Mrs Van Hopper, fort apprécié du public.
Mais ne vous y trompez pas, ils sont une vingtaine sur scène et tout le casting est brillant !
Il faut également souligner la très bonne sonorisation du spectacle, ce qui n’est jamais simple en plein air et l’excellente performance des artistes dont les dialogues et performances vocales sont très compréhensibles par le public. Chapeau aux ingénieurs du son.
Rebecca est un spectacle qui vous tiendra en haleine jusqu’à la fin. Avec son histoire complexe, ses thèmes profonds, sa mise en scène remarquable et sa scénographie somptueuse, c’est un must pour tous les amateurs de musique, de théâtre et de littérature.
La première du 12 juillet s’est clôturée par une longue standing ovation par un public totalement conquis. C’est tout dire!
Ne manquez pas l’occasion de découvrir ce spectacle inoubliable qui se joue jusqu’au 30 aout pour 22 représentations au Château du Karreveld, pas une de plus, car après le spectacle partira en tournée.
Un joyau !
Branches Culture - Jean-Pierre Vanderlinden - 2025 07 15
Branches Culture - Jean-Pierre Vanderlinden - 2025 07 15

Critique - Michael Kunze et Sylvester Levay, les maîtres du musical germanique, reviennent à Bruxelles avec Rebecca. Les créateurs d’Elisabeth et Mozart! ont aussi signé cette pépite glaçante, enfin jouée pour la première fois en Belgique sous le prestigieux label du Festival Bruxellons!. Une excellente raison de faire un détour par le Karreveld !
Jeremy Petit forme un duo magique avec Laura Tardino (dans le rôle de « Moi »). Leur harmonie vocale est saisissante. Marie-Aline Thomassin campe une formidable Mrs. Van Hopper, véritable caricature de nouveau riche. Raphaëlle Arnaud (Bee) et Mathias Fleurackers (Ben) apportent chacun un contrepoint juste et sensible à l’intrigue, tant sur le plan vocal que dramatique. Dans le rôle de Jack Favell, Nathan Desnyder incarne son personnage jusqu’au bout des ongles. Délicieusement antipathique, mais pourtant fascinant.
Mais la star incontestée de la soirée, c’est Liesbeth Roose. Elle campe une Mrs. Danvers absolument magistrale, une « garce » d’anthologie. Animée d’une foi presque mystique dans le retour de Rebecca, elle exprime son mépris pour « Je » au moindre mouvement. Avec une expressivité sidérante, elle peut dire une phrase entière d’un simple regard. Vocalement, elle allie toutes les nuances nécessaires à une puissance saisissante quand il le faut. À ce rythme-là, Manderley pourrait bien partir en fumée…
L’orchestre de 18 musiciens, sous la direction de Laure Campion, peut s’en donner à cœur joie avec cette musique au son ample. Et ils le font. Soutenus par un réglage sonore minutieusement affiné, on bénéficie ici en permanence d’une excellente expérience musicale, sans que l’intelligibilité en soit jamais compromise.
C’est le musical à son plus haut niveau.
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Le musical à son plus haut niveau
Michael Kunze et Sylvester Levay, les maîtres du musical germanique, reviennent à Bruxelles avec Rebecca. Les créateurs d’Elisabeth et Mozart! ont aussi signé cette pépite glaçante, enfin jouée pour la première fois en Belgique sous le prestigieux label du Festival Bruxellons! Une excellente raison de faire un détour par le Karreveld !
MANDERLEY A MOLENBEEK
Rebecca nous plonge dans l’histoire de « Moi », une jeune femme modeste engagée comme dame de compagnie de la riche Américaine Mrs. Van Hopper. En vacances à Monte Carlo, elles rencontrent Maxim De Winter, un veuf fortuné. Son épouse, Rebecca, s’est noyée dans des circonstances troubles après une sortie nocturne en bateau. Entre Maxim et « Moi », une idylle naît rapidement, et il l’emmène vivre à Manderley, son domaine. Là-bas, elle est accueillie froidement par la gouvernante, Mrs. Danvers, encore dévouée à Rebecca et convaincue de son retour. Mrs. Danvers va tout faire pour chasser la nouvelle venue…
Le livret de Rebecca est relativement simple, avec une trame de thriller qui tourne rapidement autour d’une seule question : que s’est-il réellement passé avec Rebecca ? Michael Kunze a passé deux ans à écrire le livret, qui aurait peut-être gagné à semer davantage de petits indices ou énigmes. Sylvester Levay a pris à son tour deux ans pour composer la partition, aboutissant à une œuvre profondément germanique, dans la veine de Elisabeth, Mozart! ou Tanz der Vampire. Deux grands leitmotivs traversent la partition, donnant aux personnages une identité musicale très reconnaissable.
Pour rendre justice à cette œuvre, il faut une distribution solide comme le roc. Jeremy Petit incarne Maxim De Winter, un personnage d’abord fermé, rigide, peu attachant, mais qui se dévoile avec émotion vers la fin – moment où Jeremy peut pleinement montrer l’étendue de son talent. Vocalement irréprochable, il forme un duo magique avec Laura Tardino (dans le rôle de « Moi »). Leur harmonie vocale est saisissante. Laura incarne avec finesse l’évolution de son personnage, de jeune femme naïve à véritable Lady.
Marie-Aline Thomassin campe une formidable Mrs. Van Hopper, véritable caricature de nouveau riche, sans gêne pour elle-même mais toujours prompte à juger les autres. Son I’m an American Woman est un pur moment de théâtre – on lui pardonne sans mal quelques notes moins stables tant l’interprétation est réjouissante.
Damien Locqueneux campe un excellent Frank Crawley, intègre et loyal envers Maxim. Raphaëlle Arnaud (Bee) et Mathias Fleurackers (Ben) apportent chacun un contrepoint juste et sensible à l’intrigue, tant sur le plan vocal que dramatique. Laurent Kiefer (Colonel Julyan) a le plus petit rôle, mais il brille aussi dans les parties d’ensemble où son engagement et son talent sont indéniables. Et quel ensemble ! Le chœur est véritablement l’épine dorsale du spectacle : il assure transitions, effets visuels et cohérence dramatique avec brio.
Dans le rôle de Jack Favell, Nathan Desnyder se distingue par son naturel et son aisance. Il incarne son personnage jusqu’au bout des ongles. Délicieusement antipathique, mais pourtant fascinant.
Mais la star incontestée de la soirée, c’est Liesbeth Roose. Elle campe une Mrs. Danvers absolument magistrale, une « garce » d’anthologie. Animée d’une foi presque mystique dans le retour de Rebecca, elle exprime son mépris pour « Je » au moindre mouvement. Avec une expressivité sidérante, elle peut dire une phrase entière d’un simple regard. Vocalement, elle allie toutes les nuances nécessaires à une puissance saisissante quand il le faut. À ce rythme-là, Manderley pourrait bien partir en fumée…
La mise en scène est signée Jack Cooper et Marina Pangos (qu’on a déjà applaudie ici dans le rôle d’Eliza Doolittle dans My Fair Lady et dans celui d’Anita dans West Side Story). La cour intérieure du Karreveld représente à chaque fois un défi colossal pour la mise en scène. Les possibilités de changement de décor y sont très limitées : il faut non seulement guider les comédiens avec précision, mais aussi imaginer des solutions ingénieuses pour éviter l’effet « stop & go » lors des entrées et sorties d’accessoires.
Ici, il est évident qu’un travail énorme a été accompli sur les transitions scéniques. L’ensemble assure ces changements avec une telle fluidité et un tel sens du timing qu’il n’y a jamais de temps mort. Et ce même ensemble excelle aussi bien dans le jeu que dans le chant : il est la véritable colonne vertébrale de toute la production.
Le décor ne change donc pratiquement pas. Mais il comporte suffisamment de portes, d’escaliers et de rampes pour créer différents lieux, soutenu par le bel éclairage de Laurent Kaye. Les costumes correspondent bien à l’époque et ne sont pas loin des images connues de Rebecca.
L’orchestre de 18 musiciens, sous la direction de Laure Campion, peut s’en donner à cœur joie avec cette musique au son ample. Et ils le font. Soutenus par un réglage sonore minutieusement affiné, on bénéficie ici en permanence d’une excellente expérience musicale, sans que l’intelligibilité en soit jamais compromise.
Avec ce Rebecca, Bruxellons! montre une fois de plus que la qualité est leur objectif principal.
Malgré les contraintes d’un théâtre en plein air, ils parviennent à chaque fois à élever un peu plus la barre.
Petit à petit, les grandes maisons de musical comprennent qu’elles peuvent laisser leurs « petits » passer l’été à Bruxelles en toute confiance.
Allez voir ça, c’est joué en français, mais il y a des sous-titres (sur le côté droit de la scène).
C’est le musical à son plus haut niveau.
Patrick Defort - Musical Vibes - 2025 07 17
Patrick Defort - Musical Vibes - 2025 07 17
Critique - La mise en scène représente un triomphe d’imagination: les co-metteurs en scène Jack Cooper et Marina Pangos créent des transitions fluides entre l’élégance ensoleillée de Monte-Carlo et l’austérité gothique de Manderley, aidées par la chorégraphie énergique de Kylian Campbell et la direction musicale habile d’un orchestre de 18 musiciens de Laure Campion, qui capture à la fois la tension et le lyrisme de la partition de Levay.
La distribution de 21 artistes se montre à la hauteur de l’occasion. La Mrs. de Winter de Laura Tardino transmet à la fois fragilité et détermination. Face à elle, Jérémy Petit apporte à Maxim un charisme inquiétant, marqué par des éclairs de conflit intérieur. Liesbeth Roose prouve la présence la plus formidable de la soirée, sa Mme Danvers effrayante à la fois par son équilibre et sa puissance vocale, avec son interprétation époustouflante de la chanson titre.
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Triomphe visuel et émotionnel. Mieux que Londres!
At Brussels’ enchanting Château du Karreveld, Festival Bruxellons! delivers a climatic French-language premiere of Rebecca, a romantic thriller musical that easily surpasses the English-language London production with its breathtaking spectacle, including the audacious use of real fire on stage, absent at the Charring Cross Theatre (2023). Originating in Austria at Vienna’s Raimund Theater, where it captivated over 850,000 spectators from 2006-2008 and 2022-2024, this global phenomenon—seen by 2.8 million across 14 countries—finds a thrilling home in Belgium’s open-air setting through early September 2025. Adapting Daphne Du Maurier’s gothic novel, famously immortalized by Alfred Hitchcock’s Oscar-winning film, this production is a visual and emotional triumph.
The story traces the journey of an unnamed timid young woman (later referred to only as Mrs. de Winter) who falls for widower Maxim de Winter in Monte Carlo, only to find at his Manderley estate that the spectral presence of his first wife Rebecca endures through the obsessive devotion of the housekeeper Mrs. Danvers, creating a world where love, jealousy, and psychological torment collide. Michael Kunze’s libretto and lyrics, paired with Sylvester Levay’s score—both veterans of Elisabeth and Mozart!—offer stirring highlights such as “Rebecca” and “The Power of a Woman in Love,” though some other numbers lacking a strong melodic line feel like spoken dialogue set to music. Stéphane Delaporte’s French translation, however, lends the text a welcome clarity and depth, sharpening the contours of the drama.
The cast of 21 rises impressively to the occasion. Laura Tardino’s Mrs. de Winter conveys both fragility and resolve, her crystalline soprano shaped at the Conserveratoire Nationale de Créteil and Lyceum. Opposite her, Jeremy Petit, back at Bruxellons! where he played Edward in Blood Brothers after Mama Mia! at Mogador, brings a brooding charisma to Maxim, marked by flashes of inner conflict. Liesbeth Roose proves the evening’s most formidable presence, her Mrs. Danvers chilling in both poise and vocal power, with her showstopping rendition of the title song. Nathan Desnyder (nominated for his portrayal of the Puss in Boots and soon to be seen in Treasure Island this winter at Bruxellons!) injects sardonic wit into Jack Favell, while Marie-Aline Thomassin, relishing her turn as the domineering Mrs. Van Hopper, provides a comic counterbalance that keeps the story from sinking into gloom.
The staging itself represents a triumph of imagination and execution, as co-directors Jack Cooper and Marina Pangos, for the first time behind the scene at Bruxellons after playing the lead in My Fair Lady at Burxellons! and in The Sound of Music on tour, create fluid transitions between Monte Carlo’s sunlit elegance and the gothic austerity of Manderley, aided by Kylian Campbell’s energized choreography (Elisabeth) and Laure Campion’s deft musical direction of an 18-piece orchestra, which captures both the tension and lyricism of Levay’s score. The design elements cohere beautifully: Sylvianne Besson’s adaptable set conjures multiple environments with striking efficiency; Béatrice Guilleaume’s costumes are rich in period detail; Laurent Kaye’s lighting bathes the stage in moods ranging from spectral unease to infernal blaze; and the sound design ensures that the drama reverberates with clarity and impact.
For the second time around, after Elisabeth three seasons ago, Bruxellons! undeniably succeeds in breathing new life into a somewhat austere Viennese production, delivering a musical Rebecca that is both gripping and meticulously crafted. For those seeking a summer evening of theatre that lingers in the imagination long after the final flames have died down, don’t miss a trip to Brussels to see it before the end of the month. If not, another brilliant but smaller case musical is to follow until September 23rd, Good Bye Norma Jean, reimagining the last days of the icon Marilyn Monroe, also adapted by Stéphane Delaporte from the book and lyrics by Allard Blom with original music by Sam Verhoeven.
Patrick Honoré - BroadwayWorld - 2025 08 26
Patrick Honoré - BroadwayWorld - 2025 08 26

Critique - L’œuvre de Michael Kunze (livret et paroles) et Sylvester Levay (musique), déjà montée à plusieurs reprises à l’international, est ici portée à la scène avec une telle maîtrise qu’elle envoûte instantanément le public.
La mise en scène, signée Marina Pangos et Jack Cooper, est d’une redoutable précision dramatique.
La scénographie de Sylvianne Besson est à part entière une œuvre d’art.
Le travail de lumière de Laurent Kaye est d’une finesse rare.
Les comédiens et comédiennes livrent des performances de très haut niveau. Laura Tardino campe une narratrice sans nom d’une grande intensité: sa fragilité, ses élans, sa lente affirmation de soi sont justes et touchants. Jeremy Petit incarne un Maxim de Winter tout en tensions internes, distant mais charismatique. Quant à Liesbeth Roose, elle est une Mrs Danvers absolument saisissante : effrayante dans ses gestes et expressions, portée par une voix puissante et une implacable froideur – elle est l’un des sommets du spectacle.
Avec Rebecca, Bruxellons! signe un coup de maître: une mise en scène cohérente, intelligente et puissamment musicale, fidèle à l’œuvre tout en lui apportant un éclairage neuf.
(Traduit de l'allemand)
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Chef-d’œuvre en plein air
Dans l’ombre du château du Karreveld, à Molenbeek-Saint-Jean, se déploie un thriller musical d’une intensité remarquable: Rebecca y a célébré sa première belge, et en même temps sa toute première en langue française, dans le cadre du Festival Bruxellons! – en plein air et avec une finesse artistique saisissante. L’œuvre de Michael Kunze (livret et paroles) et Sylvester Levay (musique), déjà montée à plusieurs reprises à l’international, est ici portée à la scène avec une telle maîtrise qu’elle envoûte instantanément le public.
La transformation linguistique mérite à elle seule le détour: la traduction française est signée Stéphane Laporte, qui évoquait récemment en interview le défi que représente l’adaptation de la poésie allemande en français – une langue plus longue, plus gourmande en syllabes et en mots, mais qui doit malgré tout respecter la mélodie et le rythme de l’original. Son astuce? Il a d’abord utilisé ChatGPT pour obtenir une ébauche des textes en français, qu’il a ensuite retravaillée à la main pour leur donner toute leur dimension poétique. Le résultat est convaincant: la langue coule de source, le rythme est juste, et l’émotion passe sans filtre.
La mise en scène, signée Marina Pangos et Jack Cooper, est d’une redoutable précision dramatique. Elle construit un arc narratif tendu et offre des personnages aux multiples facettes. Les conflits psychologiques, les silences, les sous-entendus, les souvenirs enfouis et les méfiances latentes sont rendus avec subtilité. Le rôle de l’orchestre – 18 musiciens sous la direction de Laure Campion – est ici capital: la partition de Sylvester Levay, qui oscille entre opulence post-romantique et suspense aux accents presque cinématographiques, est interprétée avec minutie et énergie. La musique donne aux personnages une aura troublante et renforce la tension dramatique, sans jamais verser dans le pathos.
La scénographie de Sylvianne Besson est à part entière une œuvre d’art. De monumentales parois en relief, rouges sang et noires, dominent la scène et créent une atmosphère oppressante où même la lumière du soleil semble pesante. Deux portes installées en biais rompent la symétrie et suggèrent subtilement le dérèglement de l’univers de Manderley, tandis qu’un gigantesque portrait de Rebecca, en lambeaux, suspendu au-dessus de l’escalier central, incarne son emprise fantomatique sur le présent. Le cœur du décor – une cour intérieure, un jardin, deux escaliers – permet des transitions fluides et accompagne la progression dramatique, depuis l’arrivée hésitante de la jeune héroïne jusqu’à la révélation du terrible secret. Ce décor agit comme un miroir psychologique et transforme le musical en un véritable thriller haletant.
Le travail de lumière de Laurent Kaye est d’une finesse rare: les jeux d’éclairage marquent les transitions, intensifient les tensions et renforcent chaque scène. La chorégraphie de Kylian Campbell reste discrète, jamais gratuite, parfaitement intégrée à l’ensemble.
Les costumes de Béatrice Guilleaume reflètent avec justesse l’époque et les personnages, sans chercher à s’imposer. Leur richesse de détail confère aux protagonistes une véritable authenticité et s’intègre pleinement à la vision esthétique de la mise en scène.
Les comédiens et comédiennes livrent des performances de très haut niveau. Laura Tardino campe une narratrice sans nom d’une grande intensité: sa fragilité, ses élans, sa lente affirmation de soi sont justes et touchants. Jeremy Petit incarne un Maxim de Winter tout en tensions internes, distant mais charismatique. Quant à Liesbeth Roose, elle est une Mrs Danvers absolument saisissante : effrayante dans ses gestes et expressions, portée par une voix puissante et une implacable froideur – elle est l’un des sommets du spectacle.
Nathan Desnyder, en Jack Favell cynique, séduit; Marie-Aline Thomassin, en Mrs Van Hopper excentrique et hilarante, apporte de délicieux moments comiques et devient l’une des chouchoutes du public. Damien Locqueneux, en Frank Crawley, dégage une rassurante bienveillance, tandis que Mathias Fleurackers offre à Ben une troublante humanité. Le tout est complété par un ensemble qui brille dans les tableaux collectifs.
Avec Rebecca, Bruxellons! signe un coup de maître: une mise en scène cohérente, intelligente et puissamment musicale, fidèle à l’œuvre tout en lui apportant un éclairage neuf.
Patricia Messmer - kulturfeder.be - 2025 07 21
Patricia Messmer - kulturfeder.be - 2025 07 21
Critique - Cette version déploie ici une force théâtrale saisissante qui vous prend aux tripes.
Laura Tardino livre une performance bouleversante. (…) Jérémy Petit incarne avec intensité un Maxim de Winter intérieurement déchiré. (…) Mais l’un des sommets de la soirée reste sans conteste Liesbeth Roose dans le rôle de Mrs Danvers. Sa performance hypnotique, d’une froide autorité et d’un dévouement obsessionnel, fait d’elle une antagoniste fascinante. Son solo « Rebecca » constitue un moment d’une intensité rare – à la fois somptueux, inquiétant et envoûtant.(…)
L’ensemble de la distribution est d’une qualité remarquable. En réalité, on devrait citer chaque membre de cet ensemble exceptionnel tant chaque rôle est interprété avec précision et engagement. C’est un privilège rare d’assister à une telle production dans un décor aussi enchanteur, portée par des interprètes aussi talentueux. (…)
Côté musique, le niveau est tout aussi élevé. L’orchestre de 18 musiciens accompagne l’action avec puissance et subtilité. La direction musicale maintient un parfait équilibre entre tension dramatique et émotion.
Cette version de Rebecca marie avec finesse la puissance musicale à une véritable profondeur psychologique. Elle explore la mémoire, la culpabilité, l’affirmation de soi – et la difficulté de s’extirper de l’ombre des autres.
Si vous êtes à Bruxelles cet été – ou si vous avez l’occasion de vous y rendre – ne passez pas à côté de ce moment de théâtre unique.
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Bruxellons! s’est surpassé cet été
Le Festival Bruxellons! s’est surpassé cet été avec la création impressionnante du musical Rebecca, à découvrir jusqu’à la fin du mois d’août dans le cadre majestueux du Château du Karreveld. Cette version scénique du roman mondialement célèbre de Daphné du Maurier, mise en musique par Sylvester Levay et portée par les paroles de Michael Kunze, déploie ici une force théâtrale saisissante qui vous prend aux tripes. La traduction française des chansons et des dialogues est signée Stéphane Laporte – le spectacle est intégralement joué en français.
Au cœur de l’histoire, une jeune femme sans nom (Laura Tardino), dame de compagnie de l’extravagante Mrs Van Hopper (Marie-Aline Thomassin), fait la rencontre du riche veuf Maxim de Winter (Jérémy Petit) qu’elle épouse sur un coup de tête. Mais une fois installée à Manderley, le somptueux domaine de son mari, le bonheur espéré se révèle bien vite illusoire. Le souvenir de Rebecca, la première épouse décédée de Maxim, plane tel une ombre menaçante sur la demeure – incarné avec un zèle fanatique par l’intendante Mrs Danvers (Liesbeth Roose), gardienne obsessionnelle du mythe.
Laura Tardino livre une performance bouleversante : elle insuffle à la narratrice une délicate vulnérabilité tout en rendant tangible son émancipation progressive au fil du récit. Sa transformation – d’une jeune femme effacée à une héroïne affirmée – constitue l’un des arcs émotionnels les plus puissants de la soirée.
Jérémy Petit incarne avec intensité un Maxim de Winter intérieurement déchiré. Sa présence scénique et sa voix expressive impressionnent, particulièrement dans les instants de silence, où il laisse transparaître toute la complexité de son personnage avec une grande justesse.
Mais l’un des sommets de la soirée reste sans conteste Liesbeth Roose dans le rôle de Mrs Danvers. Sa performance hypnotique, d’une froide autorité et d’un dévouement obsessionnel, fait d’elle une antagoniste fascinante. Son solo « Rebecca » constitue un moment d’une intensité rare – à la fois somptueux, inquiétant et envoûtant.
Nathan Desnyder campe avec brio un Jack Favell à la fois charmeur et sans scrupules. Son jeu nuancé et sa voix chaleureuse attirent irrésistiblement l’attention dès son entrée en scène.
Marie-Aline Thomassin, quant à elle, propose une Mrs Van Hopper délicieusement outrancière, haute en couleur, portée par une exubérance comique savamment dosée et une autodérision réjouissante.
L’ensemble de la distribution est d’une qualité remarquable. Damien Locqueneux brille vocalement en Frank Crawley, Raphaëlle Arnaud apporte une belle chaleur humaine à Béatrice, Mathias Fleurackers touche avec sincérité en Ben, ce marginal perturbé, et Laurent Kiefer prête au colonel Julyan une autorité mesurée et un sens du timing très fin.
En réalité, on devrait citer chaque membre de cet ensemble exceptionnel tant chaque rôle est interprété avec précision et engagement. C’est un privilège rare d’assister à une telle production dans un décor aussi enchanteur, portée par des interprètes aussi talentueux.
La scénographie est une réussite en soi: des accessoires changeants recréent avec fluidité les différents lieux, des ambiances lumineuses travaillées et un concept scénique ingénieux donnent vie à Manderley – à la fois mystérieuse, majestueuse et parfois inquiétante. Certains effets visuels saisissent : un incendie soudain, des rideaux qui volent, des jeux d’espace et de perspective… La mise en scène ose de grandes images sans jamais s’y perdre – un équilibre rare entre technique, dramaturgie et direction artistique.
Côté musique, le niveau est tout aussi élevé. L’orchestre de 18 musiciens accompagne l’action avec puissance et subtilité. La direction musicale maintient un parfait équilibre entre tension dramatique et émotion. Les compositions de Levay offrent des mélodies marquantes, dont certaines resteront longtemps dans l’oreille des spectateurs, les entraînant à travers les sommets et les abîmes du récit.
Cette version de Rebecca marie avec finesse la puissance musicale à une véritable profondeur psychologique. Elle explore la mémoire, la culpabilité, l’affirmation de soi – et la difficulté de s’extirper de l’ombre des autres.
Si vous êtes à Bruxelles cet été – ou si vous avez l’occasion de vous y rendre – ne passez pas à côté de ce moment de théâtre unique.
Time4Theatre - 2025 07 12 (traduit de l'allemand)
Time4Theatre - 2025 07 12 (traduit de l'allemand)
Critique - Véritable coup de maître, cette création mondiale en français, est portée par un collectif de 21 artistes hors du commun. 𝗟’𝗼𝗿𝗰𝗵𝗲𝘀𝘁𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗺𝗮𝗴𝗶𝘀𝘁𝗿𝗮𝗹𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗱𝗶𝗿𝗶𝗴𝗲́𝗲 𝗽𝗮𝗿 𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲 𝗖𝗮𝗺𝗽𝗶𝗼𝗻 et fait vibrer le décor. Comme le souffle puissant de la mer qui bat les récifs du domaine maudit. De la beauté scénique en mouvement qui résonne avec la puissance d’un chœur d’opéra. Et quels costumes! Ils sont signés 𝗕𝗲́𝗮𝘁𝗿𝗶𝗰𝗲 𝗚𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝗮𝘂𝗺𝗲. Les jeux de lumière de Laurent Kaye dissèquent l’action comme un entomologiste, toujours en phase avec cette 𝗰𝗵𝗼𝗿𝗲́𝗴𝗿𝗮𝗽𝗵𝗶𝗲 𝗼𝗯𝘀𝗲𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗲𝘁 𝘀𝘂𝗯𝗹𝗶𝗺𝗲 𝗱𝗲 𝗞𝘆𝗹𝗶𝗮𝗻 𝗖𝗮𝗺𝗽𝗯𝗲𝗹𝗹. Jeremy Petit donne à l’âme tourmentée de Maxim de Winter des contours de vase brisé. Laura Tardino, en tenues fluides pastel, incarne l’héroïne sans prénom avec une justesse émouvante. C’est l’illustre plante vénéneuse qui fascine: 𝗟𝗶𝗲𝘀𝗯𝗲𝘁𝗵 𝗥𝗼𝗼𝘀𝗲, 𝗲𝗻 𝗠𝗿𝘀 𝗗𝗮𝗻𝘃𝗲𝗿𝘀. 𝗔̀ 𝗰𝗵𝗮𝗰𝘂𝗻𝗲 𝗱𝗲 𝘀𝗲𝘀 𝗮𝗽𝗽𝗮𝗿𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀, 𝗹𝗲 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝘀𝗲 𝗳𝗶𝗴𝗲, 𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗼𝘀 𝘀𝗲 𝗰𝗼𝘂𝗿𝗯𝗲𝗻𝘁.
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Un vrai envoûtement
🎭 Été 2025. Rebecca, roman bouleversant de Daphné du Maurier (1938), s’incarne dans la cour du château du Karreveld en un thriller musical psychologique flamboyant… daté de 1925. cela fait juste juste 100 ans… Comme pour un envoûtement!
La Belle Époque en version cauchemar ? Véritable coup de maître, cette création mondiale en français, est la pièce de résistance du 27e Festival Bruxellons!. Elle est portée par un collectif de 21 artistes hors du commun.
Rebecca, c’est l’histoire centenaire d’un fantôme. Et comme tous les bons fantômes, elle ne se montre jamais — mais hante chaque espace, de Monte-Carlo à Manderley, lieu mythique des Cornouailles.
Comme un opéra. La partition puissamment évocatrice de Sylvester Levay et le livret de Michael Kunze, adaptés avec finesse en français par Stéphane Laporte, s’unissent dans une narration à la fois élégante et glaçante. De la fine gastronomie pour les gourmands de musique et de suspense.
Coup de foudre. Une jeune femme sans nom, au propre comme au figuré — cheveux courts et soulier léger, dame de compagnie de son état — séduit par son innocence et épouse Maxim de Winter, veuf énigmatique de Manderley. Mais la défunte Rebecca, mystérieuse première épouse au pouvoir despotique, semble bien décidée à ne pas quitter les lieux — ni les cœurs. Surtout celui de sa gouvernante, figée dans la haine du changement. Mrs Danvers.
L’orchestration, magistrale – mais où sont-ils donc ? Protégés de la pluie? – est dirigée par Laure Campion et fait vibrer le décor. Comme le souffle puissant de la mer qui bat les récifs du domaine maudit.
L’esprit du large…Une mise en scène portée avec grandeur par Marina Pangos et Jack Cooper qui dessinent avec passion un récit visuel et dramatique d’une intensité rare. Les changements de décor et de scènes s’enchaînent, tels des feux d’artifice. On passe de surprise en surprise à travers une série de tableaux que l’on rêve de photographier. Il y a ce ballet perpétuel de dizaines de personnages en mode chantant. Ils dansent, virevoltent, flamboient et chantent tout à la fois en jonglant avec leurs accessoires. Avec une insatiable énergie et une précision millimétrée. De la beauté scénique en mouvement qui résonne avec la puissance d’un chœur d’opéra. Et quels costumes ! À chaque instant, de la magie. Merci Jack ! Ils sont signés Béatrice Guilleaume.
Le décor de Sylvianne Besson évoque bien sûr les falaises romantiques, lieux de vertige et de destin, sur lesquelles s’adossent les portes de l’enfer-Manderley : pilastres rouge sang, lambris aux airs mauresques, perspectives brisées… De part et d’autre, deux grandes volées d’escaliers : rêve ou cauchemar ? Elles semblent tour à tour surgir ou disparaître tant l’action au centre de la scène capte le regard ! Et surtout, tout en haut de l’ouvrage, il y a cet immense portrait, lacéré, celui de Rebecca, suspendu comme une malédiction au-dessus du grand escalier. Quel couteau a osé le crime ?
Les jeux de lumière de Laurent Kaye dissèquent l’action comme un entomologiste, toujours en phase avec cette chorégraphie obsessionnelle et sublime de Kylian Campbell. Sommes-nous au centre d’un cerveau torturé ? D’un envoûtement? L’action est un labyrinthe… Y aura-t-il une issue ? Une métamorphose ?
Un univers de personnages fantastiques. Jeremy Petit donne à l’âme tourmentée de Maxim de Winter des contours de vase brisé. Sa douleur, retenue mais très palpable, esquisse une humanité blessée, dans la plus pure tradition romantique. Sa voix est sculptée par le rôle. Et pourtant, l’or pour recoller ces profondes fissures est là, à portée de voix, à deux pas…
Cheveux courts et plats, Laura Tardino, en tenues fluides pastel, incarne l’héroïne sans prénom avec une justesse émouvante : de l’effacement initial à la lumière reconquise. Un « je » fragile, qui apprend à se conjuguer dans les abandons, les silences, et les révélations. Mais c’est l’illustre plante vénéneuse qui fascine : Liesbeth Roose, en Mrs Danvers. Toute vêtue de noir d’Espagne, la sombre duègne s’empare de la scène comme une ombre maléfique. À chacune de ses apparitions, le temps se fige, les dos se courbent. La voix étrange et pleine distille la peur, la menace, l’obsession. Magnétique, son solo « Rebecca » est un cri glacé d’adoration morbide. Suspense entre beauté et terreur.
Extravagante,Marie-Aline Thomassin, en comédienne de boulevard, fait de Mrs Van Hopper une caricature grandiose, burlesque et jubilatoire. Quel bonheur, l’exagération épique !
Nathan Desnyder incarne Jack Favell pourtant interdit de séjour au château. Manipulateur en diable, jusqu’à l’absurde – avec son costume de soirée orange final. Un hasard ? Escroc flamboyant et décomplexé ? Miroir des péchés capitaux ? Make Mandalay great again ! Cynique, il ne souffre d’aucune honte.
Enfin, un peu de bon sens, avec Damien Locqueneux et Raphaëlle Arnaud. Ils forment le duo apaisant de Béatrice et Frank dans ce fabuleux tumulte. Du même ordre, ces deux pépites de l’art des planches – à la justesse de ton remarquable- qui complètent à souhait cette superbe comédie humaine: Mathias Fleurackers (Ben) et Laurent Kiefer (le colonel Julyan). Ainsi, le bonheur est dans la salle. Pardon, sous le ciel estival de Molenbeek.
🎭 Cette version Bruxellons! très illustrative de l’esprit du roman, est aussi renversante que les flammes d’ Autant en emporte le vent. Mais de surcroît, la métaphore scénique se plaît à célébrer les identités effacées, les amours figées, les maisonnées hantées par les non-dits, les traumatismes savamment enfouis Et quand la scène s’embrase – littéralement – on comprend que Rebecca a en fait le dernier mot… un mot désespéré et rageur de vraie sorcière.
La porte de l’enfer s’ouvre enfin. Vers la mer. Vers les libres horizons. Ensemble ? Allez, On embarque ?
Deashelle - Arts et lettres - 2025 07 24
Deashelle - Arts et lettres - 2025 07 24

Critique - Présentée pour la première fois en français dans le cadre du Festival Bruxellons!, cette superproduction frappe fort et confirme l’ambition de présenter des œuvres toujours plus saisissantes à un niveau professionnel.
Pendant près de 2h30, les tableaux s’enchaînent avec fluidité, malgré le décor fixe présent dès le début. Loin d’être un obstacle, ce décor unique est d’une redoutable efficacité, car il regorge de détails et d’aspects qui nous permettent de nous promener au gré des besoins de la narration, d’un hôtel de Monaco jusqu’au manoir de Manderley, d’une plage embrumée à une salle d’audience. La mise en scène, ingénieuse et millimétrée, transforme chaque transition en un morceau de spectacle à part entière, et les nombreux accessoires menés et déplacés à vue, parfois en quelques secondes, permettent d’installer immédiatement le cadre de l’action.
Côté interprètes, le plateau est tout simplement irréprochable. Laura Tardino captive par son timbre clair et son intensité fragile dans le rôle de « Je ». Liesbeth Roose impressionne en Mrs Danvers, présence magnétique et voix puissante. Jeremy Petit fait preuve d’une élégance vocale indéniable, Marie-Aline Thomassin apporte fantaisie et légèreté, tandis que Nathan Desnyder (révélation masculine lors de la 7e cérémonie des Trophées de la Comédie Musicale) incarne un Jack Favell retors et cynique, loin des rôles défendus dans ses derniers spectacles. Chacun marque par son engagement, et l’ensemble fonctionne comme une véritable troupe soudée. On passe avec délice des duos tendus aux ensembles flamboyants, sans jamais sentir de baisse d’intensité, le tout entrecoupé de séquences romantiques qui viennent donner de la respiration dans l’atmosphère pesante.
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Rebecca: Le thriller musical fait frissonner Bruxelles
Michael Kunze et Sylvester Levay, figures incontournables du musical germanique (Elisabeth, Mozart!), signent avec Rebecca – inspirée du roman de Daphné du Maurier – une œuvre glaçante qui trouve son chemin jusqu’à Bruxelles. Présentée pour la première fois en français dans le cadre du Festival Bruxellons!, cette superproduction frappe fort et confirme l’ambition de présenter des œuvres toujours plus saisissantes à un niveau professionnel.
Dès les premières minutes, le ton est donné. Si le prologue peut légèrement surprendre par sa rapidité, il permet d’installer avec efficacité les personnages et les enjeux. Très vite, le spectateur se trouve happé par une mécanique dramatique implacable : certitudes ébranlées, visages qui se transforment, confiance qui se fissure, jusqu’à l’angoisse dans un crescendo suffocant. Pendant près de 2h30, les tableaux s’enchaînent avec fluidité, malgré le décor fixe présent dès le début.
Loin d’être un obstacle, ce décor unique est d’une redoutable efficacité, car il regorge de détails et d’aspects qui nous permettent de nous promener au gré des besoins de la narration, d’un hôtel de Monaco jusqu’au manoir de Manderley, d’une plage embrumée à une salle d’audience. La mise en scène, ingénieuse et millimétrée, transforme chaque transition en un morceau de spectacle à part entière, et les nombreux accessoires menés et déplacés à vue, parfois en quelques secondes, permettent d’installer immédiatement le cadre de l’action. Ces éléments physiques créent des scènes où l’esprit du spectateur est guidé, on imagine aisément la chambre de Rebecca avec vue sur la mer, et l’ambiance oppressante est renforcée par les effets de fumée et les lumières froides, parfaitement pensées.
Tout participe à récréer parfaitement l’atmosphère toute à la fois thriller et drame intime. Brouillard, ombres mouvantes et fumée enveloppent les protagonistes comme autant d’esprits. On respire à peine, tant la tension monte jusqu’à l’explosion finale. La dernière scène, magnifiquement orchestrée, emporte le public après des révélations glaçantes, le tout renforcée par des effets pyrotechniques.
Une partition exigeante et un casting cinq étoiles
La musique joue ici un rôle central. Interprétée en direct, la partition exigeante de Sylvester Levay se distingue par son souffle opératique et ses couleurs orchestrales sombres, dominées par des cuivres oppressants. Elle respecte les codes de la comédie musicale — ouverture, numéros d’ensemble, chansons « I want » — tout en intégrant des formes plus rares dans le musical anglo-saxon : récitatifs, solos proches de l’air d’opéra, scènes où la musique supplante le texte pour exprimer ce que les mots ne sauraient dire. On y reconnaît la patte européenne, raffinée et dramatique, qui donne à Rebecca une identité forte. Bruxellons! respecte et honore ces codes, voulus par les créatifs et qui procurent au public une expérience rarement vécue.
Côté interprètes, le plateau est tout simplement irréprochable. Laura Tardino captive par son timbre clair et son intensité fragile dans le rôle de « Je ». Liesbeth Roose impressionne en Mrs Danvers, présence magnétique et voix puissante. Jeremy Petit fait preuve d’une élégance vocale indéniable, Marie-Aline Thomassin apporte fantaisie et légèreté, tandis que Nathan Desnyder (révélation masculine lors de la 7e cérémonie des Trophées de la Comédie Musicale) incarne un Jack Favell retors et cynique, loin des rôles défendus dans ses derniers spectacles. Chacun marque par son engagement, et l’ensemble fonctionne comme une véritable troupe soudée. On passe avec délice des duos tendus aux ensembles flamboyants, sans jamais sentir de baisse d’intensité, le tout entrecoupé de séquences romantiques qui viennent donner de la respiration dans l’atmosphère pesante.
Les costumes, nombreux et flatteurs à l’œil — mention spéciale à ceux du bal masqué — participent à la réussite visuelle. Les traductions de Stéphane Laporte se révèlent fluides, élégantes et fidèles à l’esprit du début du XXᵉ siècle. C’est une véritable chance pour le public francophone de pouvoir découvrir cette œuvre dans une langue connue, permettant d’appréhender toutes les subtilités du mystère et des révélations qui émaillent le spectacle.
Au final, Rebecca s’impose comme une réussite éclatante, un modèle de rigueur et de sensibilité. Le Festival Bruxellons! confirme son rôle moteur en matière de comédie musicale avec cette production ambitieuse, qui restera dans les mémoires. À découvrir sans hésiter jusqu’au 4 septembre prochain (pour réserver, c’est par ICI).
Et pour les amateurs, le festival ne s’arrête pas là : il propose aussi Goodbye Norma Jeane – la dernière nuit de Marylin Monroe, une fiction qui promet d’être un autre rendez-vous musical majeur de l’été bruxellois – du 24 août au 23 septembre 2025, avant de retrouver l’année prochaine une nouvelle production déjà annoncée : Kinky Boots ! Tout un programme !
Fabrice Felez - Musical Avenue - France - 2025 08 18
Fabrice Felez - Musical Avenue - France - 2025 08 18

Critique - « Rebecca, un excellent musical : la synergie entre les acteurs-chanteurs a dominé la scène »
Le cadre ? Le château de Karreveld, jadis en périphérie, aujourd’hui bien intégré au centre-ville. Transformé en lieu culturel hyper complet (scène, restaurant, infrastructures techniques), il séduit le public en toute saison — même sous une pluie modérée, pour peu qu’on ait un joli imper par-dessus!
Une mise en scène flamboyante et un casting remarquable
Le musical commence à Monte-Carlo, où Maxim de Winter tombe amoureux de la mystérieuse Ich (“Je” en allemand), la servante. Ils se marient, mais arrivent au château de Manderley où tout le personnel demeure attaché à la mémoire de Rebecca, la première épouse décédée de Maxim. L’âme exigeante de la vieille gouvernante, madame Danvers, complique la vie de "Je", et des secrets enfouis commencent à refaire surface… Suspense, tension et ambiance gothique garantis ! Scénographie versatile, costumes raffinés, chorégraphies signées Kylian Campbell, lumière de Laurent Kaye, son impeccable malgré la pluie — tout est là pour sublimer les chanteurs. La direction musicale est assurée par Laure Campion, jeune cheffe titulaire du festiva.
Un trio d’acteurs-chanteurs captivants: Laura Tardino incarne "Je" avec grâce; Jeremy Petit, jeune et charmant, joue Max; leur alchimie est quasi palpable : voix, prestance, justesse, tout y est. Ils dominent la scène et conquièrent le public. Le contraste parfait est apporté par Liesbeth Roose en madame Danvers: jeune actrice jouant un personnage beaucoup plus âgé, elle impressionne par son intensité et sa virtuosité. Un trio de choc soutenu par un ensemble solide (une vingtaine de personnes), des effets de fumée, de lumière, de feu, des accessoires malins — le tout forme un spectacle cohérent, fluide, captivant, avec des mélodies exigeantes parfaitement exécutées, et une langue (français) parfaitement maîtrisée.
En conclusion... Fais tes valises, Bruxelles t’attend!
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Une mise en scène flamboyante et un casting remarquable
« Rebecca, un excellent musical : la synergie entre les acteurs-chanteurs a dominé la scène »
Bruxelles : entre institutions politiques... et paillettes musicales !
Quand on pense à Bruxelles, ce ne sont pas forcément la culture ou le tourisme qui viennent en premier, mais bien son rôle politique — siège du Parlement européen et autres institutions. Et pourtant, la capitale belge a bien plus à offrir : des trésors culturels, des villes voisines charmantes comme Gand ou Bruges, ainsi qu’une excellente connectivité ferroviaire à travers l’Europe, tout cela à des prix raisonnables
Une offre culturelle généreuse
Bruxelles n’est pas en reste côté culture : dans les lieux phares comme l’Opéra La Monnaie/De Munt ou le centre culturel Flagey, on trouve des opéras classiques (Mozart, Verdi, Bellini, Puccini...), mais aussi des œuvres plus inattendues comme Benvenuto Cellini de Berlioz ou Ali, une création contemporaine racontant l’histoire poignante d’un adolescent somalien ⎯ Ali Abdii Omar ⎯ fuyant vers Bruxelles
Extra fun : des soirées spécialement destinées aux moins de 30 ans sont organisées, avec boisson de bienvenue, brochure de programme et afterparty. L’objectif est clair : que les jeunes se sentent intégrés et reviennent !
Le festival Bruxellons! : 26 ans de succès en musique
Le festival Bruxellons!, qui fête sa 26ᵉ édition, est une véritable success-story artistique : plus de 2 000 représentations, 425 spectacles, 1 743 artistes et 220 auteurs ! Parmi les musicals marquants : Evita (2016), Sunset Boulevard (2018), My Fair Lady (2019), Blood Brothers (2021), Elisabeth (2022) et West Side Story (2023). Cette année, deux nouvelles productions : Rebecca et Goodbye Norma Jeane, dont la revue présente Rebecca en détail.
Le cadre ? Le château de Karreveld, jadis en périphérie, aujourd’hui bien intégré au centre-ville. Transformé en lieu culturel hyper complet (scène, restaurant, infrastructures techniques), il séduit le public en toute saison — même sous une pluie modérée, pour peu qu’on ait un joli imper par-dessus !
À propos du musical Rebecca
Adaptation du roman de Daphne du Maurier (1938), Rebecca a également inspiré Hitchcock en 1940 (avec Laurence Olivier, Joan Fontaine, George Sanders), puis Ben Wheatley (version moderne de 2020). Le musical, quant à lui, a été créé en 2006 à Vienne, sur un livret de Michael Kunze et une musique de Sylvester Levay — duo phare du musical germano-autrichien, auteur aussi de Elisabeth, Mozart!, Maria Antoinetta... Levay, né en 1945 à Subotica, a des racines un peu... balkaniques — on peut dire qu’il a un petit air de chez nous!
Une mise en scène flamboyante et un casting remarquable
Le musical commence à Monte-Carlo, où Maxim de Winter tombe amoureux de la mystérieuse Ich (“Je” en allemand), la servante. Ils se marient, mais arrivent au château de Manderley où tout le personnel demeure attaché à la mémoire de Rebecca, la première épouse décédée de Maxim. L’âme exigeante de la vieille gouvernante, madame Danvers, complique la vie de "Je", et des secrets enfouis commencent à refaire surface… Suspense, tension et ambiance gothique garantis ! Scénographie versatile, costumes raffinés, chorégraphies signées Kylian Campbell, lumière de Laurent Kaye, son impeccable malgré la pluie — tout est là pour sublimer les chanteurs. La direction musicale est assurée par Laure Campion, jeune cheffe titulaire du festiva.
Un trio d’acteurs-chanteurs captivants
Laura Tardino incarne "Je" avec grâce;
Jeremy Petit, jeune et charmant, joue Maxim ;
leur alchimie est quasi palpble : voix, prestance, justesse, tout y est. Ils dominent la scène et conquièrent le public.
Le contraste parfait est apporté par Leisbeth Roose en madame Danvers : jeune actrice jouant un personnage beaucoup plus âgé, elle impressionne par son intensité et sa virtuosité. Diplômée du Conservatoire royal de Belgique en 2014.
Un trio de choc soutenu par un ensemble solide (une vingtaine de personnes), des effets de fumée, de lumière, de feu, des accessoires malins — le tout forme un spectacle cohérent, fluide, captivant, avec des mélodies exigeantes parfaitement exécutées, et une langue (français) parfaitement maîtrisée.
En conclusion... Fais tes valises, Bruxelles t’attend!
Le festival continue et, si tu séjournes à Bruxelles, surveille sa programmation : ce sont souvent des versions françaises de musicals classiques — tout aussi attractives et uniques. Et si tu ne peux pas venir, pas de souci : les adaptations ou captations (filmées ou scéniques) de ces œuvres (dont Rebecca) sont à portée de clic. De quoi rapprocher la magie théâtrale de ton salon !
Igor Vlajnić - Novi List - Croatie - 205 08 08
Igor Vlajnić - Novi List - Croatie - 205 08 08
Interview - Stéphane Laporte est le principal traducteur et adaptateur en français des comédies musicales présentées dans le cadre du festival Bruxellons !, au château du Karreveld. À son actif ? "My Fair Lady", "West Side Story", "Elisabeth"… Et, cet été, ce ne sera pas un, mais deux musicals qu'il adapte : "Rebecca" et "Goodbye, Norma Jeane"
En dix ans, depuis sa première comédie musicale, La mélodie du bonheur (2015), le festival Bruxellons ! a gagné en qualité et notoriété, devenant l'une des références en la matière, en Belgique et à l'étranger. Le fruit d'un minutieux travail des équipes artistiques et techniques. "Il n'y a jamais de traduction mot à mot, car la traduction littérale ne tombe jamais sur la musique, explique Stéphane Laporte. J'appréhende la traduction comme un jeu. C'est une espèce de puzzle, dont certaines pièces tombent tout de suite. Et, à partir de celles-là, on va trouver les pièces manquantes, en gardant en tête la musicalité. Les paroles d'une chanson, on ne les entend qu'une fois. Si ça choque l'oreille, on risque de louper toute la chanson. Donc, chaque année, avec l'équipe (co-metteurs en scène, direction vocale…), on essaie d'être le plus précis possible pour être sûrs que le public ait une expérience intègre et organique".
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Être adaptateur de théâtre, c'est un exercice d'humilité,
car une adaptation ne sera jamais meilleure que l'original
Stéphane Laporte est le principal traducteur et adaptateur en français des comédies musicales présentées dans le cadre du festival Bruxellons !, au château du Karreveld. À son actif ? "My Fair Lady", "West Side Story", "Elisabeth"… Et, cet été, ce ne sera pas un, mais deux musicals qu'il adapte : "Rebecca" et "Goodbye, Norma Jeane"
Il est l'homme qui se cache derrière les plus fameuses comédies musicales créées en première mondiale en français au festival Bruxellons ! Sunset Boulevard, My Fair Lady, Elisabeth, West Side Story, Come From Away… n'ont plus aucun secret pour lui. Depuis 2019, Stéphane Laporte est le principal traducteur et adaptateur en français de ces spectacles nés dans le West End à Londres, à Broadway à New York ou encore au Theater an der Wien de Vienne. Et cette année, le château du Karreveld, lové au cœur de Molenbeek, se fera l'écrin non pas d'un, mais de deux musicals puisque seront présentés, dans la cour (du 9 juillet au 4 septembre), Rebecca de Michael Kunze et Sylvester Levay et, dans la grange (du 24 août au 23 septembre), Goodbye, Norma Jeane d'Allard Blom et Sam Verhoeven. Le premier est un thriller musical qui s'inspire du célèbre roman Rebecca de Daphné du Maurier, immortalisé au cinéma en 1940 par Hitchcock. Le second revient sur la dernière nuit de la vie de l'icône du cinéma Marilyn Monroe.
Traduire et adapter une comédie musicale de l'anglais (ou l'allemand ou le flamand) vers le français n'est pas une mince affaire. Le jeu, le chant et la danse sont intrinsèquement liés et, chaque tableau, chaque dialogue font progresser l'histoire. Rien n'est donc "décoratif". Ce qui exige une maîtrise impeccable de la langue (originale et traduite) et de la musique (au festival Bruxellons !, les spectacles sont joués avec un orchestre live). Ça tombe bien : Stéphane Laporte jongle parfaitement avec les deux. "J'ai joué du piano pendant une vingtaine d'années et j'ai toujours été passionné de musique, que ce soit de la variété, de la musique classique ou des comédies musicales. J'adore !, raconte-t-il. Pour ce qui est de la traduction, enfant, je voulais devenir réalisateur. Donc, j'ai fait une maîtrise d'anglais en France puis je suis parti trois ans aux États-Unis étudier le cinéma. Mais, au terme de mes études, je me suis rendu compte que je ne voulais pas exercer ce métier". Pendant son cursus, il découvre, un soir de 1990, une représentation de la comédie musicale américaine Nine signée Arthur Kopit et Maury Yeston, inspirée du film Huit et demi de Frederico Fellini. "Et je suis tombé en amour, avec le spectacle et avec le genre. Je me suis dit : C'est ça que je veux faire'."
"Le Roi Lion", "Grease", "Fame"…
Il se jette alors à l'eau. "J'ai traduit Nine en français sans même savoir si cela avait déjà été fait, en me disant que je pourrais le monter en France, poursuit-il. Je précise que nous étions avant le début du siècle et, à cette époque, en France, le musical n'était pas ce qu'il est actuellement". Il ne monte pas Nine, mais prend des contacts ci et là, qui lui ouvrent la voie. "Ma première grande comédie musicale, ça a été Titanic, que j'ai adaptée en français pour l'Opéra royal de Wallonie à Liège, avec 75 acteurs et 45 musiciens. C'était exceptionnel !, se souvient-il. Puis, une chose en entraînant une autre, j'ai adapté (Le Roi Lion, Un violon sur le toit, Grease, Fame…, NdlR) et écrit plein de comédies musicales (Panique à bord, 31…, NdlR)".
«Je suis le premier dans le monde à avoir traduit West Side Story intégralement en français.»
Jusqu'à ce que sa route croise celle de l'équipe de Bruxellons !."En 2018, lorsqu'a été créé Sunset Boulevard, un des comédiens, Franck Vincent, savait que les co-metteurs en scène, Jack Cooper et Simon Paco, cherchaient un regard extérieur sur la traduction et il m'a mis en contact avec eux, reprend Stéphane Laporte. L'année d'après, j'ai eu le bonheur infini que Bruxellons ! me confie l'adaptation [de l'anglais vers le français] de My Fair Lady, qui a été une période magnifique de travail, car, comme c'est un spectacle sur la langue, cela a été un travail très pointu et fort plaisant".
Depuis, Stéphane Laporte fait partie de la famille Bruxellons !,"ce qui m'a permis de faire des choses insensées". "Je suis quand même le premier dans le monde à avoir traduit West Side Story intégralement en français", s'enthousiasme-t-il. Un exercice délicat vu la notoriété de ce musical, dont les chansons, et les refrains, en anglais sont mondialement connus. "Il a dû y avoir des frustrations, reconnaît-il, mais un musical, c'est un seul fil qu'on déroule, de la première note d'ouverture jusqu'à la dernière note de l'épilogue". Et d'expliquer : "Si on traduit le livret (les parties non chantées, NdlR) en français et que l'on garde les chansons en anglais, ça crée une cassure. Or, ça n'a aucun sens, car les chansons font aussi avancer la trame du récit".
"La traduction, une espèce de puzzle"
En dix ans, depuis sa première comédie musicale, La mélodie du bonheur (2015), le festival Bruxellons ! a gagné en qualité et notoriété, devenant l'une des références en la matière, en Belgique et à l'étranger. Le fruit d'un minutieux travail des équipes artistiques et techniques. "Il n'y a jamais de traduction mot à mot, car la traduction littérale ne tombe jamais sur la musique, explique Stéphane Laporte. J'appréhende la traduction comme un jeu. C'est une espèce de puzzle, dont certaines pièces tombent tout de suite. Et, à partir de celles-là, on va trouver les pièces manquantes, en gardant en tête la musicalité. Les paroles d'une chanson, on ne les entend qu'une fois. Si ça choque l'oreille, on risque de louper toute la chanson. Donc, chaque année, avec l'équipe (co-metteurs en scène, direction vocale…), on essaie d'être le plus précis possible pour être sûrs que le public ait une expérience intègre et organique".
«Avec Rebecca, je m'attaque, pour la 2e fois, à l'allemand. C'est encore un autre exercice parce que l'allemand a tendance à être très fleuri.»
Il faut, en effet, composer avec les spécificités de chaque langue. "En français, l'accent tonique est toujours sur la dernière syllabe. En anglais, il est sur l'avant-dernière, ce qui, musicalement, permet plus de rebonds, détaille-t-il. De même, en anglais, il faudra trois mots là où il en faudra douze en français. Donc, tout cela fait qu'une adaptation s'apparente à un exercice d'équilibriste pour essayer de faire transparaître en français le même sens, les mêmes idées, avec le même humour, la même immédiateté qu'en anglais".
Stéphane Laporte ne recule devant aucune difficulté. Cette année, "je m'attaque, pour la 2e fois, à l'allemand, car j'ai déjà traduit en 2022 Elisabeth, des mêmes auteurs que Rebecca, Michael Kunze et Sylvester Levay". "C'est encore un autre exercice, sourit-il, parce que l'allemand a tendance à être très fleuri. Ici, je m'aide de ChatGPT. Une fois que j'ai la base en français, c'est à moi de la poétiser pour la rendre chantable". Au point de s'éloigner, parfois, du texte original ? "Non, assure Stéphane Laporte, parce que c'est un exercice d'humilité d'être adaptateur de théâtre. Une adaptation ne sera jamais meilleure que l'original, donc, il faut être au plus près de l'original". D'ailleurs, pour l'adaptation de Goodbye, Norma Jeane, créée en flamand au Fakkeltheater d'Anvers en 2017, "on m'a carrément donné une traduction".
Deux spectacles aux univers distincts, mais dont l'histoire s'appuie sur le destin de deux héroïnes déterminées à s'émanciper. "Rebecca est un spectacle grand public, incarné par 21 artistes et porté par 18 musiciens, décrit encore Stéphane Laporte. On passe par toutes les émotions : on rit, on est chamboulé, on a peur. On en prend plein les yeux". Quant à Goodbye, Norma Jeane, "c'est un musical très beau et très émouvant, beaucoup plus théâtral que Rebecca, qui, derrière la star qu'on connaît toutes et tous, donne à voir Marilyn de façon rare et très humaine".
La Libre - Stéphanie Bocart - 2025 07 05
La Libre - Stéphanie Bocart - 2025 07 05
Critique - Un récit captivant, mettant en lumière le tourbillon d’émotions vécu par les trois personnages principaux torturés.
Sylvester Levay sait composer des mélodies qui restent en tête. Il fait mouche avec l’envoûtant 'Rebecca' de Mrs. Danvers et l’hymne 'The Power of a Woman in Love'.
Variety - États-Unis
Critique - Une musique magnifique, évocatrice et très accrocheuse, des scènes somptueuses chargées d’atmosphère.
Kurier - Autriche
Un spectacle aux effets oniriques – plaisir garanti. (La Repubblica -Italie)
Ici, le happy end devient un événement. (Die Welt - Allemagne)
Tout fonctionne comme dans une grande production hollywoodienne. (Vorarlberger Nachrichten - Autriche)
REBECCA vous fascinera de la première à la dernière scène. (Rheinische Post - Allemagne)
© Photo: Grégory Navarra - Toutes les photos du spectacles en bas de page
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1
Magistral ! Une théâtralité et une force musicale qui vous emportent dans une tempête d'émotions. Des voix remarquables, un orchestre magnifique, une mise en scène tourbillonnante. Je vous passe les superlatifs pour les décor, costumes, accessoires, maquillage, régie son-lumière. Voici une comédie musicale qui restera gravée dans nos mémoires. Bravo et MERCI. |
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2
Quand on est face a un tel spectacle d'une telle beauté, d'une telle qualité, qui rassemble |'émotion a fleur de peau, le talent immense de tous ses interprétes, tant les comédiennes et comédiens que les musiciennes et musiciens avec une direction musicale parfaite dans une mise en scéne flamboyante, et un décor somptueux, on reste cloué sur son siége et on admire ! Un seul conseil RESERVEZ !! 02 724 24 24. info@bruxellons.net COUREZ voir ce bijou ! VITE! |
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3
Me voilà tout juste rentré...a peine 5 min a pied...que dire les larmes aux yeux.... Quelle claque... c'était grandiose quel final... Un immense bravo a vous toutes et tous: techniciens, décorateurs, esclavagistes, metteurs en scène sans oublier vous tous à l'accueil avec votre gentillesse... Et bien sûr vous tous les acteurs merveilleux et vos voix...whaaaaa.... et le dernier salut c'est pour toi Kylian Campbell .. pour les chorégraphies. Ça en jette . Mille mille merci… |
Reportage réalisé par le YouTubeur Samuel Mars
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Interview BX1 - Olivier Moerens
Interview BX1 - Jack Cooper
Version pleine page (seule version disponible monde Apple)
Plus de 2,8 millions de spectateurs dans 14 pays.
De 2006 à 2008 puis de 2022 à 2024, REBECCA a triomphé au Raimund Theater de Vienne, suscitant un immense engouement. Rien qu'à Vienne, plus de 850.000 spectateurs ont été captivés par son intrigue haletante et ses effets visuels spectaculaires.
REBECCA s’ajoute ainsi à la liste des exportations théâtrales à succès des VBW, aux côtés de DANCE OF THE VAMPIRES, ELISABETH, MOZART!, RUDOLF et THE VISIT, avec des productions à succès en Chine, République tchèque, Finlande, Allemagne, Grande-Bretagne, Hongrie, Japon, Roumanie, Russie, Serbie, Corée du Sud, Suède et Suisse.
Dès sa publication, Rebecca a connu un succès fulgurant. Le roman s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde et n’a jamais cessé d’être imprimé depuis. Il a été traduit dans plus de 20 langues, ce qui témoigne de son attrait universel.
Même plus de 80 ans après sa publication, Rebecca reste un livre incontournable grâce à son atmosphère gothique et envoûtante (le manoir de Manderley, le spectre de Rebecca, le mystère oppressant), son intrigue palpitante et son suspense psychologique (la tension croissante, la révélation finale et ses personnages fascinants (la narratrice effacée, l’énigmatique Maxim de Winter, la terrifiante Mrs. Danvers).
Malgré son succès populaire, Rebecca a mis du temps à être pris au sérieux par la critique, souvent relégué au rang de roman sentimental. Pourtant, il est aujourd’hui reconnu comme une œuvre majeure du XXe siècle, qui a influencé des auteurs de thrillers psychologiques comme Gillian Flynn (Gone Girl) et Paula Hawkins (La Fille du train).
Le premier chapitre du roman, avec l’iconique phrase «La nuit dernière, j’ai rêvé que je retournais à Manderley…», est l’un des plus célèbres de la littérature anglaise. Rebecca reste un modèle de roman gothique moderne, et son succès ne semble pas près de s’éteindre.
Le Rebecca d’Alfred Hitchcock (1940) est l’une des adaptations cinématographiques les plus célèbres du roman gothique de Daphne du Maurier. C’est également le premier film américain du maître du suspense, produit par David O. Selznick, qui venait tout juste de triompher avec Autant en emporte le vent.
Si le film Rebecca est un chef-d'œuvre, c’est aussi grâce à la mise en scène immersive d’Hitchcock. Le noir et blanc sublime les contrastes entre l’ombre et la lumière, renforçant l’oppression du décor et l’ambiance gothique. Hitchcock ne montre jamais Rebecca, mais sa présence est palpable à chaque instant et les réactions des autres personnages, notamment Mrs. Danvers, nourrissent l’illusion de sa perfection absolue.
Le film a rencontré un immense succès populaire, devenant un modèle du thriller psychologique et influençant de nombreux films et séries à venir et obtiendra, entre autres, l'Oscar du Meilleur Film (1941) – le seul film d’Hitchcock à avoir remporté cette récompense.
Avec une mise en scène grandiose, des performances inoubliables et un suspense psychologique glaçant, Rebecca est bien plus qu’un simple thriller gothique. C’est une leçon de cinéma, où l’ombre d’un fantôme invisible pèse sur chaque plan. Hitchcock nous a offert un film d’une rare intensité, qui continue de hanter le spectateur plus de 80 ans après sa sortie.

