Cincali
de Nicola Bonazzi et Mario Perrotta
Nous sommes tous l'enfant de…
«N’oublie jamais que tu es un petit-fils de mineur italien ». Cette phrase de son grand-père, maintes fois entendue pendant son enfance, a entraîné le comédien Hervé Guerrisi sur les traces de son histoire, de Bruxelles jusqu’au Salento, là-bas, tout au fond du talon de la botte. Elle lui a permis de nous offrir un spectacle de la mémoire, percutant et sans voyeurisme, mais avec une implication sociale et humaine qui, depuis sa création à Rome en 2003, a déjà été joué plus de 600 fois!
Ils sont des milliers à attendre des nouvelles de leurs collègues et amis-coincés dans la mine © Belga
Récits sombres et vivants, évocations parfois dramatiques racontées avec verve, passion et humour, Cincali est une rencontre avec les gueules noires italiennes, avec un pan de notre histoire peut-être en partie méconnue chez certains, mais rendue si vraie, si proche. Combien d’entres eux sont revenus de ce voyage au pays de la houille, les poumons emplis de silicose, le souffle court? Cincali!
Combien n’ont été que d’anonymes et froides statistiques sur les victimes de la mine et des coups de grisou ?
Amours, regrets, absences, souffrances, orgueil, espoirs, mensonges, désillusion, respect, pudeur, solitude, douleur tout se dit sans voyeurisme, sans pathos, tout simplement, naturellement.
C’est la vie qui s’écoule, se déroule au fil des mots, simple, directe, humaine qui vous saisit par le cœur, vous scotche à votre fauteuil, suspendu aux paroles d’Hervé Guerrisi.
Spectacle sans artifices, Cincali c’est une chaise, quelques lumières et un talent fou.
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C’est la vie qui s’écoule, vous scotche à votre fauteuil, suspendu aux paroles d’Hervé
Nous sommes tous l’enfant de….
Parents et grands-parents sont nos racines, nos fondements, mais souvent les connaissons-nous vraiment ?
Nous sommes nous donner le temps de partager un peu de leur vie, de leurs souvenirs, de qui les a marqués et par là même continue à nous influencer ?
Hervé Guerrisi s’est traduit et adapté le texte italien de Mario Perrotta, et devient (enfin) petit-fils de mineur italien.
Un terme qui pour un gamin né en Belgique et ne parlant que français ne veut franchement guère dire grand chose.
Un jour, il franchit les Alpes, découvre l’Italie, sa cuisine, sa langue, le volet italien de sa famille, la région d’origine des siens, le village natal de son grand-père et petit à petit Histoire et histoires se confondent.
Seul en scène, par la bouche du facteur resté au pays, alors que tous les jeunes du Salento ont émigré, Hervé Guerrisi va nous raconter la vie de ces hommes jetés sur les routes par la promesse d’un avenir meilleur qui finalement les plongera dans la noirceur des puits de mine.
Avec ses yeux, ses mains, sa conviction et son talent pour uniques accessoires, il fait naître une quinzaine de personnalités très différentes.
En personnage principal, l’employé des postes, qui pendant des années, seul capable de livrer, mais surtout de lire et écrire le courrier, est le confident bien involontaire de ceux qui sont partis plein d’espoir, dans la fleur de l’âge, qui crient leurs frustrations, leurs rages et leurs désespoirs.
Récits sombres et vivants, évocations parfois dramatiques racontées avec verve, passion et humour, Cincali est une rencontre avec les gueules noires italiennes, avec un pan de notre histoire peut-être en partie méconnue chez certains, mais rendue si vraie, si proche. Combien d’entres eux sont revenus de ce voyage au pays de la houille, les poumons emplis de silicose, le souffle court ?Cincali !
Combien n’ont été que d’anonymes et froides statistiques sur les victimes de la mine et des coups de grisou ?
Amours, regrets, absences, souffrances, orgueil, espoirs, mensonges, désillusion, respect, pudeur, solitude, douleur tout se dit sans voyeurisme, sans pathos, tout simplement, naturellement.
C’est la vie qui s’écoule, se déroule au fil des mots, simple, directe, humaine qui vous saisit par le cœur, vous scotche à votre fauteuil, suspendu aux paroles d’Hervé Guerrisi.
Spectacle sans artifices, Cincali c’est une chaise, quelques lumières et un talent fou.
Muriel Hublet - Plaisir d'offrir - 15/8/2012
Muriel Hublet - Plaisir d'offrir - 15/8/2012
Il est d’une sincérité tout à fait renversante. Il a l’art de raconter, dans un flot de paroles, de rires, d’émotion, ses pérégrinationsà travers l’Italie avec une verve des plus surprenantes.
Hervé a l’art aussi d’accrocher son public, s’adressant à lui durant tout le spectacle. Il le fait avec simplicité, vivacité, large sourire.
Il devient notre ami qui nous fait vivre cette histoire dramatique des mineurs italiens en Belgique.
Roger Simons - Les Feux de la Rampe - 10/11/2013
*** - Si le texte frappe si fort, c'est qu'il mêle des faits historiques d'une terrible réalité à une narration pleine d'espièglerie, de détails cocasses sur les péripéties amoureuses de notre facteur, d'expressions fleuries.
Catherine Makereel - Le Soir - 20/11/2013
Il raconte des faits, mais c'est son coeur qui parle. Sa faconde ne les enjolive que très peu. Pour cela, il n'a besoin que d'une chaise, quelques documents sonores, quelques éclairages judicieux, un contact facile, tout son talent, son "parler vrai"... et le public est captivé par son récit. Plus que cela, il est réellement ému, ou souriant, car les passages de drôlerie naïve, de simplicité bonhomme, alternent avec les moments d'emballement rageur et dénonciateur. Visiblement, Hervé Guerrisi vit à fond, sincèrement, son récit. Et cela ne trompe pas, le spectacle est une rencontre humaine, un moment de partage chaleureux.
Suzanne Vanina - Rue du Théâtre - 4/11/2013
D’abord, il y a Hervé Guerrisi. D’ailleurs, il n’y a que lui et c’est très bien comme ça.
En effet, Cincali est un monologue que le comédien maîtrise à la perfection. Il faut dire qu’après plus de 600 représentations, il doit être rôdé. Oui, vous avez bien lu, 600 spectacles en français et en italien s’il vous plaît. Le comédien est tellement à l’aise qu’il vous accueille avec un grand sourire dans la salle, blague avec ses amis et vous installe. Bref, à l’aise…
Je ne saurais vous conseiller assez cette pièce. Allez-y pour la thématique mais surtout, allez-y pour le comédien. Vous deviendrez à coup sûr, un grand fan de son travail.
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Hervé Guerrisi, un talent brut
Hervé Guerrisi. Un talent brut
D’abord, il y a Hervé Guerrisi. D’ailleurs, il n’y a que lui et c’est très bien comme ça.
En effet, Cincali est un monologue que le comédien maîtrise à la perfection. Il faut dire qu’après plus de 600 représentations, il doit être rôdé. Oui, vous avez bien lu, 600 spectacles en français et en italien s’il vous plaît. Le comédien est tellement à l’aise qu’il vous accueille avec un grand sourire dans la salle, blague avec ses amis et vous installe. Bref, à l’aise.
Et puis, comme si de rien n’était, il commence Cincali en plaisantant sur sa vie et sur cette phrase « Mon père m’a toujours dit: ‘N’oublie jamais que tu es le petit-fils d’un mineur italien’ ».
Ceux qui ont la chance d’assister à son spectacle « Histoires d’un tigre » savent qu’Hervé Guerrisi excelle dans l’art du monologue.
Se glissant tour à tour dans la peau de son père, de son oncle mais surtout dans celle d’un facteur d’un petit village italien – le principal narrateur – il convainc et captive son public.
L’histoire est celle des Italiens partis travailler dans les mines belges. Ce qui nous est narré là, c’est une tragédie percutante. La douleur de la séparation, les conditions de travail misérables, les nombreux morts… Cincali n’est, a priori, pas drôle et les larmes – celles du comédien comme celles de son public – coulent à plusieurs reprises.
Et pourtant, on se surprend à rire aux éclats devant les péripéties de ce facteur, seul homme resté au village, seul également à réconforter les femmes tant moralement que physiquement. Pinuccio – Hervé Guerrisi – est hilarant et émouvant à la fois.
Etais-je assise à côté de la personne la plus émotive de la salle ? Je ne sais. Le fait est qu’elle est passée du rire aux larmes en 1 minute chrono. Chapeau l’artiste.
La mise en scène de Cincali est sobre. Une chaise, des lumières, quelques sons et un comédien.
Il n’en faut pas plus pour délivrer un message fort, car universel, : « n’oublie jamais qui tu es et d’où tu viens ». Pour cliché qu’il sonne, cet adage n’est jamais obsolète et a su trouver sa cible dans le public ce soir-là. Comme tous les soirs j’en suis sûre.
Je ne saurais vous conseiller assez cette pièce. Allez-y pour la thématique mais surtout, allez-y pour le comédien. Vous deviendrez à coup sûr, un grand fan de son travail.
Culture remains - 23/11/2013
Culture remains - 23/11/2013
© Belga
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