Skylight
de David Hare
Face-à-face amoureux entre deux ex-amants,
l'espace d'une nuit: bouleversant et drôle
«Monumental face-à-face amoureux, d’une fluidité rare pour le théâtre, la pièce se regarde comme un film. Coup de cœur.» Mosquito
Tom et Kyra se sont aimés, il y a longtemps. Mais Kyra a fui Tom et s’est reconstruit une nouvelle vie.
Un soir, Tom sonne à la porte de Kyra et, avec lui, c'est tout le passé qui ressurgit. Elle se souvient de son errance dans Londres, de sa rencontre avec Tom, de l’amitié avec sa femme Alice et leur petite famille, et de leur histoire d’amour à tous les deux, de son cœur brisé, de sa lente reconstruction personnelle…
De son côté, Tom n’a toujours pas compris son départ brutal et sans explication. Il a très mal supporté le rejet de sa femme et les douloureuses circonstances de son décès.
Ensemble, pendant une nuit, ils vont essayer de redécouvrir les pièces du puzzle, de le reconstruire, de retrouver leur propre identité et qui sait renouer leurs liens.
Ce qui semble dur et âpre, est surtout drôle et tendre, parce qu'ils ont tous les deux raisons. Chacun à sa manière. Et nous oscillons sans cesse entre l'un et l'autre.
Michel Kacenelenbogen - Erika Sainte (© Photo Isabelle De Beir)
Erika Sainte - Toussaint Colombani (© Photo Isabelle De Beir)
Rythmée par l’émotion, d’une fluidité rare pour le théâtre (bravo à l’adaptation française et à la mise en scène de Michelangelo Marchese), la pièce se regarde comme un film. Un drame romantique résolument contemporain qui parle des hommes et des femmes en proie à la difficulté de s’aimer, et de se pardonner.
Tandis que l’amour devient irréconcialiable, on assiste à l’explosion d’un couple de théâtre. Inattendu en amant tendre et violent, Michel Kacenelenbogen touche juste face à une Erika Sainte qui bouleverse littéralement la salle.
Avec un naturel mutin et désarmant, Erika Sainte, la révélation des Magritte du cinéma belge parvient, au-delà du sentiment amoureux, à incarner ce qu’il faut de liberté dans un couple pour qu’il puisse survivre à la passion. Fort.
Moustique - Juliette Goudot - 21/11/2012
Délicatement équilibrée, la mise en scène de Michelangelo Marchese crée rythme et intensité.
Sous sa direction, Toussaint Colombani est excellent en ombrageux rebelle maladroit.
Erika Sainte nous charme en flamme vive, une femme toujours à la recherche d’elle-même et d’absolu, préférant blessure et solitude à la compromission.
Plaisir d'offrir - Muriel Hublet - 22/11/2012
*** (Avis de la rédaction)
La mise en scène, réaliste et rythmée, laisse tranquillement opérer les étincelles du texte et le jeu fermement ancré des comédiens. Michel Kacenelenbogen se glisse comme un gant dans la peau de Tom, endossant avec aisance l'arrogance et les réparties brillantes de l'homme d'affaires. Erika Sainte se mue avec naturel en femme idéaliste dévouée au sacerdoce qu'elle s'inflige.
Le Soir - Catherine Makereel - 5/12/2012
"On oublie qu’on est au théâtre", dit un spectateur à un autre, à l’entracte. L’option naturaliste n’y est pas étrangère (Céline Rappez signe scénographie et costumes, Laurent Kaye de précises lumières), tandis que s’étoffe la psychologie des personnages à mesure que resurgit, en cette nuit de parole libérée, le passé. (…)
Né en 1947, le dramaturge britannique David Hare (connu aussi pour ses scénarios de cinéma, dont "The Hours" ou "The Reader") reçoit pour "Skylight", en 1996, le Laurence Olivier Award for Best New Play.
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Une nuit de retrouvailles
S’aimer, se quitter, s’engager : les questions de “Skylight”, au Public.
Lumière sur un appartement ordinaire, son canapé aux coussins fatigués, ses chaises dépareillées, l’horloge de la cuisinière jamais réglée qui clignote en vert, les étagères banales couvertes d’ustensiles, de livres - qui en piles instables s’amoncellent aussi au sol -. les câbles électriques encombrants, l’évier encombré.
C’est la fin de la journée, une jeune femme rentre, chargée de sacs, couverte de bonnet, écharpe, manteau, mitaines, de quoi lutter contre le froid - dehors, mais aussi dedans. Kyra, on le découvre bientôt, enseigne dans des classes pas faciles de l’East London. Une vie qu’elle a choisie, une vie nouvelle après les années passées auprès d’une famille dont deux représentants vont lui rendre visite consécutivement, ce soir-là. Le fils d’abord, Edward, 18 ans, plutôt remonté contre son paternel dont il a d’ailleurs quitté le domicile. Le père ensuite, Tom. Chacun ramène à la surface une brassée de souvenirs, avec pour donnée supplémentaire que la mère, entre-temps, a succombé à un cancer.
Une nuit d’hiver, la parole se libère
Né en 1947, le dramaturge britannique David Hare (connu aussi pour ses scénarios de cinéma, dont "The Hours" ou "The Reader") reçoit pour "Skylight", en 1996, le Laurence Olivier Award for Best New Play. Traduite par Dominique Hollier - que son parcours de comédienne dote d’un joli sens du rythme -, la pièce est mise en scène, pour cette production du Public, par Michelangelo Marchese. L’auteur, dit-il, "nous propose d’explorer le fossé entre ce que les personnages prétendent être et ce que nous percevons d’eux; la différence entre ce qu’un homme ou une femme dit et comment il ou elle agit".
C’est dans cet esprit qu’il guide les trois comédiens. Toussaint Colombani en Edward dont la gaucherie ne masque ni la rancœur rebelle ni la générosité. Erika Sainte campe, de Kyra, la ferveur et le doute, la carapace qu’elle s’est construite et les failles qu’elle a apprivoisées. Michel Kacenelenbogen, très crédible en businessman colérique et susceptible, humanise son Tom oscillant entre assurance et maladresse.
"On oublie qu’on est au théâtre", dit un spectateur à un autre, à l’entracte. L’option naturaliste n’y est pas étrangère (Céline Rappez signe scénographie et costumes, Laurent Kaye de précises lumières), tandis que s’étoffe la psychologie des personnages à mesure que resurgit, en cette nuit de parole libérée, le passé. Loin d’être novatrice, plutôt rassurante même, la forme sert un propos qui, lui, n’esquive pas l’inconfort. Et si la pièce a plus de quinze ans, elle n’en soulève pas moins, habilement livrée ici, moult questions sur l’engagement personnel, professionnel, politique, les concessions, le pardon, l’intransigeance, le rapport des générations, les choix, les renoncements, la culpabilité, le pouvoir de l’amour, les impasses de l’humour, l’incertitude économique, sociale, affective. Le terrain semblait lisse, il se révèle accidenté.
La Libre Belgique - Marie Baudet - 23/11/2012
La Libre Belgique - Marie Baudet - 23/11/2012
J'ai applaudi chaleureusement les trois acteurs absolument extraordinaires dans leurs jeux de scène , leurs réactions et ce que j'ai également aimé , c'est le ton de chacun , d'une belle vérité, un ton vivant, pas joué, vécu totalement, une interprétation touchant de près à celle d'un film.
Roger Simons - 11/2012
Erika Saint - Michel Kacenelenbogen (© Photo Isabelle De Beir)
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