graphic logo  


L'événement culturel de l'été à Bruxelles!    

My Fair Lady

Ovide (43-17 av.JC)

Retour à la page précédente

Ovide - Eléments de biographie

Avec Virgile, Ovide est l'auteur latin le plus traduit depuis le Moyen Âge. Homme des Métamorphoses et de l'Art d'aimer, ses textes sont la somme de tous les mythes, à la fois de l'imaginaire romain et de toute la culture héritée de la Grèce.

Apparenté à Auguste et à Jules César, il bénéficie de la protection des dirigeants romains mais refuse la carrière politique par choix de liberté. Même après sa mort et après l'interdiction de ses textes, engendrée par le bannissement du poète pour amoralisme et pratique illégale de la magie, dont les causes resteront toujours troubles, Ovide demeurera un poète populaire et très apprécié par la haute société.

Biograpghie complète

«Les Métamorphoses»

En l’an 1 ap. J.C., Ovide entreprend Les Métamorphoses, recueil de poèmes organisé en quinze livres de huit cents vers environ chacun. Il y dresse une galerie des métamorphoses mythologiques de dieux ou d’humains en êtres ou objets divers, en végétaux et animaux, en fleuves ou autres éléments naturels.

Le choix de ce sujet s’explique de diverses manières. Il est sans doute lié à l’intérêt d’Ovide pour l’Art en tant que transformation - métamorphose - du réel. De là la virtuosité dont il fait montre pour donner à voir, mais aussi à entendre, voire à humer et toucher, ces métamorphoses. Ovide était quelque part un cinéaste avant l’heure.

Par ailleurs, ce choix relève aussi d’une approche philosophique ou symbolique: les métamorphoses font partie du mouvement de la vie, de la nature. La mythologie n’est pas seulement explorée pour fournir un catalogue d’histoires pittoresques: elle est envisagée comme une réflexion sur l’homme et la vie.

De ce fait, ces histoires de dieux ou déesses qui se transforment prennent de la consistance: Apollon n’est pas qu’un jeune homme en proie à un désir irrésistible qui le pousserait au viol de Daphné; il est aussi un amoureux transi et éconduit qui vénère la bien-aimée. Athéna, qui, par jalousie, se montre à l’égard d’Arachné d’une cruauté bien typique de la mythologie gréco-latine, finit par être touchée d’une pitié plus humaine.

Après les poésies légères des premières années, Ovide adopte un souffle plus grandiose en choisissant comme vers l’hexamètre dactylique (l’équivalent de notre alexandrin) qui est le vers de l’épopée - c’est celui employé par Virgile dans L’Enéide. Autant la composition de l’Odyssée est très intéressante à étudier, autant celle des Métamorphoses défie toute approche simple: pas de progression claire, une composition savante qui alterne grandes fresques et courts épisodes qui forment de vrais médaillons. On a le sentiment d’une mosaïque d’histoires. Il convient donc d’étudier chacune pour elle-même. Ce foisonnement difficile à organiser fait la richesse même de cette oeuvre et explique pourquoi elle a fasciné tant d’artistes.

L’exil

Pour des raisons obscures, Ovide fut exilé par l’empereur Auguste en Dacie (actuelle Roumanie), où il mourut sans avoir revu Rome. Il y écrivit deux recueils, Les Tristes et Les Pontiques où il dit toute sa nostalgie et tout son mal de vivre.... On est loin de l’Art pour l’Art déployé dans Les Métamorphoses; le ton se fait personnel, plaintif, douloureux, humain.

Ovide face à la postérité

Au Moyen Âge, l’engouement à l’égard d’Ovide fut énorme, même si on a un peu moralisé certains récits. De cette époque date, par exemple, la tradition folklorique et littéraire de la figure du loup-garou, très clairement inspirée du récit de Lycaon.

La Renaissance et l’âge classique se sont imprégnés de la lecture des Métamorphoses comme en témoignent tant d’oeuvres d’art dont: L’enlèvement d’Europe par Rubens, Danaé par Le Corrège, Titien (plusieurs tableaux), Hubert Robert et Rembrandt, Pygmalion par Gustave Moreau, Narcisse par Poussin.

L’opéra s’est inspiré à son tour des récits d’Ovide: Jean-Philippe Rameau a écrit un Pygmalion, Gounod un Philémon et Baucis. Plus près de nous, nous devons à Dali, une Métamorphose de Narcisse et à Paul Delvaux un Pygmalion.

Sans évidemment oublier ici le Pygmalion de Shaw.

«Pygmalion et Galatea»
dans «Les Métamorphoses»

Pygmalion vivait seul, sans épouse, et, longtemps, aucune femme ne partagea sa couche. Il arriva cependant qu’un jour, guidé par un art merveilleux, il réalisa une statue d’ivoire éblouissante.

Elle représentait une femme comme il n’en exista jamais, et l’artiste devint amoureux de son œuvre. On dirait même qu’elle respire! Ébloui, le cœur brûlant d’amour, Pygmalion se prend de passion pour les charmes dont il est l’auteur.

Puis vint la fête de Vénus. Chypre toute entière célébrait cette fameuse journée. Pygmalion dépose son offrande sur l’autel, et debout, d’une voix timide demande: «Grands dieux, si tout vous est possible, donnez-moi une épouse… (il n’ose pas nommer la vierge d’ivoire) semblable à ma statue d’ivoire».

Vénus l’entend.

Galatea vit.

image
Pygmalion priant Vénus d'animer sa statue - Jean Baptiste Regnault (1754-1829)

Menu My Fair Lady

Top