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L'événement culturel de l'été à Bruxelles!    

Est-ce qu'on ne pourrait pas s'aimer un peu?

de Eric de Staercke, Serge Bodart et Sandrine Hooge

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Presse - Article complet


L’invisible visible
grâce au clow


LE SPECTACLE DU THÉÂTRE LOYAL DU TRAC ÉTAIT CRÉÉ EN DÉCEMBRE, AUX RICHES CLAIRES. COUP DE CŒUR. CETTE PARODIE DU COUPLE SÉDUIT ILLICO. MÉLANGE DES GENRES, EST-CE QU'ON NE POURRAIT PAS S'AIMER UN PEU, BURLESQUE ET DÉLIRANT, ALLIE MUSIQUE, CLOWN, CASCADE, TEXTE, MIME, GRIMACE ET SILENCE COMME EXPRESSION DE QUÊTE ÉTERNELLE D'AMOUR. DERRIÈRE LA PERFORMANCE, ON SENTAIT UNE GRANDE COMPLICITÉ, SŒUR DU TRAVAIL COLLECTIF. IMPRESSION CONFIRMÉE PAR JACO VAN DORMAEL, QU'ACCOMPAGNENT ICI SANDRINE HOOGE ET SERGE BODART (ERIC DE STAERCKE EST À L'ÉTRANGER)

Jaco van Dormael: C'est le trio qui est à l'origine du projet. Le fait qu'ils soient à la fois auteurs et acteurs rend le point de vue du metteur en scène très diffé­rent. Partis d'improvisations, ils ont écrit les premières pistes. Une fois le matériel dégrossi, ils m'ont appelé, sachant que je faisais du travail de clown depuis longtemps et que j'avais mis en scène du théâtre pour enfants.
Pour rappel, Jaco a cofondé le Théâtre de la Galafronie, troupe de théâtre jeunes publics. A l'époque, il alterne ce travail avec la réalisation de courts métrages. Plus tard, les films s'allongent et ne laissent plus beaucoup de place au théâtre. Par contre, il n'abandonnera pas son clown et, même rare, son duo avec Didier De Neck Riri et Fifi, les rois du rire perdure.
Le Clown pour parler vrai
La pièce qui les réunit ne reflète pas vraiment la version idyllique de l'amour! On s'y plante, s'arrache les cheveux, s'y dénigre au plus haut point: C'est un catalogue de toutes les manières possibles pour faire foirer son histoire d'amour sourit Jaco. Mais pas de véritable drame apparent, les larmes (du public) ne proviennent clairement que du rire, en effet "le clown permet de parler de tout, sans devoir prendre de gants. J'aime chez lui la notion de poupée, marionnette qui démonte la mécanique humaine. On en tire les ficelles et retire toute identification pour le spectateur. Le clown, on le voit de l'extérieur, on ne souffre pas pour lui quand il se prend les pieds, qu'il tombe ou se prend un râteau dans la figure." A l'inverse du cinéma justement, où "on entre dans le personnage, on vit l'histoire à travers ses yeux et sa sensibilité". Dans la pièce, Jaco parle de mécanisation qui permet de "voir des personnages attachants mais grotesques à la fois, se prendre les pieds dans ce qu'ils désirent le plus au monde: une histoire d'amour absolue et mythique. Moi, j'aime beaucoup ce contrepoids entre le traitement clownesque et celui de la relation amoureuse''. Regard vers sa voi­sine. "De plus, les clowns typique­ment féminins et très drôles, j'en connais très peu. En général, ce sont plutôt deux hommes qui se confrontent dans une histoire de pouvoir."
A propos du 7ème art et de ce qui différencie les acteurs… "Person¬nellement, je n'ai jamais fait de distinction entre un acteur de théâtre et un acteur de cinéma. Surtout en Belgique, où il n'y a pas assez de films pour n'être qu'acteur de cinéma!" Différence de conception, alors… "Disons qu'au cinéma, le metteur en scène est vraiment aux commandes, et encore plus s'il est l'auteur du scé-nario, il s'agit vraiment de son œuvre. Au théâtre, celui qui est aux commandes, c'est l'acteur. Il faut lui donner tous les outils pour qu'il y ait compréhension de la perception, car c'est lui qui va devoir répéter 100, 200 fois la même chose et la maîtriser."
Par ailleurs, il apprécie beau¬coup les styles mélangés: le théâ¬tre avec Eric, le cirque avec San¬drine et la musique de Serge Bodart. La rencontre de ces uni¬vers et du sien rend des personna¬ges plus réalistes. S'ils "gardent le nez rouge", ils sont empreints d'émotions. Après les Tréteaux, on les retrouvera cet été à Spa, au off d'Avignon, à Huy… la saison pro¬chaine d'ores et déjà à Namur.
A présent, Jaco Van Dormael écrit sur la théorie du chaos. Il s'en retourne au cinéma après interruption car "même si j'écris peu et très lentement, je ne peux pas être sur plusieurs projets à la fois. Puis, pendant ces périodes d'écriture, je dois me discipliner tous les jours, avec les rites qui précèdent…"

La Libre Belgique — 30 mai 2001 — Entretien de Sarah Colasse avec Jaco van Dormael

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