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L'événement culturel de l'été à Bruxelles!    

Toc-Toc (2012)

de Laurent Baffie

- - 6 représentations ▪ 24 août ▸ 4 septembre 2012

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Presse - Article complet


Des manies bien maniées dans la salle d’attente du Dr Stern


«Toc Toc» pour les fêtes de fin d’année

Daniel Hanssens a un toc, celui de ficeler des comédies imparables. Il ne peut pas s’en empêcher ! On lui doit quelques mémorables machines à rire, comme Le dîner de cons ou encore Le malade imaginaire plus récemment. Aujourd’hui, cette manie qu’il a de nous faire glousser, il la défoule avec une pièce de Laurent Baffie, Toc Toc.
Peu amatrice de ce trublion du PAF et de son humour aussi délicat qu’un bulldozer, on nourrissait quelques craintes à propos de sa pièce, d’autant que son sujet – les troubles obsessionnels compulsifs – n’est pas des plus fins et prête souvent à la moquerie facile. Nous voici agréablement surprise par une pièce aux ressorts malins et au rythme impeccable. Le rideau se lève sur la salle d’attente du docteur Stern, neuropsychiatre de renommée internationale, qui ne consulte qu’au compte-gouttes. Le spécialiste est en retard et ses patients s’amoncellent dans son cabinet. Il y a Fred, homme d’une courtoisie parfaite, très complexé par son syndrome de Gilles de la Tourette, qui le fait éructer des injures de manière involontaire. Il est bientôt rejoint par un chauffeur de taxi qui ne peut s’empêcher de tout compter, souffrant d’arithmomanie. Débarque ensuite Blanche, qui ne quitte jamais sa savonnette des mains et désinfecte tout ce qui la frôle, de peur d’attraper on ne sait quelle maladie. A cette cour des miracles s’ajoutera encore Marie, bigote atteinte du TOC de vérification, Bob, obsédé par la symétrie, ce qui l’empêche de fouler les lignes au sol, ainsi que Lili, convaincue qu’elle mourra si elle ne répète pas tout deux fois.
Thérapie de groupe
On aurait pu craindre une dynamique un peu répétitive de cette comédie basée sur les tics de chacun, mais le talent des comédiens emmène cette confrontation sur un terrain joueur, taquin, voire même touchant. Bien sûr, certains gags restent prévisibles mais le jeu a l’intelligence de ne pas en rajouter, laissant simplement le comique de situation faire son effet.
Pascal Racan installe une dignité cocasse chez son personnage grossier malgré lui. Daniel Hanssens, l’obsédé du calcul, est le liant sympathique de cette bande qui va improviser une thérapie de groupe pas comme les autres. Laure Godisiabois est, comme toujours, désopilante sans même rien dire. Ses grimaces de dégoût au moindre postillon suffisent à nous donner le sourire. Le reste de la distribution est au diapason, sur le même ton mezzopiano dans la drôlerie. Un seul bémol quant à l’entracte, cassant brutalement le rythme.

Le Soir - 14/12/2010 - Catherine Makereel

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