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L'événement culturel de l'été à Bruxelles!    

Femme non rééducable

de Stefano Massini - Traduction Pietro Pizzuti

Mise en scène: Michel Bernard - Une production UNITÉS / nomade. -

Un texte poignant, explosif. Une réflexion sur le confort de notre silence.

«Les ennemis de l’état se divisent en deux catégories : ceux qu’on peut ramener à la raison et les incorrigibles. Avec ces derniers, il n’est pas possible de dialoguer, ce qui les rend non rééducables.» - Vladislav Sourkov (circulaire interne, bureau de la Présidence russe, 2005).

Nous ne sommes pas dans « 1984 » de Georges Orwell, ni dans une fiction hollywoodienne. Cette déclaration tout à fait sérieuse a été rédigée par Vladislav Sourkov en 2005, dans une circulaire interne du Kremlin. Sourkov fut la personne cléf sous trois présidences russes (Eltsine, Poutine, Medvedev encore Poutine jusqu’à sa démission) de l’administration présidentielle. Cette circulaire ne faisait que confirmer une situation inquiétante qui se passait en Russie : l’assassinat de journalistes qui couvraient des sujets que le gouvernement n’approuvait pas, comme par exemple la situation en Tchétchénie, la corruption en Russie.

Un spectacle vital car il interroge notre espace de parole, c’est-à-dire notre espace de contestation.


Le 7 octobre 2006, jour de l'anniversaire de Poutine, la journaliste Anna Politkovskaïa est assassinée dans l'ascenseur de son immeuble à Moscou. Quatre balles l'ont forcée au silence. Une méthode utilisée là bas pour éradiquer les sujets « non rééducables ».

Habitée par l'urgence de la transmission, Anna Politkovskaïa composait une radiographie de l'être humain, une radiographie de la Russie poutinienne, ivre d'elle-même, malade de ses démons, de son autoritarisme à tout va, de son nationalisme sans borne. Elle en a payé le prix fort.

Résumé complet


«Ici, le théâtre désamorce la violence des propos, permet la prise de recul. (...) une invitation à un questionnement collectif sur nos résignations - petites ou grandes - et à leurs conséquences. » Gil Chauveau, Charlie Hebdo


CREATEURS
AuteurStefano Massini
TraducteurPietro Pizzuti
Mise en scèneMichel Bernard 
ScénographieThomas Delord
Dramaturgie politiqueAude Merlin
LumièreMichel Delvigne
MusiqueThe Social Sanity
AVEC
Angelo Bison 
Andréa Hannecart
Une production UNITÉS / nomade.
Avec le soutien du Théâtre du Sygne et du Théâtre Marni


«Il ne faut jamais oublier... jamais... Il faut continuer d'en parler. Oublier, c'est trahir. Un peuple qui oublie est un peuple condamné.»
Anna Politkovskaïa.


«Le spectacle, poignant, porte une part de poésie (...) qui fait de lui un grand mémorandum théâtral sans pathos.» Télérama

«Leçon de théâtre, leçon de vie… Ne manquez pas ce rendez-vous unique avec une Femme non rééducable et remarquable.» Les Echos

«Un texte au cordeau, droit, direct, décapant (...). L'actualité et le devoir de mémoire commandent de se précipiter pour voir et soutenir ce spectacle essentiel.» La Croix

«Ce théâtre qui se veut « citoyen » atteint profondément le spectateur, blesse, révolte et, à travers le destin brisé d'une Anna Politkovskaia obstinée à continuer son travail d'information coûte que coûte (...). A ne pas manquer.» Le Canard enchaîné

«Une volonté quasi pédagogique de clarté qui se traduit dans un montage cut, et l’exposé des faits dénué de toute dimension romanesque, comme de pathos (...).» Libération

Excellent casting : la voix et la présence d’Angelo Bison, dont le talent n’est plus à prouver, et on ne s’en lasse pas et l’impressionnante Andréa Hannecart, un regard, une expression qui ne laissent pas le spectateur indifférent.
Cette pièce est jouée dans tous les grands théâtres d’Europe et Stefano Massini signe une nouvelle fois l’art de marquer les esprits en racontant le drame de manière efficace, forte, impactante.

Julia Garlito y Romo - Le Bruit du Off

Une pièce à la mise en scène sobre mais percutante emmenée par le jeu brillant d’Angelo Bison et Andréa Hannecart. Une pièce tout à la fois choquante et touchante qui interroge notre espace de parole, notre liberté d’expression, un sujet brûlant dans l’actualité mouvementée de ces derniers mois. Dans un monde qui se dit moderne et civilisé, on assiste à des actes de barbarie d’une telle force que l’on se demande : où tout cela finira-t-il? Quand la terre aura implosé? Quand tous les humains se seront entre-tués?

Daphné Troniseck - Suricate Magazine

Au-delà de l’hommage à cette femme extraordinaire que fut Anna Politkovskaïa , la dérangeante journaliste de la Novaïa Gazeta de Moscou, connue pour son militantisme en faveur des droits de l’homme et de la liberté de la presse et décédée il y a tout juste dix ans, c’est un bel acte d’engagement que de présenter ce
texte.

Pas de manichéisme non plus, même si, pendant leurs interrogatoires, les Russes demandent sans cesse à la journaliste de prendre position: «Prendre position c’est faire preuve d’intelligence» lui répète-t-on comme une litanie. Mais ni les militaires russes ni les terroristes tchétchènes n’ont raison, évidemment.
Comment choisir entre ceux qui prennent d’assaut une école et ceux qui exécutent des enfants ? Entre les soldats russes qui réalisent des « fagots humains » avec des Tchétchènes pris au hasard dans les villages, pour en tuer le plus possible, et les terroristes tchétchènes qui se font exploser dans un théâtre, où plus de huit cents personnes – hommes, femmes et enfants – sont rassemblées?

Lawrence van Goethem - Alternative Théâtrales

Il aura fallu un jeune auteur italien, Stefano Massini, et son traducteur belge, Pietro Pizzuti, pour, enfin, ne plus tourner autour du cas et écrire, non pas une biographie, une reconstitution historique, mais un "memorandum théâtral à propos de Anna Politkovskaïa" basé essentiellement sur les actes et les écrits de la journaliste qui connaissait bien son sujet et savait le traiter avec maestria !

Suzane Vanina - Rue du Théâtre

Toute la presse :


Rien encore sur ce spectacle



    Version pleine page (seule version disponible monde Apple)


    «Il est impossible de rester sans réagir tandis qu’un long hiver de glace s’installe sur la Russie. Nous voulons continuer d’être libres. Nous voulons que nos enfants et nos petits-enfants naissent libres. C’est pourquoi nous espérons un prochain dégel, mais pouvons-nous changer seuls le climat de la Russie? Il est illusoire et absurde d’attendre encore que ce dégel vienne du Kremlin, comme ce fut le cas sous Gorbatchev.
    Il est tout aussi illusoire d’attendre que l’Occident nous tende la main. C’est à peine s’il réagit à la politique antiterroriste de Poutine. Du reste, la Russie telle qu’elle est aujourd’hui est parfaitement à son goût. Tant qu’il l’approvisionne en vodka, en caviar, en gaz et en pétrole, le marché russe, tout exotique qu’il est, fonctionne en tout point comme l’Occident le veut. L’Europe et le reste du monde sont parfaitement satisfaits de la manière dont les choses se passent sur un sous-continent qui représente un sixième des terres émergées de la planète.»
    Anna Politkovskaïa


    image
    Anna Politkovskaïa
    Anna Stepanovna Mazepa, née le 30 octobre 1958 à New York. Son père travaillait au sein de la délégation soviétique à l’ONU. Le nom de Mazepa la lie en droite ligne avec Ivan Mazeppa, farouche défenseur de l’indépendance de l’Ukraine contre le pouvoir russe. Des siècles plus tard, Mazeppa demeure une figure d’incivilité contre les russes, et rejoint la longue liste des « terroristes » et autres « criminels » anti-russes.

    Elle s’inscrit à la faculté de journalisme de l’Université de Moscou. Elle se marie avec Alexandre Politkovski. Ils ont rapidement deux enfants, un garçon, Ilia et une fille, Véra. Elle vivote entre plusieurs petits boulots dans des journaux et revues à la solde du soviétisme. C’est en 1985, avec l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev, que la société bouge. Le nouveau gouvernement souffle un vent réformateur : les journalistes sont encouragés à parler de tous les sujets même ceux qui étaient interdits précédemment. Le régime croit que c’est un moyen de réveiller la société russe qui semble anesthésiée. Une émission, « Vzgliad », le regard, est l’emblème de ce nouveau ton : on y parle de tout, de toxicomanie, du scandale des orphelinats, de la vie dans les Eglises, dans les mouroirs de Tchernobyl.

    Suite

     

    Pourquoi encore monter un texte décrivant l'horreur, le tragique, les massacres des civils, l'oppression des pouvoirs, l'assassinat? Pourquoi et comment?


    «Écrire pour le théâtre aujourd'hui c'est raconter les naufrages et le monde, ce qui nous en parvient et travailler d'abord sur des formes; si l'humanité prend la parole c'est qu'il lui est arrivé un incident, un événement précis qui l'oblige à pendre position pour la parler et ainsi de travailler des endroits de cette humanité qui n'ont pas encore trouvé leur forme... C'est de cette nécessité de raconter les naufrages du temps présent que naît donc l'écriture contemporaine, le texte en mouvement, pour que s'exprime la puissance de ce qui force à dire, à représenter, à écrire et à penser les chocs. C'est en cela aussi que le théâtre est toujours une opération politique, parce que le fait de souhaiter, à terme, réunir des individus en un lieu suppose qu'on parle et qu'on se parle sous le coup des naufrages de l'Histoire, qu'on le veuille ou non. Et les naufrages de l'Histoire sont finalement ce que le XXème siècle a réussi de mieux.

    Suite

     

    Combien de fois Anna Politkovskaia, que beaucoup appelaient affectueusement Ania, s’est-elle rendue, si forte et si fragile à la fois, dans ce « chaudron » indescriptible qu’est la Tchétchénie ? Alors que la plupart des journalistes la désertaient, échaudés par les prises d’otages – dont certaines sont restées en point d’interrogation quant à leur commanditaire -, Anna continuait sans relâche : ce sont des dizaines d’allers et retours qu’elle a effectués sur place, rapportant à Moscou des témoignages plus insupportables les uns que les autres. Recueillant, documentant, donnant la parole à des voix sans écho, de plus en plus terrorisées à l’idée de témoigner, conscientes d’ avoir été littéralement abandonnées par la communauté internationale. Anna poursuivait son travail. Non sans être parfois dévorée par le doute, si l’on en juge par un de ses derniers écrits, dans lequel elle se pose la question introspective de ce qu’elle appelle sa propre lâcheté. La conscience lucide de ce qui se passait, son observation attentive de la situation en Russie et de la poursuite de la guerre de Tchétchénie, sa volonté de comprendre quels étaient les éléments qui alimentaient la dérive autoritaire du régime russe et empêchaient celle-ci d’opérer une réelle transition démocratique, tout cela portait autant que cela l’accablait. Elle se sentait minuscule face à la mécanique d’un système dans lequel le rétrécissement de l’espace démocratique signifiait pour elle son arrêt de mort, et se demandait en permanence comment enrayer une mécanique qu’elle voyait à l’œuvre.

    Suite

     


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