Début années 2000: une nouvelle voie?

The Beautiful Game

Londres 2000

 Echec 

Le musical suivant composé par Lloyd Webber aborde un sujet très politique puisqu'il suit un groupe d'adolescents, dont une équipe de footballeurs, lors des troubles en Irlande du Nord, à Belfast.

Le titre original du musical, The Beautiful Game, provient de l'autobiographie de Pelé, My Life and the Beautiful Game. L'intrigue, qui est centrée comme nous l'avons dit sur une équipe locale de football, met l'accent sur la tentative d'enrayer la violence qui engloutit la ville. L'équipe catholique a dans ses ranges un joueur athée, Del (qui vient d'une famille protestante) et l'entraîneur est un prêtre. Le musical suit les principaux joueurs de l'équipe alors qu'éclatent de nouvelles violences politiques et religieuses. Certains joueurs deviennent volontaires de l'IRA, un se fait exploser le genou lors de représailles. Le musical raconte également le trajet émotionnel qui mène le personnage principal de l'ambivalence politique à l'engagement pour l'IRA.

Le musical va ouvrir le 26 septembre 2000 au Cambridge Theatre de Londres mais va rester à l'affiche moins d'un an. Là, il ne s'agit même plus d'un succès mitigé mais réellement d'un échec.

A Londres, c'est une première depuis Jeeves.

Ce musical n'ira bien sûr pas à Broadway.

Et comme souvent avec Lloyd Webber, il sera retravaillé en profondeur. Il changera même de titre, devenant The Boys in the Photograph lors de sa recréation en 2009 à Toronto au Canada. Une petite anecdote. La chanson principale de Beautiful Game était Our Kind of Love. C'était en fait la chanson The Heart is Slow to Learn que Dame Kiri Te Kanawa avait chanté au concert des 50 ans de Lloyd Webber au Royal Albert Hall pour annoncer la suite de The Phantom of the Opera. Avec d'autres paroles, bien sûr. Mais dans The Boys in the Photograph, la version retravaillée de Beautiful Game de 2009, cette chanson a disparu pour réapparaitre dans la suite de The Phantom of the Opera, le musical de 2010 Love Never Dies, comme la chanson-titre. Tout vient à qui sait attendre…


2001...

Une année charnière?

Au 1er janvier 2001, se jouent à Londres 5 musicals de Lloyd Webber: Cats (1981), Starlight Express (1984), The Phantom of the Opera (1986), Whistle down the Wind (1998) et Beautiful Game (2000), ce qui est un de moins qu'en 1996 mais reste énorme!

1er
janvier
2001

Mais en 2001, tout va changer. On assiste à la fermeture de Whistle down the Wind le 6 janvier 2001 (après 2 ans et demi de représentations) et de The Beautiful Game le 1er septembre 2001 (après 11 mois de représentations). Mais en 2001, ce sera aussi l'annonce de la fermeture de Starlight Express pour le 12 janvier 2002 (après 7406 représentations en presque 18 ans) et de Cats pour le 11 février 2002 (après près de 21 ans). Il ne restera plus qu'un seul Lloyd Webber à l'affiche, The Phantom of the Opera. Alors, bien sûr, il y a eu les attentats du 11 septembre 2001 qui ont eu un impact sur la vie culturelle mondiale, mais quand même. 2001 est pour Andrew Lloyd Webber une année charnière.

1er
février
2002

Même si cette même année, il a été proclammé par le New York Times: «The most commercially successful composer in history».


Bombay Dreams

2002

Pour le musical suivant auquel il va participer, Andrew Lloyd Webber va se limiter - officiellement - à un rôle de producteur. Il s'agit de Bombay Dreams, un musical dans le thème Bollywood. La musique a été composée par A. R. Rahman, les paroles sont de Don Black et le livret de Meera Syal et Thomas Meehan. La production londonienne a ouvert le 19 juin 2002 à l'Appolo Victoria Theatre, récemment libéré par l'arrêt après 18 ans de bons et loyaux service de Starlight Express.

 Le musical va tenir 2 ans dans cette gigantesque salle de 2.208 places. Ce qui n'est vraiment pas mal pour un musical bollywoodien comportant une majorité d'artistes indiens.

Un spectacle fortement modifié a ouvert à Broadway en avril 2004, mais a fermé après 284 représentations, ce qui est un vrai échec.


Tell me on Sunday

Version
2003

En 2003, Tell Me On A Sunday devient au Gielgud Theatre une comédie musicale à part entière en un acte (sans les Variations en deuxième partie), avec de sensibles modifications et réécritures, donc cinq nouvelles chansons.

Un critique de la BBC a déclaré:

C'est peut-être le plus petit spectacle que Lloyd Webber ait jamais écrit, mais la partition (agrémentée de très appropriées paroles de Don Black) contient plusieurs de ses meilleurs chansons.

BBC

Mis en scène par Matthew Warchus, avec Denise Van Outen en tête d'affiche, le spectacle s'est joué pendant dix mois. Marti Webb a succédé à Denise Van Outen. Le spectacle, sous la supervision musicale de Simon Lee, utilisait un orchestre entièrement électronique, composé de trois claviers, d'une guitare-basse, d'une guitare électrique, de guitares électro-acoustiques et d'un kit de Roland V-Drums.


The Phantom of the Opera

Le film
2004

Début 1989, 3 ans après la création du musical à la scène, Warner Bros a acheté les droits d'adaptation au cinéma de The Phantom of the Opera, accordant le contrôle artistique total à Andrew Lloyd Webber. Malgré l'intérêt spontané des plus grand réalisateurs des studios Warner, Lloyd Webber et Warner Bros ont instantanément embauché Joel Schumacher pour réaliser le film. Lloyd Webber avait été particulièrement impressionné par l'utilisation par Schumacher de la musique dans son film The Lost Boys.

Le duo a écrit le scénario la même année, tandis que Michael Crawford et Sarah Brightman ont été choisis pour reprendre à l'écran les rôles qu'ils avaient créés. Le tournage devait commencer aux Studios Pinewood en Angleterre en juillet 1990, avec un budget de 25 millions de dollars. Mais le tournage a été repoussé à novembre 1990 et a été transféré aux Babelsberg Studios à Munich et aux Barrandov Studios à Prague. Mais tout a été bloqué par le divorce de Brightman et de Lloyd Webber. Schumacher en parle ainsi:

Tout a été bloqué dans d'interminables négociations. Puis ma carrière a décollé et j'ai été très occupé.

Joel Schumacher

En conséquence, The Phantom of the Opera est resté dans les tiroirs de la Warner Bros durant toutes les années '90.

En février 1997, Schumacher a envisagé de s'y remettre mais il a finalement abandonné en faveur de Batman & Robin. Le studio tient maintenant à confier à John Travolta le rôle du fantôme, mais a aussi discuté avec Antonio Banderas, qui s'est alors lancé dans une préparation vocale, ce qui lui permettra de chanter le fantôme au The Royal Albert Hall Celebration en 1998, pour les 50 ans de Lloyd Webber.

Schumacher et Lloyd Webber ont relancé la machine en décembre 2002. On est 13 ans après leurs premiers essais. En janvier 2003, il fut annoncé que Lloyd Webber avait racheté les droits du film à la Warner Bros pour produire le film The Phantom of the Opera de manière indépendante: il a investi 6 millions de dollars sur ses propres deniers. Au total, la production du film a coûté 55 millions et 15 millions de dollars ont été utilisés pour le marketing, ce qui porte le budget final de 70 millions de dollars.

Le film s'est tourné du 15 septembre 2003 au 15 janvier 2004, avec Gerard Butler dans le rôle du Phantom, Emmy Rossum dans celui de Christine Daaé et Patrick Wilson comme le Vicomte Raoul de Chagny. Même si les critiques ne furent pas que favorables, le film fut un gros succès, rapportant 158.225.796$.

Lloyd Webber en parle ainsi:

The film looks and sounds fabulous and I think it's an extraordinarily fine document of the stage show. While it doesn't deviate much from the stage material, the film has given it an even deeper emotional centre. It's not based on the theatre visually or direction-wise, but it's still got exactly the same essence. And that's all I could have ever hoped for.

Andrew Lloyd Webber

Woman in white

2004

 Déception 

Voici enfin un nouveau musical composé par Lloyd Webber. Il s'attaque cette fois à l'adaptation du roman The Woman in White de Wilkie Collins. On est ici dans la grande tradition de ce qui a fait son triomphe, The Phantom of the Opera: une grande histoire romantique avec une musique très … classiquement orchestrée. A mille lieues de Beautiful Game ou Whistle down the Wind.

Il écrit lui-même la musique, bien sûr. Il confie le livret à Charlotte Jones et l'écriture des paroles à David Zippel.

Le musical ouvre le 15 septembre 2004 au Palace Theatre de Londres, qui vient d'être libéré par le transfert de Les Miz au Queen Theatre (après presque 20 ans de représentations au Palace Theatre). Tout le monde reconnaît la qualité des musiques qu’Andrew Lloyd Webber a composé pour l’occasion, mais le spectacle sera gêné par les nombreux et très importants problèmes techniques.

Pour la première fois, Andrew Lloyd Webber - en accord avec le scénographe William Dudley et le metteur en scène Trevor Nunn - ne prévoit pas de vrai décor, mais plutôt un plateau tournant à axes multiples avec des écrans circulaires. Sur ces écrans sont projetés des éléments constituant des décors. Le plateau tournant servant à déplacer les acteurs d'un point à un autre de la scène alors que les images derrière eux se déplacent, donnant l'effet d'une caméra en mouvement. Super concept. Mais dans un premier temps, les images paraissent floues, car tous les écrans bougent et le réglage automatique de la mise au point par ordinateur n'est pas "totalement" au point. En plus, les scènes tournantes du Palace Theatre ne sont pas parfaitement synchronisée avec les projections. Ils ont voulu intégrer trop tôt une technologie qui n'était pas encore à l'époque au point. Mais un autre problème, récurrent aussi, va survenir: la maladie des acteurs principaux.

A la fin de 2004, dans le quatrième mois de représentation et à l'approche des fêtes, la star Michael Crawford tomba malade car le costume et les postiches qui faisaient de lui l'obèse Comte Fosco, le faisaient transpirer de manière exagérée. De fin décembre jusqu'à début février 2005, Steve Varnom, son understudy, a assumé le rôle. La Star britannique Michael Ball a repris ensuite le rôle jusqu'à fin avril. Il a reçu beaucoup d'éloges pour son personnage car il a réinventé le rôle et son interprétation a été utilisée comme base pour ses remplaçants.

Michael Crawford dans le rôle de Fosco

Le 9 juillet 2005, le cast change une dernière fois pour devenir ce qui sera le London Final Cast (sauf Fosco qui continue à être joué par Anthony Andrews puisqu'il vient de reprendre la succession de Michael Ball). Et on passe aussi à la version «deux» de The Woman in White. Cette version nouvelle version est en (fausse) «preview» durant l'été car la production a décidé de refaire une première de presse début septembre 2005. A ce moment, on change une dernière fois de Fosco: Simon Callow sera le quatrième et dernier comte Fosco. Cette nouvelle version a été reçue avec plus d'enthousiasme même si globalement la presse est restée mitigée. Le lien entre les projections et les plateaux tournant étaient mieux réglés, et les images étaient plus au point. Le nouveau cast a également reçu des bons avis. Lloyd Webber a aussi effectué des coupures dans le texte, mais globalement le spectacle a gardé la même durée … car il a changé la fin, et ce qui avait été gagné dans les coupures a été reperdu dans cette nouvelle fin.

Le 20 janvier 2006, il a été annoncé officiellement que le spectacle fermerait à Londres le 25 février 2006 après une série de 19 mois, atteignant tout juste les 500 représentations. Alors? Echec? Succès? C'est en tous cas mieux que Beautiful Game

Mais Woman in White, cela va être le retour de Lloyd Webber avec un nouveau musical à Broadway… Un petit retour en arrière?

  •  The Phantom of the Opera: un triomphe depuis 1988

  •  Aspects of love: échec, moins d'un et 377 représentations

  •  Sunset Boulevard: succès, mouvementé car contreverses suite aux choix des actrices, mais 2 ans ½ et 977 représentations

  • Whistle down the Wind: closed on the road et n'a jamais atteint Broadway

  •  Beautiful game: Lloyd Webber n'y a même pas songé

Et donc voilà Lloyd Webber présente un nouveau spectacle à Broadway, dix ans après Sunset Boulevard. Le spectacle va ouvrir au Marquis Theatre le 17 novembre 2005. On en est donc à ce moment-là à la version 2 à Londres. A Broadway, de nouveaux changements vont être apportés. Des chansons ont été raccourcies, par exemple. Masi c'est surtout le décor qui a été retravaillé: les murs n'était plus ronds, mais plutôt ovales, ce qui donnait un meilleur rendu. Mais l'un des importants problèmes a été résolu: celui des portes. A Londres, les murs circulaires étaient dotés de portes. Mais le mur ayant une épaisseur de 15cm, la porte vue d'un des côtés faisait une surface place avec le mur, alors que vue de l'autre côté, elle laissait un renfoncement. Quand le mur tournait et que l'on projetait côté renfoncement, il y avait quelque chose qui ne fonctionnait pas. A Broadway, les portes étaient placée sur une glissière dans l'épaisseur du mur. Quand le mur changeait de côté en tournant, les portes bougeaient sur ces glissières et apparaissaient donc au même niveau que le mur des deux côtés. Cela n'empêcha pas le musical de fermer le 19 février 2006, après 3 mois et 109 représentations. Il n'y a pas d'autre mot que flop pour qualifier cette production!

Un retour raté à Broadway, en tous cas.